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Queens Of The Stone Age - Rated-R - 19 / 20 Le 24/12/2006 à 14H18

Jusqu'au titre-même de l'album les reines de l'âge de pierre montrent qu'ils n'ont pas peur du ridicule : Rated R... Autrement dit, interdit aux mineurs, selon la notation aux USA. Et au delà de l'aspect plutôt (beaucoup) laid de la pochette de l'album, nous avons là affaire au Las Vegas Parano du rock n' roll.
Chacun des 4 albums du groupe dégage quelque chose de spécial : le premier était plus stoner, Songs for the deaf le plus "bourrain", Lullabies to paralyze le plus posé et enfin... Rated R, qui en quelques superlatifs se décrirait comme : déjanté, décalé, expérimental, et surtout à ne pas prendre au sérieux. Sorti en 2000, cet album est certainement le moins accessible de la carrière du groupe ; l'ambiance n'est pas oppressante mais les mélodies dérangent. Rated R est leur album le plus fou et le plus osé.

Que le groupe ne se prenne pas au sérieux, c'est un fait, surtout quand l'on choisit pour nom "les reines de l'âge de pierre"... Lorsqu'on demande à Nick Oliveri (le bassiste à l'époque, qui -je le rappelle- se foutait à poil à chaque concert et fracassait sa basse à la fin) pourquoi ne s'appellent-ils pas les "Kings of the stone age", celui-ci répond simplement parce que ça fait trop macho, trop ringard. Et plutôt que de passer pour des prétentieux, ils préfèrent jouer sur l'auto-dérision. Rated R démarre avec l'explosif "Feel good (hit of the summer)" qui répète inlassablement les paroles "Nicotine valium vicodine marijuana ecstasy and alcohol... c-c-c-c-cocaine ?!" Dès le départ, le ton est donné. Le but n'étant pas de faire l'apologie de l'usage de la drogue ; Josh Homme n'en est pas adepte, contrairement à Oliveri... D'ailleurs, c'est une des raisons pour lesquelles il sera viré, 4 ans plus tard.
On continue avec "the lost art of keeping a secret" et "leg of lamb" ; le premier morceau est l'un des plus grands succès du groupe, et donne un aperçu de l'énergie qui sera dégagé dans Songs for the deaf ; c'est un morceau dont les paroles sont assez basiques (voire ironiques, ce qui ne m'étonnerait pas) et qui s'accordent bien avec l'air de piano que l'on entend en fond. Atmosphère posée et euphorisante, leur musique agit comme un anesthésiant, légère et fine ; le morceau suivant (qu'on peut traduire par gigot d'agneau) est de la même trempe, mais plus difficile à cerner ; ces couplets laissent entrevoir un côté assez malsain.
Vient ensuite "Auto Pilot", qui fait apparaître Nick Oliveri au chant pour la première fois. La chanson s'inscrit dans la même ambiance que les précédentes, peut-être plus calme encore car le thème évoqué ici est le voyage, s'envoler dans les airs, et comme le dit Nick, "The best trip that I’ve ever had"... L'interlude accentue la chose avec les paroles "Ah-ah, auto pilot no control", tandis que la musique semble nous faire décoller... La 5ème piste, "Better living through chemistry" s'inscrit clairement dans le genre expérimental, avec un riff peu commun à ce qu'à pu faire le groupe auparavant ; c'est aussi l'un des morceaux les plus intrigants de toute leur discographie, débutant par les mots "La pilule bleue t'ouvre les yeux"...

"Monsters in the parasol" marque une sorte de rupture, l'ambiance diffère des précédents morceaux ; en gros, c'est ici que commence le bad trip. Les couplets se composent d'un riff simple sur lequel on retrouve des paroles qui paraissent dépourvues de sens ("Paul’s sister is an alien, oh well"), puis survient ce passage plutôt stressant qui rend la chanson si difficile d'accès ; les mêmes notes s'y enchaînent comme un tourbillon, avant une sorte d'explosion qui laissera place au refrain, "you've got a monster in your parasol". La suite ne ressemble en rien au début : le morceau suivant, "Quick and to the pointless", débute par une voix parlée disant "I don't even know what i'm doing here". c'est la première chanson dans la discographie des QOTSA où l'on entend Nick Oliveri crier ; et ça déménage.

