Omnivium Europe 2012 Le Glaz'Art

4 avril 2012, Glaz'Art

Oh putain. Ooooooh putain cette affiche. Franchement, je serais allé voir les Allemands d’Obscura même s’ils avaient joué avec le dernier groupe de J-pop à la mode et que la fosse avait été remplie de kawaï-girls et de Naruto fluorescents. Mais bon, j’ai de la chance, c’est Gorod, valeur de plus en plus sûre de la prestation live, Spawn of Possession et Exivious qui assurent la première partie. Et quand on pense que Gorod et Spawn of Possession vont profiter de cette date pour défendre leur dernier-né, respectivement A Perfect Absolution et Incurso, « y pas photo », on investit le Glaz'Art ! 

Ce soir, c’est fretless et tapping à gogo.

Exivious :

Le bal s’ouvre donc avec Exivious qui compte notamment dans ses rangs le bassiste de Cynic. Le groupe joue un metal / instrumental / jazzy des plus racés qui allie technique de haute volée, mélodie et passages lourds à en faire baver plus d’un. La prestation se transforme en expérience dans laquelle il ne semble pas y avoir de règle si ce n’est celle de se faire plaisir et d’envoyer l’auditoire dans les plus hautes sphères. Tous les musiciens manient leur instrument avec une détente et une virtuosité déconcertantes, à tel point que les guitaristes et le bassiste se meuvent sur scène et le public va vite emboîter le pas et entrer dans la danse. Enfin, essayer, car les rythmes insaisissables de Exivious rend les mouvements de tête quasiment impossible. A peine on chope le rythme que paf ! un autre commence. Le set dure une bonne trentaine de minutes et les zikos jouissent d’un son tout bonnement parfait pour transmettre leur art comme il se doit. Chaque coup de caisse claire fait bondir l’électrocardiogramme, les effets qu’utilisent les guitaristes se fondent parfaitement dans l’ensemble et la basse veille à colorer le fond de cette toile avec mille couleurs chatoyantes (putain qu’c’est beau). 
Pour en revenir au style et pour en finir avec Exivious pour ce soir, on pourrait penser à du Animals as Leaders, mais non. AaL possède cette touche typée « prog morderne » que je n’arrive pas à ingurgiter, alors qu'Exivious évolue dans un metal instrumental certes qualifiable de « prog » par la longueur et la richesse des morceaux, mais dont les racines puisent dans le death metal, pour ne pas carrément citer Death. D’ailleurs je le cite.
Une bien belle découverte que je vais m’empresser d’écouter en studio.

Spawn of Possession :

Le temps de me procurer un hoodie Obscura au merch et c’est Spawn of Possession qui prend la relève, Gorod assurant la troisième place pour les shows en France.
J’avoue n’avoir écouté que le dernier opus de Spawn of Possession donc les connaisseurs puristes vont sûrement m’envoyer un messager pour me dire que c’est honteux de ne pas connaître les premiers efforts du groupe parce qu’en fait ce sont les meilleurs. Pardonnez-moi. En tous cas, en guise de retour de karma, avoir écouté attentivement l’excellent Incurso ne m’aura servi à rien puisqu’aucune piste de l’album ne sera jouée ce soir. Vous avez dit « étrange » ? Et moi donc. Cela me semblait à peu près normal de vouloir promouvoir son dernier CD en jouant ne serait-ce que piste d’ouverture. Mais l’écourtement du set de SoP a du avoir raison d’une piste ou deux.
Enfin bon, du coup je me retrouve à ne connaître aucune piste et c’est plutôt ennuyeux car celles que jouera le groupe ce soir me laisseront quelque peu de marbre. Même si le niveau technique est ahurissant (je soupçonne le bassiste de s’être implanté des cyber-implants pour amener sa dextérité à un niveau surhumain) et que la brutalité est également au rendez-vous, les chansons ne ressemblent pas à grand-chose si ce n’est une déferlante de notes, de blastbeat  et de breaks que l’on a tellement de mal à suivre qu’on finit par y être hermétique. La fosse a tout de même eu l’air d’apprécié les classiques du groupe tel que "Lash by Lash" "Church of Deviance" ou "Spawn of Possession".
Rien ne me fera changer d’avis et surtout pas le son du groupe qui ne mettait pas du tout la musique de SoP en valeur. Le vocaliste s’en tirait tout de même bien malgré quelques growls qui finissaient mal. Il a heureusement pu compter sur le chanteur de Gorod, Julien, pour l’épauler sur la dernière piste, le duo insufflant un dynamisme bienvenu à l’ensemble.

