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Matt Elliott, Pillars And Tongues Paris, Point Ephémère - le 12-03-2014

Soirée Murailles Music placée sous le signe du voyage, ce mercredi soir au Point Ephémère. Avec l'énième retour parisien du folkeux Matt Elliott et le premier passage des Chicagoans de Pillars And Tongues, l'invitation était belle.

Dès les premières embardées, seul à bord cette fois (contrairement à son dernier passage dans la Capitale, et à ce que pouvaient figurer les velléités de son dernier album, Only Myocardial Infarction Can Break Your Heart, sorti l'an dernier), Matt Elliott navigue à vue pour conserver son cap. Des premières notes de "The Right to Cry" aux chavirements impressionnants de "The Kursk" (angoissante rescapée de Drinking Songs), l'Anglais entr'ouvre son âme, coque fissurée. On repense à ces concerts déjà vus, trois, quatre fois. On en garde la même fascination, métamorphose mentale en Capitaine Achab.
A l'image d'un Leonard Cohen, l'homme a la voix ferme mais les cordes fragiles. Guitares et voix s'entremêlent et se superposent, morceaux construits, morceaux déconstruits. Le chaos surgit immanquablement d'un incessant tourbillon. Il dégage en solo cette même puissance qui nous avait frappé au Café l'an dernier. Matt Elliott n'est jamais meilleur que seul sur son théâtre mouvementé à bâtir ses propres ténèbres pour les embrasser avec talent. On pensait qu'il allait mieux. Cela doit sûrement être le cas, mais lui nous rappelle douloureusement qu'il ne faut jamais être trop prudent.

Le cas de Pillars And Tongues, qui prend la suite, est plus délicat. Si End Dances, sorti le mois dernier, s'inscrit dans une tradition contemplative, rêves éveillés et méditations lancinantes, la tâche est difficile de restituer sur scène ce sentiment si léger et si apaisant de flottement. Plein de bonne volonté sur ses premiers titres, le groupe pâtit vite d'un public froid, et maintenant clairsemé, et d'une sonorisation impersonnelle qui enlève toute délicatesse aux atmosphères pourtant si soignées en studio. End Dances possède un fil directeur ténu, qui se défait à chaque morceau. Les voix rappellent parfois la spiritualité d'un Dead Can Dance, sa palette sonore en emprunte également la mysticité.

Néanmoins, ce soir la déception est là, de part et d'autre de l'estrade du Point Ephémère, de ne pas voir justice rendue aux harmoniums, sanzas et autres boucles éthérées, désormais sans âme. Le trio, qui jouera à peine plus de 40 minutes, quittera la scène sans autre forme de procès. C'est une occasion manquée mais qui ne doit pourtant pas faire oublier le fait que End Dances mérite une écoute attentive de la part de ceux qui recherchent d'autres horizons dans chaque note.

Chorizo (Mars 2014)

Merci à Nicolas (Murailles Music).

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