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30 Years Of Thunder Tour Le Bataclan - Paris

J’étais pourtant bien motivé pour voir la première partie de ce soir, Myrath, groupe de métal tunisien aux mélodies arabisantes, mais c’est au milieu de leur dernier titre que je pénètre dans le Bataclan, pile au moment où le chanteur essaie péniblement de faire chanter le public… C’est donc génial, voir 2 minutes de concert et se taper 40 minutes de changement de plateau (Note pour plus tard : ne plus jamais se dépêcher pour voir une première partie !).

Cela me laisse donc le temps d’observer un peu la faune qui compose l’audience de ce soir : typiquement le genre de concert que j’apprécie, où le public a un âge forcément en corrélation avec celui du groupe, ce qui me permet de se sentir (relativement) jeune ! Mais tout ça ne m’empêchera pas de faire le vieux et d’aller poser mon cul en mezzanine ! Car oui, le Bataclan est bondé ce soir. On sera en droit de s’attendre à une grosse mise en scène pour une tournée des 30 ans de carrière de W.A.S.P. mais la scène est en apparence sans fioriture, notamment on note l’absence du micro squelette/guidon de Harley de Blackie Lawless. Une banderole 1982-2012, sur fond de scie circulaire, orne le mur du fond et c’est tout. Puis au bout d’interminables minutes, les lumières s’éteignent enfin pour laisser place à des gyrophares accompagnés de bruits de sirène et d’alarme, et le groupe déboule sur scène pour ouvrir les hostilités avec le hargneux On Your Knees. Le son de guitare est brouillon au début et mettra quelques minutes à être réglé convenablement. Le groupe enchaîne avec un second titre issu de son premier album, The Torture Never Stops. Le public est au taquet, connaissant les paroles par cœur et n’hésitant à le faire savoir. Et c’est durant une reprise de The Who, The Real Me, que les banderoles feront place à 3 écrans diffusant des images de clip par rétroprojecteur. Forcément kitsch quand il s’agit des premiers clips d’un groupe de glam, mais c’est ça qui est bon justement ! Dans cette première partie du concert, ce sont les premiers albums du groupe qui sont mis à l’honneur, et nous auront droit à un medley des balades Sleeping In The Fire et Forever Free, L.O.V.E. Machine sur laquelle le public s’époumonera un bon coup, Wild Child durant laquelle une demoiselle ayant dû comprendre "Girls Gone Wild" se mettra topless dans la fosse, The Headless Children en intro de laquelle nous auront droit aux images du discours de Martin Luther King prononcé la veille de son assassinat. Et bien sûr l’incontournable I Wanna Be Somebody repris en choeur par toute l’assemblée, et pendant laquelle le chanteur fera faire au public un duel de qui chante le plus fort entre la droite et la gauche de la salle. Bref le groupe a une patate d’enfer que bien des groupes pourrait lui envier et Blackie Lawless en fait des caisses, à coup de grimaces et de postures rock’n rollesques, bien déservi par ses bottes blanches à franges et son moule-bite, ainsi que sa veste en cuir avec des manchettes en forme de scie-circulaire !

Et au bout de ces quarante-cinq premières minutes bien enlevées, Blackie annonce que la suite du concert sera un medley géant de leur concept album The Crimson Idol (qui célèbre ses 20 ans) racontant la gloire et la déchéance d’une rock-star, Jonathan Steel. Le groupe quitte  la scène pendant qu’un film débute sur les écrans géants. Puis commence l’enchainement des chansons, Titanic Overture, Invisible Boy, I Am One, The Gipsy Meets The Boy, The Idol et The Great Misconceptions Of Me qui ne feront alors plus qu’un morceau d'une demi-heure, parsemé des leitmotivs du disque « only love set me free » et « i don’t wanna be the crimson idol of a million », tandis que les images diffusées en fond illustrent parfaitement le sujet de l’album, mettant en scène la chute de Jonathan. Les trentes minutes ne paraissent en durer que cinq et le public est totalement subjugué, un grand calme s’étant emparé de la salle. Puis trop rapidement, les dernières notes de The Great Misconceptions Of Me retentissent alors que les images du clip montrent Jonathan se suicidant. Une grosse baffe.

Le groupe quitte à nouveau la scène pour mieux nous préparer la suite du show. En guise d’interlude, une bande annonce du film Spinal Tap passera sur les écrans (Blackie y ayant fait une apparition), le temps d’installer le fameux micro (à 10000$ précisera le chanteur) en forme de squelette : sa particularité étant d’être monté sur ressorts et ainsi de permettre au chanteur de s’accrocher après et de se balancer dans tous les sens (c’est surement pour ça qu’il ne le sort que pour les 3 derniers titres, ça doit sacrément foutre la gerbe). Le show reprend avec un obèse solo de batterie, accompagné d’image de dragster et de bruits d’accélération de moteur, qui collent parfaitement à l’ambiance. Le tout est super bien synchronisé avec les derniers coups de baguettes qui retentiront en même temps qu’une énorme explosion, qui laisseront vite place à des bruits de tronçonneuses annonçant un dernier titre issu de The Crimson Idol, Chainsaw Charlie (Murders In The New Morgue). Le groupe continuera avec un titre un peu plus calme, Heaven’s Hung In Black, avant de terminer en trombe avec Blind In Texas, rock’n roll à souhait. Blackie se déchaine sur son micro à bascule, tandis qu’un bon vieux pogo à l’ancienne démarre dans la fosse. Et en plein milieu le groupe stoppe net de jouer, Blackie réussit à obtenir le silence de toute l’assemblée, pour mieux repartir… Gros final avec solo de guitare interminable et le bassiste qui mettra un point d’honneur à arracher chaque corde de son instrument. Beuarh !!! Le groupe revient pour saluer le public une dernière fois, puis les lumières s’allument et une version lounge de I Wanna Be Somebody se fait entendre en fond…

Ce fut donc une soirée qui permettra de vérifier une nouvelle fois l’adage « c’est dans les vieux pots… ». Sauf que ce n’était pas de la soupe qui était au menu ce soir ! On pourra regretter toutefois que le groupe soit devenu bien sage par rapport à ses débuts, ils n’auront d’ailleurs pas joué leur tout premier single Animal (Fuck Like a Beast) qu’ils avaient d’ailleurs dû retirer de leur album à l’époque. Non, rien de choquant ce soir, à part la tenue de Blackie…

Un grand merci à Tangui, A Jeter Prom et à Garance Productions pour l’invitation.

Grum (Décembre 2012)

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