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Matt Elliott Paris, Café de la Danse, le 21-11-2013

Retour en tête d'affiche pour Matt Elliott sur la jolie scène parisienne du Café de la Danse. En têtes d'affiche, même; l'Anglais autrefois solitaire est désormais accompagné d'un trio : David Chalmin au clavier/guitare, Jeffrey Hallam à la contrebasse et Raphaël Séguinier à la batterie. A eux quatre, ils ont offert un nouvel éclairage bienvenu et salvateur à l'œuvre d'Elliott.

Sur scène, et déjà dans le titre du dernier album - Only Myocardial Infarction Can Save Your Heart, le guitariste est habité d'une lumière inhabituelle. On l'a connu en capitaine d'un navire chavirant, survivant dans les profondeurs, pour finir désarticulé, gisant. On le voit ici plein d'une énergie nouvelle, subtilement entouré. 
L'apport du groupe et de nouveaux instruments, dans les compositions de Matt Elliott est indéniable. Les titres, ce soir quasiment la totalité de l'album pré-cité, respirent d'un nouveau souffle, au gré d'arrangements vibrants, toujours sensibles. Témoignage le plus représentatif de la discographie de cet ancien homme brisé : les 17 minutes de "The Right to Cry" en ouverture qui jouent sur le contraste du dénuement des cordes acoustiques d'un homme seul et de l'allant d'un groupe à l'unisson. Matt Elliott semble serein, reconnaissant envers ses musiciens. L'ombre de Leonard Cohen dans la voix, grave et paternaliste ("Reap What You Sow"), il chante la rédemption malgré lui et, un brin ironique, partage son expérience ("Prepare for Disappointment"). Sans rien avoir perdu de son talent, la sagesse en plus. 

De temps à autre, les vieux démons resurgissent, paraissant apprivoisés. La mélancolie est latente, pourtant. "Zugzwang" ses chœurs et son violoncelle omniprésent. Deux reprises, "I Put A Spell on You" (Screamin' Jay Hawkins) et "Bang Bang (My Baby Shot Me Down)" (Sonny Bono), interprétées en solo, pour replonger dans l'univers solitaire et troublé du guitariste. Étirées, déconstruites et rebâties en pièces d'un noir absolu, elles attestent du talent du bonhomme et sa fascination pour torturer les sons. "Also Ran", en clôture, hantera longtemps son public comme à chaque fois.   

Dans un silence religieux, Matt Elliott a délivré un set apaisé et touchant, se confondant en remerciements devant des applaudissements nourris et mérités. Il se réfugie derrière son groupe pour expliquer sa présence ce soir. On apprécie son humilité et sa simplicité, chose de plus en plus rare chez les musiciens en solo. Ses vibrations touchent, fascinent. Il revient l'année prochaine dit-il. On le croit. En fait, il a même plutôt intérêt.

Chorizo (Décembre 2013)

Merci à Nicolas (Murailles Music), à Chloé et à Djou.

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