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La Route du Rock 2014 - Jour 2 - 15/08/2014 Saint-Malo

Jour 1 - Jour 3

Cette année, La Route du Rock a inventé un concept. Les concerts sans public. A 18h30, comme prévu, les jeunots de Cheatahs attrapent leurs instruments et entament "Fountain Park", comme si de rien n'était. Problème : les portes, supposées ouvrir à Cheatahs18h, sont encore fermées au public - et elles n'ouvriront qu'à 18h45. Égoïstement, on profitera de cette tranquillité pour écouter un ersatz de My Bloody Valentine, plein d'application et pas dénué de talent de photocopieur. Le groupe met ce qu'il faut dans ses amplis pour être sûr d'avoir quelque chose à dire et de couvrir, au moins le temps du set, toute remarque désagréable.

On revient un moment sur cette histoire d'organisation. Vous n'y étiez pas, donc ça ne vous intéresse pas, et si vous y étiez, vous n'avez pas envie de sentir à nouveau cette terre fangeuse sous vos semelles, on ne la fera donc pas très longue. En arrivant sur le site à 15h pour une interview, on a pu constater que c'était plus que difficile de faire quelque chose de potable avec ce terrain. Les camions suceurs de boue venaient à peine d'arriver, la paille commençait déjà à s’enfoncer, une dizaine de tables venaient d'être installées et, surtout, l'accès au site et le parking eux restaient intouchés. Et ils le resteront toute la soirée. Entre les voitures embourbées, et les embouteillages monstres au sortir de l'autoroute (1h30 m'a-t-on dit, contre 10 minutes habituellement), l'équipe a visiblement été submergée par son succès. Ce qui gâchera la fête entre les insupportables attentes pour les toilettes, pour la bouffe trop chère et pour les bières coupées à l'eau. Allez, j'ai fait mon Français, je peux continuer.
Anna Calvi
Le Rock classouille d'Anna Calvi prend la relève alors que le site se remplit peu à peu. L'Anglaise rappelle PJ Harvey sur certains titre, son backing band faisant tout pour la mettre à l'honneur. Et si elle se permet quelques facéties guitaristiques, elle en assure pas moins le spectacle, parfait pour une fin d'après-midi pas prise de tête.

On peut boucler dès à présent le line up de la petite scène en ce vendredi, sachant qu'on aura eu deux des meilleurs shows du festival. Avec Protomartyr, tout d'abord. Un groupe débraillé qui ne ressemble pas à grand chose, un chanteur errant sur scène et un guitariste possédé pour assurer le spectacle. Protomartyr et son post-punk industriel, à l'énergie toute robotique pleine d'ironie. ProtomartyrOn pense à The Fall, la discographie en moins. Les seconds à nous mettre une mandale ce soir, même si on en verra que peu, finalement, mais qu'on entendra de très loin, ce sont les Canadiens de Metz qui jette un set hurleur et complètement sauvage pendant une heure. On se demande encore comment nos petits hipsters ont pu endurer cela. L'alcool, sans doute. Mais, quoi qu'il en soit, il valait mieux ne pas trop traîner près des amplis à ce moment-là. Avec une puissance pareille, on en aurait perdu notre perruque.
Protomartyr
La sensibilité, il fallait plutôt aller la chercher sur la Grande Scène. Slowdive, tout d'abord. Outre l'émotion de voir enfin ces légendes (oh, oui, employons des mots forts) reprendre vie, les frissons qu'on ressentira sur "Crazy for You", "Machine Gun" ou "Souvlaki Space Station" feront de ce set l'un des meilleurs de ces trois jours. Avec un son d'une clarté étonnante et un groupe qui fonctionne au diapason, on n'aura pas boudé notre plaisir de les voir.

Des moments magiques comme cela, il n'y en aura pas eu beaucoup, et le deuxième, par pur hasard, va enchaîner. D'un "Machine Gun" à un autre, Portishead a sorti les tripes. D'une beauté poignante, la voix de Beth Gibbons perce dans tout le fort, étonnamment silencieux - pour une fois. L'alternance entre les sonorités plus froides et industrielles de Third (merci l'influence Beak>) et la nostalgie bienheureuse de Dummy, album cent fois écouté, cent fois redécouvert, l'heure et demie consacrée à Portishead était un fait à part, poignant, indispensable et... beau, tout simplement.

SlowdiveC'est avec une joie non dissimulée que l'on voit le Fort se vider progressivement après le set des Anglais. Bon courage à ceux qui rentrent. Et bon courage à ceux qui restent en compagnie des baroques Liars. A mi-chemin du grotesque et du grandiose, le trio a sorti un show absurde porté par un Angus des grands soirs, sa voix insupportable, son énergie puérile et décalée. On avait très envie de voir comment sonnait Mess sur scène, et on ne fut pas déçu. Taillé pour le dancefloor, et terminant par un "Brats" survolté et un "Plaster Casts of Everything" de fou furieux, le set de Liars n'a pas laissé indifférent. Le meilleur remède contre l'apathie qui nous gagnait lorsque ont résonné les dernières notes de Portishead.   

Fatigué, on s'en voudra un peu de partir avant la fin tant Moderat avait fait des efforts de mise en scène avec ses écrans à effets 3D. Le trio a assuré le show, pour ce qu'on en a vu tout du moins, n'hésitant pas à entamer avec les tubes de son dernier album en date. De quoi réveiller le public, revenu devant la scène pour l'occasion et semblant apprécier la finesse electro des trois gaillards (Modeselektor + Apparat). Mais la prochaine fois, il faudra songer à commencer et terminer plus tôt.

Chorizo (Septembre 2014)

Merci à Maxime (La Route du Rock) et à Chloé pour les photos.

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