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Rosetta, Dirge Espace B, Paris, le 04-11-2013

L'euphémisme, à la différence du temps ce soir, est doux. C'est peu dire qu'on s'est montré impatient pour la venue de Rosetta à Paris. Si The Anaesthete, sorti plus tôt cette année, laissait entrevoir un groupe qui avait repris du poil de la bête, on attendait d'être confronté à l'animal dans la moiteur d'une salle pour en faire une certitude.

Plein à craquer, l'Espace B déjà se tend. Fébrile, l'audience scrute les moindres mouvements de la scène. Une pause. Un grésillement. Et la déferlante. Les tempes http://www.djil.fr/pub/577.jpggonflées. La sueur. Le regard fixé droit devant. La peau du cou tendue. Les mains usées agrippées au micro. Le pied volontaire sur le retour. Une voix, viscérale. Michael Armine incarne Rosetta, dressé devant son public, exégète des temps modernes. Entre Colin van Eeckhout, d'Amen Ra, pour le côté pénétré et Jacob Bannon (Converge) pour le combat à visage humain, quand il prend l'épaule du premier rang ou partage son micro. La salle s'engouffre sous le propos.  "Hara", "Oku"; The Anaesthete révèle son potentiel, entre mélodies filandreuses et coups de boutoir insensés.

Le groupe montre un visage de guerre totale. L'exécution de "Ryu" et "Je n'en connais pas la fin", et leurs montées en puissance millimétrées, est imparable. La voix d'Armine se perd quand la guitare se montre plus féroce encore. Avec une section rythmique si bien installée, elle est en roue libre. Riffs telluriques contre mélodies atmosphériques. Le style Rosetta x1000. 

Décollage final, oh, déjà? l'inattendue "Wake" vient conclure l'assaut avec panache. Un moment suspendu où Armine, délaissant son micro, orchestre un public qui chante à l'unisson. Une façon de distribuer une dernière mandale façon scud aux frustrés. Dernière? Pas tout à fait. L'ultime charge durera 3 minutes sous la pression du public. Dans sa gueule, la très Cave in-esque "Myo" se chargera d'achever les survivantshttp://www.djil.fr/pub/578.jpg récalcitrants. Ultime baroud d'honneur pour le quatuor, ultime raid pour Armine qui y jette ses dernières forces. KO debout.

Auparavant, la salle avait été chauffée à blanc par les locaux de Dirge et accessoirement comparses du label, Debemur Morti Productions). Deux ans après Elysian Magnetic Fields, les Parisiens n'ont rien perdu de leur style. A l'inverse des Américains, il s'agit ici de clouer son auditoire au sol, voire de lui donner la pelle pour qu'il creuse lui-même. Entre Neurosis et Kill the Thrill, d'un classicisme glauque et sans pitié. Mine de rien, cela va faire 20 ans l'an prochain que Dirge trace son sillon. La reconnaissance est limitée mais l'estime est là, c'est sûr. C'est déjà pas mal.

Chorizo (Novembre 2013)

L'intégralité des photos de Djil ce soir-là sont à voir sur son site. Merci à lui.
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Merci à Adrien (Kongfuzi) et à Djou.

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