"In the fade" fait place à un autre chanteur autre que Josh Homme et Nick, il s'agit de Mark Lanegan des Screaming Trees. Bien qu'il ne chante que sur un seul morceau dans Rated R, sa présence sera plus importante dans Songs for the deaf (tout comme Oliveri d'ailleurs). Cette chanson apporte une touche plutôt mélancolique à l'album ("with nowhere to fall into the arms of someone") Tandis qu'on avait atteint le paroxysme de la folie avec "Monsters in the parasol", "In the fade" semble être un retour à la réalité, un peu comme les derniers effets que peut nous procurer une drogue.
"Tension Head" joue simplement le rôle d'interlude, où se répète à nouveau le refrain de "Feel good hit of the summer". Vient ensuite "Lightning Song", l'autre chanson où Nick Oliveri crie plus qu'il ne chante. Les paroles encore une fois décrivent bien l'état d'esprit d'un drogué revenu à la réalité : "I feel so fuckin' sick".
Enfin, ultime morceau de l'album, "I think I lost my headache" est le plus long morceau du groupe (8 minutes 40, beaucoup pour un groupe habitué à des formats plus pop) qui est une synthèse du contenu de Rated R. Le riff principal est le plus frappant et le plus rock de tout l'album. Les paroles présentent la chanson comme un peu désespérante ("Until my head explodes... Into my head it goes").

Avec Rated R, comme là chaque nouvel album, les Queens of the Stone Age font un bond en avant. Le premier opus sorti en 98 est déjà loin, et l'ombre de Kyuss (l'ancien groupe de Josh Homme) a disparu ; le virage est important et ne sera pas suivi par tous les fans. Aujourd'hui encore Rated R reste l'album le moins connu du groupe, et peut-être aussi le plus incompris, trop souvent pris pour une ode à la drogue et au sexe (thème qu'on retrouve aussi à plusieurs reprises dans les paroles). Il est pourtant nettement plus varié que son prédécesseur.
2 ans plus tard, le groupe sortira l'énorme "Songs for the deaf" qui fera d'eux l'un des groupes rock les plus en vogue aux USA, Dave Grohl à la batterie. Le groupe se détachera encore plus de ses influences stoner pour livrer un pop-rock débordant d'énergie.

Billy Talent - Billy Talent II - 16 / 20 Le 16/09/2006 à 12H26

Très chouette album, exactement dans la lignée du premier que j'avais découvert quelques mois plus tôt. Punk avec quelques ptits passages hardcore qui pourraient rappeller At the Drive-in, mais aussi rock voir émo. Billy Talent varie entre ces influences et livre un album par moments mélancoliques, par d'autres plus violents.
Peut-être un poil en dessous du premier que je préfère à celui-ci... Mais on ne peut pas dire qu'ils aient raté leur coup. Un groupe à découvrir, que vous soyez amateurs de ce genre de musique ou pas.

Kyuss - Welcome To Sky Valley - 20 / 20 Le 30/08/2006 à 00H15

Je veux pas faire tâche et ne mettre qu'un 19.5, rien qu'à l'idée de baisser la moyenne...
Un chef-d'oeuvre, sans aucun doute. LE chef-d'oeuvre de Kyuss, une traversée du désert au son de la guitare lourde de Josh Homme (et quel homme) et de la voix de Joh Garcia, sur un groove décapant...
'Pas étonnant que Tool ait repris "Demon Cleaner" en live. Le stoner rock c'est Kyuss. Et Kyuss c'est Sky Valley (du moins pour moi, même si j'adore aussi les autres albums).
Album culte !

