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God Seed, Cult Of Luna le 09/05/14 Paris (Trabendo)

Soirée exceptionnelle ce soir au Trabendo pour la dernière date de la tournée God Seed/Cult of Luna. Il s’agit en effet d’une des dernières apparitions pour le groupe de Post-Metal suédois avant une pause bien méritée. Pour fêter cela, le public parisien a droit au retour de l’ancien chanteur et de l’ancien batteur ainsi qu’à un set rallongé d’une vingtaine de minutes. Pour les accompagner God Seed, nouveau groupe de Gaahl, ex chanteur de Gorgoroth.

Fait important à remarquer d’emblée : le concert débute à l’heure ! 19h40 pétantes, God Seed apparaît brusquement sur scène au beau milieu d’un épais nuage de fumée dans une salle déjà bien pleine pour accueillir le groupe norvégien.


Bref moment de clarté lors du set de God Seed.


L’une des principales « attractions » du groupe est à n’en pas douter son chanteur, Gaahl. Quelques minutes plus tôt, Johannes nous confiait toute l’admiration qu’il voue à ce qui est pour lui « l’un des plus grands chanteurs de Metal de tous les temps ». Les fans présents ce soir-là semblent en accord total avec le chanteur de Cult of luna. Il ne faudra que quelques instants pour comprendre pourquoi : la puissance scénique dégagée par ce monument du Black Metal est tout bonnement incroyable. Le visage complètement dissimulé sous un maquillage tribal noir et blanc, Gaahl se meut lentement entre ses musiciens ou vers le public dans une démarche provocatrice. Son regard, perçant et pesant, choisit ses victimes les unes après les autres dans un jeu de fixations insistantes effrayant.
Outre le physique, il est en effet indéniable que le spectre vocal de Gaahl est immense. Tant dans les vocaux gutturaux que dans les envolées plus aigües, le vocaliste témoigne d’une maitrise de son instrument fascinante. 
Sur scène, le groupe varie son set entre des morceaux du premier album de God Seed sorti en 2012 et des morceaux plus anciens de Gorgoroth. Alternant passages furieux à la double pédale illuminés par des stroboscopes délirants et des accalmies plus contemplatives, le groupe dévoile une bonne prestation jusqu’au-boutiste à la mesure du genre pratiqué. God Seed conclut avec This From the Past de Gorgoroth après une heure d’un show pour le moins intense, bien que trop traditionnel pour l’amateur occasionnel de Black Metal que je suis.

C’est maintenant au tour de Cult of Luna de faire son entrée sur la scène du Trabendo. S’agissant d’une grande première pour moi face à ces pionniers du Post-Metal, l’excitation est à son comble lorsque la lumière s’éteint et que la foule, compacte et dense, laisse échapper son engouement. Tandis qu’un drone lancinant émane de la scène, le groupe se prépare au milieu d’une dose épaisse de fumigènes. Vient alors The Sweep, du dernier album Vertikal, sorti en 2013. Des rayons blancs transpercent la scène de bas en haut puis se dirigent lentement vers le public pour finir dans un balayage final virevoltant sur nos visages. Entrée en matière impressionnante, en tout point dans l’imagerie de leur concept futuriste. Les mains sont moites. La sueur ruissèle sur les fronts. Les poings se serrent. Les sourires s’illuminent. On y est. C’est parti.
Johannes nous l’a dit lors de notre interview, Cult of Luna réserve ce soir au public parisien une représentation exceptionnelle dans la droite lignée de ce qu’ils ne devaient faire que le lendemain, à Londres, dans le cadre du festival Beyond the Redshift. 
Parmi les surprises, c’est bien entendu l’apparition de l’ancien chanteur du groupe, Klas Rydberg, qui fait sensation. D’une énergie redoutable, chacune de ses apparitions déchainées vient insuffler une puissance scénique incroyable. Sa présence permet même à Johannes de se lâcher davantage qu’à l’accoutumée, ce dernier allant jusqu’à slammer avec sa guitare par deux fois sur le public du Trabendo. Sa présence apporte indéniablement un plus, que ce soit sur le final d’un Ghost Trail endiablé ou sur les nombreux morceaux surprises.



