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General Lee / Every Reason to / Cowards Paris, Glazart, le 11-10-2012

J'ai été invité à une soirée entre couilles. Le genre de soirée où la testostérone déborde des pintes, et la virilité se mesure en décibels. Une soirée grasse où l'on ressort la peau luisante.
Les premiers à déverser leur bile - on plaint le nettoyage, le lendemain - ce sont les Parisiens de Cowards. Chaotique et violent, le groupe reste, sur scène, fidèle à l'esprit nonchalant et désinvolte qui habite leur premier album, Shooting Blanks&Pills, sorti plus tôt cette année. Il y a du Death Mercedes, du Hangman's Chair, du Eibon (banania) dedans - entre autres. Le melting-pot hardcore métallique ainsi constitué prend, très kickbackien, arrache les dents durant près d'une demi-heure, le temps d'un set froid et chirurgical qui fait le job. Cowards ne dépareille pas dans les dernières sorties Throatruiner, qui rivalisent de lourdeur, mais on ne pourra malheureusement pas dire non plus qu'il s'en distingue. Les amateurs apprécieront. 

Enchaîne Every Reason To, dont le très bon Anonyme Anonyme avait été écouté sur le tard - malgré l'élogieuse chronique de l'ami Fragone dans nos pages, en fin d'année dernière. Casquette discrète et démarche à la cool, le trio rappelle dès les premières mesures une autre bande redneck, Karma to Burn, avec laquelle nos nationaux partagent la maîtrise des riffs bien balancés. Le son se durcit peu à peu et les passages sludge, façon Taint, prennent le dessus, offrant un joli combat de pachydermes qui semble bien fonctionner auprès du public. 

N'aurait été pour Raiders of The Evil Eye, j'aurais boudé les Béthunois de General Lee. Aussi sympathique que cela puisse être de voir des provinciaux (du Pas-de-Calais, tout de même!) jouer à la Capitale, les précédentes sorties du groupe ne m'avait pas enthousiasmé plus que cela. La faute à des titres souvent trop longs et plongés entièrement dans l'ombre des Suédois de Cult of Luna, dans une sorte de mimétisme indécent. Puis, ce dernier album a su remettre les pendules à l'heure. En 35 minutes, General Lee a prouvé que ses papiers d'identité étaient vrais et que le groupe était capable d'aller straight to the point, gagnant ainsi en pertinence et en impact. Le passage au Glazart confirme ces bonnes choses; pour mettre les pieds dans le plat de cette étiquette gluante : on a assisté à un très bon concert de Post-Hardcore.
Groupe en première ligne, n'hésitant pas à monter au front - et sur les retours - pour appuyer son propos, General Lee a distribué les pains dans la gueule. Les nouveaux titres, notamment "The Witching Hour" en ouverture et "Alone with Everybody", tabassent. Terminer sur un "Running with Sharp Scissors" en apothéose était également une très bonne idée. En intercalant des titres plus planants, comme "Drifting" ou "When Vultures Descend to Feed", le groupe a su aérer son set, jouant parfaitement l'alternance calme/tempête qui sied au genre. En bonus, une connivence avec un public parisien un poil statique mais dont les premiers rangs font honneur aux compositions. Bref, du solide et de l'efficace à tout point de vue.

Chorizo (Novembre 2012)

Merci à Céline (Dream On Production) et à Djou.

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