The Mars Volta - Amputechture - 19 / 20 Le 30/08/2006 à 00H09

Alors voilà, nouvel opus des deux touffus, une surprise en somme car sorti un an et demi seulement après Frances the mute.
Pourtant on ne peut pas dire qu'ils ont fait les choses à moitié. je ne le connais pas encore parfaitement parce qu'un album de TMV est en général assez difficile d'accès (le côté progressif) et demande beaucoup d'attention.
Il est clair que pour moi, avec Amputechture, TMV passe à la vitesse supérieure : Cedric pousse sa voix encore plus loin dans les aigus, Omar affinie son style si particulier, et le groupe reparcourt à nouveau la musique dans sa globalité sous des airs de surréalisme musical, en incrustant une instrumentation plus variée que sur les albums précédents.
Pourtant, ma première écoute fut une légère déception. Je ne cacherais pas que l'intro me rappellait d'abord Inertiatic en peu plus pâteux, et que Vermicide me paraissait un peu trop plat, dans son refrain qui manquait d'originalité... Mais j'ai oublié un détail : pistes par pistes, TMV perd de son sens : c'est un ensemble qui se doit d'être écouter du début à la fin pour qu'on puisse le comprendre.
Et ici, ils ont simplement varié leurs influences. Bien que celles-ci se situent toujours dans le rock progressif, on reconnaît quelques passages un peu jazz ou blues : le groupe élargit son horizon. Dans la forme, il n'est pas aussi décousu que Frances the mute mais pas non plus aussi carré que De-loused... C'est une nouvelle expérience. Chansons à l'acoustique (la mélancolique et profonde Asilos Magdalena) solos de basse ou de guitare, envolés psychédéliques, le groupe ne perd en rien de sa qualité et va même encore plus loin.
A savourer, encore et encore.

Kayo Dot - Choirs Of The Eye - 18 / 20 Le 08/07/2006 à 13H45

Ca mélange classique, jazz, musique progressive, post-rock, avec quelques gros coup de guitares électrique par moments (hardcore chaotique ?),le tout pouvant donner l'illusion d'une bande originale de film, le groupe ayant un talent pour nous plonger dans une ambiance particulière. Ils parlent de musique "avant-gardiste" sur Last-fm. Oui, l'expression convient : Kayo Dot fait ce que personne n'a fait auparavant, ne peut être rattaché à aucun style. A vrai dire, en parler ne sert à rien car pour il est impossible de décrire clairement cet album.
On a droit à des morceaux assez longs en général (5 morceaux, le plus court faisant 6 min et le plus long, 15), et à une musique complexe et dense, mêlant de multiples instruments, de tout genres. Les thèmes et ambiances varient entre obscurité et lumière, amour et haine, joie et mort, une remise en question de l'homme... Kayo Dot reprend ici des thèmes universels, les revisite d'un oeil plutôt mélancolique... et en parle avec un semblant de folie.
Il est clair que personne ne peut rester insensible en écoutant ça. Qu'on le considère comme un chef d'oeuvre ou comme un fouilli incompréhensible, Kayo Dot marque et fait réagir par son côté insaisissable et troublant. On cherche un sens à leur musique, mais les mots ne viennent pas ; en réalité, ils sont inutiles. Kayo Dot peut vous amener à la fascination sans que vous ne trouvez jamais les mots pour exprimer ce que vous ressentez.
C'est de l'art : une musique qui s'écoute, se ressent, et c'est tout. Avec une certaine ouverture d'esprit...

Envy - All The Footprints You've Ever Left And The Fear Expecting Ahead - 19.5 / 20 Le 25/06/2006 à 12H44

Ca ne fait pas de doute : le screamo, c'est Envy. Qui, mieux qu'eux, peuvent parvenir à faire ressentir autant de choses à leurs auditeurs ? Envy, par la voix du chanteur qui semble crier à l'agonie et par ses riffs déchirants, semble posséder un potentiel émotionnel sans limite ; ils nous font pleurer. Aucun groupe, à ma connaissance, ne peut partager une mélancolie et une tristesse aussi forte.
"All the footprints you've ever left (...) est pour moi ce que le groupe a fait de mieux. Puissant, brutal, dévastateur. On n'en ressort pas indemne après écoute...

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