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Chronique live du festival Coco Modesto les 28 et 29/03/05 - Paris

En ce week-end pascale, l'asso' Elliottsbike eut l'heureuse ide de proposer un festival ind au sens large du terme, chelonn sur deux jours: le Coco Modesto Festival. Dans un premier temps, voici un petit rappel des formations en scne le dimanche 28 : Carousel Horses, Underground Railroad, Jordan, Garrison Rocks, Ted Leo And The Pharmacists; puis celles prsentes le lundi suivant: Paper Plane Pilots, Erevan, puis Logh. Autant dire que le fest' paraissait des plus allchant, et pour le moins clectique.

Premier rendez vous fix 19h au Bar 3. L'ouverture des portes se fait avec une bonne heure de retard ; heureusement, la pluie n'tait pas l'invite surprise de cette soire. Aprs quelques minutes de dambulation dans ces catacombes, la salle de concert montre le bout de son nez, et premire vue, ce concert risque d'tre des plus intimistes, et l'on s'en rjouit d'avance.
Il est 20h15, et la premire formation prend place sur scne : Carousel Horses. Form depuis peine 3 mois, le combo nous livre un set de 5 titres des plus encourageants pour la suite. Ces derniers oeuvrent dans un registre rockin' emo fortement influenc Gatsby's American Dream : mid tempo, beaucoup de contre-temps, et chant la fois trs en retrait et pourtant si marqu.
L'auditoire apprciera d'autant plus celui-ci grce un morceau acoustique plac au milieu de set : chant clair au bord de la rupture, mlodie enleve, et saxo trs bien senti. Carousel Horses nous livre une formule plaisante, mme si l'on ressent encore trop l'influence de ces compatriotes d'Outre Atlantique. A suivre avec attention.

Petit interlude d'une dizaine de minutes histoire d'apprcier les douceurs proposes par le dj : Bright Eyes, Get Up Kids, Postal Service, ou bien encore The Arcade Fire. Puis, changement total de rpertoire avec l'arrive de Underground Railroad, sans conteste la perle de ce Coco Modesto tant la surprise fut grande. Batteur/chanteur compltement barr (Refused style), chanteuse tantt criarde, tantt envotante de part son jeu de guitare typ noise, voici exposs les ingrdients d'une formule qui aura fait des ravages.
Underground Railroad aura sduit le public du fest' avec un punk'n'roll noisy imprvisible, et c'est l tout leur charme. Chaque compo se veut compltement dstructure, et prend systmatiquement un virage inattendu. Quelques samples bien penss, et une bonne communication avec les spectateurs ne feront que renforcer l'engouement gnr par Underground Railroad. A retenir, et suivre bien videmment.

Autant dire que le groupe suivant avait la lourde tche de maintenir flot ce niveau d'effervescence. Et l'arrive de Jordan ce stade de la soire n'est pas innocent. Le groupe dispose d'une solide base d'auditeurs, et leur tourne aux cts de LastDaysOfApril n'a pu que renforcer la qualit de leurs prestations scniques. Bourr d'nergie, Jordan distille un emorock mlodique, pour ne pas dire mlodieux, qui ravira les inconditionnels de Weezer. Certains crieront au plagiat, mais bien que moins originales, les parties grasses de leurs compos contribuent la lourdeur de celles-ci.
Difficile donc d'viter cette comparaison, et Jordan ne peut qu'en souffrir tant il est difficile de concurrencer leurs paires. Malgr cela, l'auditoire se presse en masse, et le set se clture sur un morceau indit pour ce retour Paris.

Le temps d'un nouvel intermde musical, et la pice est dsormais comble. L'arrive de la tte d'affiche se fait de plus en plus pressante. Mais il faudra encore patienter quelques temps, et l'occasion nous est donns de dcouvrir une formation franco-anglaise 90% fminine : Garrison Rocks. Formation lo-fi par excellence, avec ses ambiances planantes, et berces par un chant similaire celui de Connon Oberst (Bright Eyes). Malheureusement la performance de Garrison Rocks sera entache par les problmes techniques rencontrs, portant prjudice leur "dimension scnique".
Il n'en reste pas moins que les morceaux du quatuor plairont aux afficionados de mlodies poses et mlancoliques, avec un soupon de rbellion dans la voix. Une prestation oublier trs rapidement tant la qualit intrinsque du combo ne doit correspondre en rien au set de ce soir.

Nous voil donc au terme de cette premire soire place sous le signe d'un Rock ind aux multiples facettes. Les minutes s'grainent, et l'on peut se rendre compte que de nombreux pays sont reprsents au sein du public: Angleterre, Etats Unis, Allemagne etc.
La bonhommie est de rigueur, et ne s'apaisera pas avec le passage des barbus de Ted Leo And The Pharmacists. Premiers riffs et la salle bouge l'unisson sur cette dclinaison punkisante d'un indie rock solidement difi. Le batteur semble apprcier le show et propose une large palette de...mimiques. A ct de cela, l'nergie dployait par le groupe est impressionnante, difficile de rester de marbre dans ces conditions. Les riffs sont des plus accrocheurs, tout aussi entranant les uns que les autres; seule ombre au tableau, le chant si expressif du frontman de Ted Leo And The Pharmacists demeure quelque peu couvert.
L'heure se faisant tardive, et le dernier train de banlieue pressant, ce live report restera incomplet dans le fond ; une rserve reste de mise sur ce dernier show, mais cette prestation ft des plus goteuses et l'impatience du lendemain grandissait au fil de la nuit.

