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Sonic Area/Näo Petit Bain

C’est vers 19h50 que j’arrive devant le Petit Bain, salle parisienne du 13ème arrondissement de Paris qui accueille ce soir Sonic Area et Näo
Première fois pour moi dans cette jolie petite salle qui arbore des néons rouges/oranges sur des pilonnes positionnés de chaque côté de la salle. La scène est bien surélevée et permet une vision optimale pour tous. 

Sur scène, le décor est déjà planté et c’est sans nul doute Sonic Area qui va débuter. Le décor sur la table de travail représente déjà un bon indice du show à venir : hallucinatoire. 
Une bouteille d’absinthe à moitié pleine à côté d’un verre bien rempli du même breuvage. Sur le verre, le fameux sucre suspendu sur une cuillère, le tout éclairé de manière à faire ressortir un vert fluo dans les tons de la pochette du dernier album Music For Ghosts. Le chandelier violet en bout de table complète le tableau. De nombreux câbles sont disposés aléatoirement, le tout renforçant l’idée de se retrouver devant un autel créateur assument ses accointances gothiques. Pour couronner le tout, une forte odeur d’encens se dégage de la scène et enivre les spectateurs venus nombreux assister au set du petit génie de l’électro française. 

20h40, le concert commence. Un homme vient brusquement enclencher ce qui sera l’intro du concert puis repart aussitôt, comme il est venu. Sonic Area arrive cinq minutes plus tard et débute un set qui se révèlera absolument dantesque. Vêtu de la même manière que l’homme sur la pochette de Music For Ghosts, à la différence ici que le visage du musicien est masqué, mi alien mi braqueur de banque, dans l’ensemble assez effrayant. Pour ce qui est de la musique, la particularité de Sonic Area est de mélanger de nombreux genres. Ainsi, ce qui est vrai sur album se retrouve sur scène. Naviguant entre l’Industriel, le Breakcore, le classique moderne voire par moment la Hardtech, le set est très divers et conquis la foule. En effet, dès le début du concert, la fosse se transcende et le Petit Bain prend des allures de boite goth’. Les titres s’enchainent très bien, les morceaux du dernier album font mouche sur scène : The Infernal Clockwork est une merveille de puissance technoïde là où Eureka nous en met plein la vue par son côté industrialo-orchestral. Sonic Area connaît son sujet, son set est maîtrisé du début à la fin dans une ambiance toujours onirique et malsaine, où la sensation d’assister sous nos yeux ébahis à l’élaboration de la créature du docteur Frankenstein prédomine. En un peu plus d’une heure, Sonic Area met tout le monde d’accord avec une performance de haute volée. 


C’est à 22h que Näo fait son apparition. Trio d’électro-rock franc-comtois, Näo se créé année après année une réputation solide. Voguant sur les terres de groupes comme Nine Inch Nails ou 65daysofstatic, Näo pratique une musique instrumentale diaboliquement efficace qui m’avait enchanté en 2011 avec son premier album éponyme. Ayant eu vent de leurs performances lives tout aussi efficaces, me voilà ravi de me retrouver face à eux. 

Le public présent ce soir-là ne s’y est pas trompé, Näo en concert c’est une débauche d’énergie incommensurable. Mis en scène dans son plus simple apparat, le trio donne à voir et à entendre une représentation pour le moins intense. Malgré l’utilisation conséquente des machines, la première chose qui me vient à l’esprit c’est l’humanité dont les musiciens font preuve. Leurs sourires reflétaient la fête prenant place sous leurs yeux, ils étaient contents d’être là et témoignaient d’un capital sympathie salvateur, ce à quoi le public a été très réceptif. Les personnes présentes ce soir là, déjà conquises par l’excellent concert de Sonic Area, entrent immédiatement dans le concert, laissant leur corps vaguer au gré de la très belle énergie qui se dégage du set. 
L’humanité du groupe transpirait également sur leur musique, bien plus organique de visu qu’en studio. Les mélodies glitchesques proches de la ritournelle qui contribuent grandement à l’efficacité des morceaux sont bien présentes et déchainent les foules. 
Finalement, les quelques erreurs techniques ce soir là n’ont jamais entaché la musique du trio, lui donnant au contraire une dimension humaine et une fraicheur très plaisante. Le groupe enchaine les « tubes » de leur premier album et complète le set avec de nouveaux morceaux à venir sur le prochain disque qui verra le jour début 2014. 
En tout et pour tout, mon seul véritable regret serait la durée du concert. En 55 minutes le show était terminé, alors que Sonic Area avait disposé de plus d’une heure. Peu important pour les amateurs des deux formations, mais peut-être gênant pour les personnes venues voir seulement Näo

En conclusion, une très belle soirée au Petit Bain en ce mercredi 4 décembre. Sonic Area et Näo sont les preuves vivantes que la scène musicale française est capable de couver des projets novateurs sans la prétention que l’on peut parfois (à juste titre) lui mettre sur le dos. 
À bientôt messieurs ! 

Humtaba (Décembre 2013)

Merci à Johannès (Petit Bain)

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