Gorod :

À propos de Gorod, c’est maintenant à eux de faire le taf. On est déjà à la limite de l’asphyxie quand les Bordelais montent sur scène et ça ne fera qu’empirer ! C’est logiquement "Birds of Sulphur" qui ouvre, le groupe ayant désigné cette piste comme l’un des « tubes » de leur album, d’après les t-shirt reprenant les paroles de la chanson.
Même si Gorod ne m’a jamais convaincu à 100% en studio, ou alors sporadiquement, il faut bien dire que leur musique prend une toute autre dimension sur scène. C’est pour ma part le troisième show auquel j’assiste et il ne dérogera pas à la règle : Gorod bute en live.
Que ce soit le jeu de scène, le son ou les morceaux en eux-mêmes, tout fout la pêche, le smile, la patate quoi ! Le public est très réactif aux gimmicks de Julien (chant), visiblement ravi de jouer pour nous. Le bassiste a également la banane jusqu’aux oreilles et sa carrure et sa barbe imposantes lui confèrent un charisme certain. Les deux gratteux, qui pourtant tiennent le rôle principal du jeu de Gorod, sont cependant un peu en retrait par rapport aux autres.
Les titres phares du groupe s’enchaînent et la fosse ne faiblit pas de tout le set : "Process of a New Decline", "Here Die Your Gods", "State of Secret"… sans oublier les morceaux issus du dernier album, la violente "The Axe of God" et "Carved in the Wind" au pont mélodique superbe, dans la lignée de celui de "Disavow your God". Qui sera gardé pour la toute fin, bien entendu.
Gorod iz good.

Obscura :

Le temps de reprendre son souffle et de se rafraîchir à l’extérieur avant de replonger dans la fournaise. Mais bon, que ne ferait-on pas pour nos surdoués germaniques favoris ?
Les lumières s’éteignent, l’intro acoustique de "Septuagint" se lance, la fosse est sur les starting-blocks ! Et c’est parti ! Cheveux au vent, Steffen Kummerer et ses comparses donnent tout ce qu’ils ont pour nous mettre en orbite en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Sobre, classe, efficace, technique. Cela aurait pu être la dernière pub de l’écurie Mercedes, mais non, on parle bien d’Obscura.
Il faut tout de même dire que le son du combo n’était pas au top sur les deux premiers morceaux, "Septuagint" et "Vortex Omnivium". Heureusement la qualité alla crescendo et dès les ogives tirées de Cosmogenesis, tout alla mieux. Le groupe s’est d’ailleurs beaucoup plus appuyé sur son premier opus que sur Omnivium, balançant les titres taillés pour le live comme Incarnated, Universe Momentum, l’instrumentale groovysante "Orbital Elements" ou encore "Noospheres". Un sacré paquet comparé aux trois titres de Omnivium du coup un peu esseulés ! Mais la lourdeur insensée de "Ocean Gateways" n’est pas pour autant passée inaperçue. Déjà qu’elle déjà envoie comme il faut sur CD, cette piste, appuyée par les vocaux gutturaux de très bonne facture de Kummerer, a littéralement fait imploser l’auditoire.
J’avoue tout de même regretter qu’Obscura n’ait pas profité de sa position de tête d’affiche pour prendre un peu plus de risques sur le choix de sa setlist. Même si un "The Anticosmic Overload" ou le final "The Centric Flow" font toujours très plaisir à entendre, j’aurais aimé voir les Allemands jouer de plus grosses pièces de Omnivium comme "A Transcendental Serenade", "Prismal Dawn", "Velocity"… "Aevum" ?
Puis le solo de batterie, pas vraiment indispensable, merci. On imagine que cela laisse le temps aux musiciens de se reposer les poignets. Car ouaip, même si je ronchonne sur la setlist, il faut dire que niveau prestation, rien n’est à redire. Les zikos sont tous à l’aise sur scène, Kummerer le beau gosse est  souriant et fait des blagues entre les titres : « si je fais une fausse note, viens me le dire au comptoir et on discutera ». Quant au gratteux aux 1000 projets musicaux Christian Muenzner, il retranscrit ses soli à la perfection et c’est un régal de le voir sweeper et faire du tapping comme un malade. Du côté de la basse, on se fait également plaisir. Et Linus Klausenitzer (merci copier/coller) a bien raison vu l’ampleur que prend de son instrument dans le son.
"The Centric Flow" et son outro entraînante finissent donc le setlist et c’est sous des applaudissements chaleureux qu’Obscura quitte la scène… pour le bis ! Et en rappel, nous aurons droit à une reprise d’un petit groupe qui n’a pas franchement eu d’impact quelconque sur le metal d’aujourd’hui : "Flesh And The Power It Holds" de Death. Obscura achève de mettre le public dans sa po-poche avec cette reprise, d’une qualité bluffante.

En bref, une excellente soirée avec des groupes de qualité, probablement le fer de lance du deah technique en Europe, si ce n’est dans le monde (pas taper ! pas taper !). J’aurais aimé me laisser plus convaincre par le show de Spawn of Possession, mais bon. Ah oui et Exivious, superbe. Gorod : la buterie de la soirée. Et Obscura : on leur pardonne leur setlist timide qui ne visait qu’à faire pogoter la fosse tant le rendu était sensas’.

DaFredz (Avril 2012)

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