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Beak>, Absolutely Free Paris, La Maroquinerie, le 28-11-2013

Beak> est de retour à Paris. Ce qui avait commencé comme une banale rencontre en fin de soirée autour d'un jam finit par faire les honneurs d'Arte trois ans plus tard dans une salle comble. Sic transit gloria mundi.

Avant cela, ils sont quatre et ils sont Canadiens. Voilà en arrivant ce que j'avais rapidement glané de la première partie, Absolutely Free (après tout, qui vient pour les premières parties? Ça se saurait). Avec un nom pareil, tous les délires sont permis. Ça tombe bien, le set est garanti 100% sans balai dans le cul. Pour ceux à qui cela parle, ce sont d'anciens DD/MM/YYYY qui se réclamaient à l'époque de Frank Banana et de Melt Zappa, ou l'inverse. On a connu pire comme références mais ça en dit quelque chose sur le degré de déconne de la bande. Que l'on confirme avec leur single "UFO", extrait de leur dernier album en date du même titre. Une base Krautrock, qui rappelle fortement Beak> dans les voix et l'utilisation du synthétique avant de partir sur un refrain pop et une fin de morceau aussi bariolée que déconstruite. C'est la recette, et ça fonctionne plutôt bien sur scène avec ce qu'il faut de psychédélisme et d'énergie pour chauffer son public.

21h05, caméras en place, travelling, fondu enchaîné, eeeet action! Beak>, cela n'aura échappé à personne (?), c'est Geoff Barrow (la tête pensante de Portishead et qui a fortement influencé le travail de composition sur Third et les sonorités industrielles dudit trio) mais pas que. Matt Williams à la machine et Billy Fuller à la basse complètent le lineup. Ces trois personnes ont le bon goût de faire une musique autiste, un peu pour eux, marquée par le Krautrock et un penchant pour la vague froide qui nous fait penser qu'ils ne sucent pas que de la glace en temps normal. Attirail minimaliste, compositions au petit bonheur la chance : le travail de Beak> est celui de l'improvisation, des jams enfumés jusqu'au petit matin. Barrow et sa bande semblent ainsi tout droit sorti d'un club de camés underground dans les années 60. C'est hypnotique ("The Gaol"), entêtant ("Yatton"), lancinant ("Eggdog"). En entamant son set par les 4 premiers morceaux de >>Beak> pose ainsi une ambiance qui colle à la peau jusque dans les dernières minutes. Dansons les yeux mi-clos au son de la rythmique motorique et de ses fines variations, la tête dodelinant au gré des ondulations de la basse.

"Fucking social media bullshit". C'est un Barrow gai-luron qui mène la barque, interpellant les caméras qui le filment. En accord avec sa ligne anti-establishement, la plus discrète possible, le batteur se renfrogne, distille peu d'informations. Est là pour jouer, point barre. Comme sur album, la posture de Beak> est sans compromis; elle nécessite de rentrer pleinement dans son univers pour être appréciée. 

A l'inverse de la tendance actuelle, c'est sans frou-frou - mais avec application - que le trio performe, à peine 1h rappel compris. C'est à prendre ou à laisser. Si vous y étiez, c'est plutôt que vous avez pris.

Chorizo (Décembre 2013)

Merci à Perrine (Imperial Prod) et à Djou.

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