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Gojira - L'Enfant Sauvage - 17 / 20 Le 08/04/2013 à 20H00

Représentant de poids sur la scène métal française, Gojira revient avec un nouvel album studio, L’Enfant sauvage, publié chez Roadrunner Records.
A l'instar des précédents opus, le combo s'attache à recréer des ambiances toutes particulières, à la fois impétueuses et puissantes. Dès le premier titre, « Explosia », on peut ressentir toute la complexité que revêt l'idée de liberté. Une atmosphère sombre et profonde, alliée à un rythme brutal et passionné. Presque tribal. Une véritable rébellion.
Aborder un thème comme celui-ci apparaît à un stade donné de la carrière du groupe, qui peut être qualifié de maturité. Gojira affiche un recul spectaculaire sur ses sujets. Une distance parfaitement illustrée musicalement, avec une grande maîtrise technique.
Les titres « L'Enfant Sauvage » et « The Axe » alternent la frappe lourde et régulière de la batterie et des envolées mélodiques qui ralentissent le tempo. Un processus parfaitement homogène, qui attribue aux morceaux un unité pertinente. « The Wild Healer » introduit et conclu par une partie instrumentale, acoustique et lunaire. On est bien dans le thème, encore une fois...
« Pain is the Master » s'ouvre aussi sur une intro douce, avec une voix de femme qui s'évapore dans le riff entêtant de la guitare, mais la double pédale reprend vite le dessus pour laisser place à une cadence sans cesse brisée par le chant. Une agréable douleur si j'ose dire...
Sur « Born in the Winter » on assiste carrément à une intro en tapping, accompagnée de la voix grave et posée de Joe Duplantier. Un répit d'apaisement parmi la rage exaltante. Ce n'est que pour reprendre de plus belle avec les très sombres « The Fall » et « The Emptiness ». « My Last Creation » clos l'opus. Un titre explicite, des notes lentes et sentencieuses, comme une signature.
Le rapprochement entre la musique de Gojira et les thématiques de l'enfance, balaie les questions de l'éducation, de la civilisation, et de l'humanité. Comment ne pas comprendre la musique au sens large, comme un échappatoire à la société, parfois opprimante. L'enfant symbolise l’innocence et aussi l'impuissance face à destin qu'il ne pourra qu'en partie maîtriser.
Joe Duplantier a expliqué en interview, lors de la sortie de l'album, « Je me demande ce qu’est la liberté, ce qu’elle est pour moi. L’enfant sauvage reflète tout ça. Il n’y a pas de réponses. Juste une vie et des questions. » Il semblerait que L'enfant Sauvage des bayonnais soit une partie de leur réponse personnelle à certaines questions d'ordre métaphysique. Il y a l'envie déraisonnée et puis les obligations. D'où la difficulté, parfois, à manier la sagesse sans qu'elle ne devienne de la résignation. Des problématiques qui, finalement, nous atteignent tous à un moment ou à un autre.
Cet album dégage un mysticisme saisissant. Certaines chroniques y voient de la sérénité. Moi je ressens de la rage. Les 13 titres résonnent comme des hymnes spirituels, des odes à la révolte. Parfaitement enchaînés les uns après les autres, la patte Gojira reste fidèle à la personnalité du groupe, tout en proposant un son plus travaillé, des thèmes fouillés.

Dropkick Murphys - Signed And Sealed in Blood - 13 / 20 Le 24/03/2013 à 20H20

Contrastant avec le précédent album, Goin' Out in Style, le combo semble vouloir s'orienter vers des mélodies plus traditionnelles, du moins le temps d'une ou deux intro.
Il n'en est pas moins que les cornemuses restent hargneuses au moindre envol rythmique. Au chant, Barr et Casey, fidèlent au « sing loud sing proud », passent une couche de hard rock sur des hymnes quelque peu folky. Le morceau « Prisoner's Song » n'est pas sans rappeler les airs des Pogues, avec une mesure battue par plusieurs paires de pieds, sur un plancher de bois, et accompagnée par un banjo frétillant...
Les refrains lancinants et répétitifs de « Rose Tattoo » ou de « The Boys are Back », immédiatement repris en chœur, s'élèvent comme les cris d'un stade, un jour de match. On a envie de se lever, de vider sa pinte de Guinness et de crier « vive l'Irlande » !
Seul bémol, la joyeuse bande nous sert les même refrains depuis 8 albums. Même s'il est difficile d'évoluer dans un genre comme celui qu'ils ont créés, on ne serait pas contre un peu plus d'originalité..

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