Car oui, en plus de faire venir d’anciens membres, (à noter également la présence de Thomas Hedlund, assez rare en live à cause de son activité chez Phoenix) le groupe nous a concocté une set-list tout bonnement démentielle. Outre les grands classiques géniaux que sont devenus Ghost Trail ou encore Dark City Dead Man, Cult of Luna nous offre ce soir Genesis et The Watchtower tirés de The Beyond mais aussi Leave Me Here tout droit sorti du retentissant Salvation et Beyond Fate, premier véritable morceau de la carrière du groupe. La puissance dégagée par ces morceaux est multipliée par la présence de Klas, bien décidé une fois encore à nous filer les frissons. 

Comment ne pas évoquer les lumières. Elément selon moi prépondérant lors d’une représentation, j’y accorde une importance toute particulière à l’accoutumée. Ce n’est pas faute d’avoir été prévenu : quiconque a eu l’occasion de voir ce groupe sur scène sait que visuellement le show est total. Nous avons eu la chance d’échanger rapidement avant le spectacle avec le créateur de ces lumières, un frenchy répondant au nom d’Alexis Sevenier Ionatos (également manager de Mass Hysteria). Après quelques conseils avisés sur le placement idéal dans la fosse, nous voilà partis.


Ainsi, autant se le dire tout de suite : avec Cult of Luna, mon amour pour la diode est largement comblé. Je me retrouve même assailli, pris à mon propre piège. Il m’est impossible de faire part de l’intégralité des effets utilisés tant ils sont nombreux et complexes. Leur diversité est tout bonnement incroyable : des rayons lasers, aux séquences lumineuses en constantes variations, jusqu’aux stroboscopes à rendre épileptique toute personne osant les fixer plus de 10 secondes. Le final de Ghost Trail (un peu accéléré par rapport à la version studio, dommage) ou celui de In Awe Of peuvent d’ailleurs en témoigner. La recherche sensorielle est maladivement méticuleuse. Enormément de couleurs différentes sont utilisées durant le concert, par exemple l’alternance entre le vert lorsque Johaness hurle et le bleu lorsqu’il s’arrête sur In Awe Of, le mélange entre le rouge et le blanc sur Dark City Dead Man, le mélange entre le vert et les rayons blancs sur I, The Weapon et j’en passe. Le visage des membres est très difficilement visible, bien souvent masqué par les fumigènes ou la puissance des effets lumineux.

Lorsque les premières notes de Leave Me Here retentissent, la salle devient complètement folle, les hurlements dominent et l’excellence du riff d’introduction fait chavirer la foule. Klas, revenu derrière le micro pour le final de In Awe Of, reste sur scène pour nous faire partager un nouveau moment d’anthologie, eux qui jouent si rarement des morceaux tirés de Salvation.

Cult of Luna c’est avant tout une expérience scénique mémorable. Rarement ai-je eu la chance de voir une telle puissance en liberté. Entrainé dans un vortex futuriste, le Trabendo se voit happé, mâché puis recraché par la machine cathartique qui se développe sur scène. Tant et si bien que les imperfections techniques principalement dû à l’excès d’engagement scénique contribuent à accentuer le paradoxe du groupe : dans son désir d’inhumanité caractérisé par les machines, Cult of Luna fait part d’une humanité suintante où la résistance des hommes se révèle plus forte que la domination mécanique. 

Preuve en est, la réaction si peu coutumière de Johannes qui remercie avec beaucoup de chaleur une foule groggy. Un concert exceptionnel dont les séquelles ne sont pas prêtes de cicatriser.

Humtaba (Juin 2014)




Merci à Guillaume et Cartel Concerts, à Élodie et HIM-Media et à Tangui d'À Jeter Prom...
Ainsi qu'à Grum Lee, Nonohate et Audrey pour les ajouts/corrections.

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