Les festivits reprennent le jour suivant, mais cette fois-ci en un tout autre lieu, la pniche 6/8. A l'occasion du lancement du site caractre photographique This Photograph Is Proof, un vernissage fut propos, ds 18h30, avec un certain nombre de clichs. Mais n'ayant aucune comptence dans ce domaine, je vous conseillerai simplement de vous rendre cette adresse (www.tpip.org), et ainsi juger par vous mme de leurs travaux.

A prsent, il est temps de revenir au festival proprement parler. Prvu l'origine 20h, le concert ne dbutera qu'aux alentours de 21h, par l'entre en scne de Paper Plane Pilots. C'est devant un public assis, bien moins nombreux que la veille, mais tout aussi varis niveau nationalits, que le trio franais s'en donne cur joie au travers de mlodies Pop US sans prtention.
Le fait que la majorit des personnes prsentes restent assises n'est en rien dprciatif; la pniche tangue et berce ainsi langoureusement ses invits. Ces derniers apprcieront d'autant plus le spectacle que Paper Plane Pilots font preuve d'humilit. A l'image de "Somedays" et "Tears", leur rpertoire se borde de morceaux tantt popisantes, tantt plus plors, entrecoups d'interludes dialogus que l'on pourrait qualifier de burlesque (ex : temps pass accorder la guitare compens par des blagues qui n'arrivent finalement pas).
Un set sympathique en somme qui ouvre cette soire, toujours place sous le signe de la richesse accrue de la scne indpendante.

Aprs le traditionnel break musical, Erevan, deuxime groupe prsent l'affiche, se met en place, et les spectateurs ne resteront pas longtemps assis. Formation d'origine stphanoise, le quatuor dlivre une nergie plus qu'ahurissante, n'ayant pour ainsi dire rien envier leurs collgues de Underground Railroad. La musique d'Erevan est difficile cerner tant les influences sont nombreuses. Les morceaux se veulent rsolument rock, puissants et mlodiques, l'image de ce qu'ont pu nous offrir Jimmy Eat World leurs dbuts.
Cette prcision est essentielle du fait des structures des compos mises en lumire par Erevan. Celles-ci  rappelleront certains les productions des Canadiens de .moneen. : de longues mlodies introductives, supplantes par des saturations grasses, qui occasionneront une rupture de corde de la part d'un des guitaristes. Le quatuor n'en est pas pour autant dstabilis, et ficelle une morceau, petit petit, chacun des instruments venant se coupler un autre, laissant le temps au guitariste de s'accorder afin que celui-ci rejoigne le groupe, serein. Le morceau dbute de faon trs fluide, comme si aucun accroc n'avait eu lieu.
Ct chant, les deux guitaristes ne font pas dans la dentelle, criard, la limite du hurlement, ces derniers n'usent que trs rarement d'un chant clair ou plaintif, et ce n'est pas plus mal tant les parties harmonieuses n'ont en rien besoin d'accompagnements vocaux. Un show sans fosse note, si ce n'est une, mais tellement bien rattrape que l'on ne peut que les fliciter.

Nous voil finalement confronts ce qui s'avre tre, de faon totalement subjective, la formation nous ayant offert l'un des opus les plus excitants de ce dbut d'anne : Logh. Pour rappel, A Sunset Panorama inclut un DVD suivant toute la session d'enregistrement de l'album. C'tait l'occasion de juger des performances scniques en live de ces Sudois, qui font honneur la scne scandinave. La mise en place des musiciens se veut elle seule captivante; malheureusement, la pniche est toujours si peu remplie, et le spectacle promet d'tre intimiste comme jamais ce ne fut le cas durant ce festival.
Vtus de noir, Logh nous gratifient d'une setlist la tonalit rock, au dtriment de morceaux bien plus calmes,"The Smoke Will Lead You Home" faisant figure de grand absent de la soire. Le set dbute sur deux titres issus de A Sunset Panorama, en l'occurrence "Fell Into The Well", suivi du trs oppressant "A Sunset Knife Fight". Puis retour dans le pass musical du combo avec "The Contractor And The Assassin" qui ouvrait The Raging Sun.
Ainsi de suite, les Sudois enchainent les morceaux, passant allgrement d'un album l'autre : "Destinymanifesto" (A Sunset Panorama),"Yellow Lights Mean Slow Down..." (Every Time A Bell Rings An Angel Gets His Wings). La sobrit est de mise pendant le set de ces protgs de BadTaste, et le concert, et par la mme le Festival Coco Modesto, s'achveront sur le percutant, et trs surprenant "The Bones Of Generation". Qui aurait qu'un tel morceau clturerait cette soire tant il se veut part dans le paysage musical dpeint par Logh.

Le Festival Coco Modesto aura t des plus riches, par la varit des groupes prcits, mais aussi par la convivialit dans laquelle l'ensemble de cet vnement s'est droul. Un grand coup de chapeau l'orga' d'une part, aux groupes prsents, aux proprios des salle, et bien entendu, ce public chaleureux.

Djou (Avril 2005)

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