Anaal Nathrakh, Otargos le 07/03/13 Nantes (Le Ferrailleur)

C'est pas tous les jours qu'Anaal Nathrakh traverse la Manche pour nous rendre visite. Il aurait donc été dommage de manquer leur escale au Ferrailleur de Nantes en ce début mars supportés par Otargos.

Arrivé sur le tard, j'assiste aux 4/5 derniers morceaux d'Otargos qui n'a pas lésiné sur la mise en scène avec des effets de lumière, des spots de couleur et des lasers. Si le groupe a délaissé ses clous et ses corpse paint pour une esthétique plus futuriste, donc assez étonnante, mais tout à fait réussie, musicalement, ça n'a pas l'impact de la production CD. Difficile de voir à quel niveau ça pèche, que se soit dans le mixage de l'ingé son, la sono du groupe ou dans l'exécution sur scène, toujours est-il qu'Otargos manque de puissance. C'est principalement sur les guitares que le son n'a pas d'ampleur et se révèle assez faible, parce que du côté de la section rythmique et de la voix, il n'y a rien à redire. Les musiciens essayeront bien de motiver la fosse, mais qui restera peu enthousiaste. Peut-être que si j'étais arrivé au départ, j'aurai réussi à rentrer dans la prestation, mais là j'en sors plutôt déçu alors que j'apprécie les travaux d'Otargos sur album.

Suite et déjà fin des réjouissances avec Anaal Nathrakh. Enfin réjouissance c'est une façon de parler quand on sait ce que les anglais sont susceptibles de nous faire endurer ce soir. Il va falloir sérieusement s'accrocher, mais c'est aussi pour ça qu'on est là, pour braver la violence inouïe de cette bête féroce. Ca commence très durement avec Drug-Fucking Abomination pour se rendre compte rapidement d'une chose : le chant de Dave Hunt est proprement hallucinant de haine et de violence, peut-être encore plus que sur disque, ou alors c'est l'effet d'avoir le bonhomme en face de soi. Plus surprenant encore, le chant clair théâtral est parfaitement maitrisé et si on se permet quelques sourires quant à son utilisation chez un groupe de Grindcore, on se rend vite compte qu'ils renforcent le coté épique et démesuré des morceaux d'Anaal Nathrakh. Moment complètement jouissif sur In Coelo Quies, Tout Finis Ici Bas d'ailleurs. La fosse commence à se montrer un peu plus turbulente que pendant Otargos, répondant aux demandes du chanteur quand il s'agit de faire un circle pit. Malgré l'extrême violence du groupe, tout se passe dans la bonne humeur, avec un son parfaitement mixé autant dans la brutalité des riffs que dans les blasts et les growls. Le chaos et la noirceur des morceaux se ressentent dans le public et ont un effet cathartique. Toute la discographie est représentée (avec un accent forcément posé sur Vanitas, leur dernier album), mais de quoi satisfaire les fans de la première heure comme les plus récents. Anaal Nathrakh finira sur un rappel « parce que vous le demandez et pas parce que c'était prévu » avec deux morceaux de rab, juste ce qu'il faut pour ne pas dépasser l'overdose et être comblé.

Petit bonus acouphène. A quelques centaine de mètres ce soir là, The Phantom Carriage joue aux Ateliers de Bitches avec Herscher et Formanex. La soirée au Ferrailleur s'étant finie plus tôt que prévue et celle des Ateliers de Bitches étant bien décidée de s'étaler au milieu de la nuit, j'ai la chance d'assister au concert des poitevins. Ambiance différente ici, on joue à même le sol, la sono est crado et ça suinte des amplis. Trop même, mais on s'en fout, ça ne change rien à l'intensité des cendres ardentes que déverse The Phantom Carriage. Une partie du public qui s'est surement risqué ici par hasard ne comprend pas grand chose à ce qui se passe, mais même en connaissant un peu leur premier album, New Thing, mon ressenti n'est pas si éloigné. Peu importe, j'apprécie ces titres denses aux changements abrupts entre Hardcore et Black Metal et leur imprévisibilité à la Comity. Une chose est sûr, c'est qu'on ne sait jamais où attendre le groupe, mais eux maîtrisent complètement leur art entre dissonances, violence crue, pilon rythmique et vocalises arrachées.
Ce n'est qu'au bout d'une grosse demi-heure qu'on peut enfin sortir la tête de l'eau et rentrer se reposer après cette éprouvante soirée.

Pentacle (Mai 2013)

Setlist Anaal Nathrakh :

Drug-Fucking Abomination 
Bellum Omnium Contra Omnes 
In Coelo Quies, Tout Finis Ici Bas 
Submission Is For The Weak 
The Final Absolution 
Todos Somos Humanos 
More Of Fire Than Blood 
Forging Towards The Sunset 
In The Constellation Of The Black Widow 
Do Not Speak

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Commentaires

StrangeelLe Vendredi 03 mai 2013 à 17H02

Y'avait aussi le Klub à Paris en 2011

ZephirisLe Vendredi 03 mai 2013 à 16H30

Juste un détail : la dernière fois qu'Anaal est passé en France, c'était bien au Hellfest... mais en 2012, pas en 2008 ;)