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Kylesa + Circle Take The Square + KEN Mode + Verdun @ Montpellier Secret Place

Parfois, autour de chez vous, la prospection de concert peut être prolifique : beaucoup de dates avec un ou deux bons groupes par plateau et des second-couteaux d’intérêts relatifs en support. D’autre fois, par contre c’est un peu la dèche. Mais comme par surprise, BAM, arrive un show pas piqué des hannetons qui restera surement dans vos mémoires. Par exemple, qu’est-ce que vous diriez d’une soirée en compagnie des canadiens de Ken Mode, rencontre musclée entre Botch, Unsane et les Melvins, Circle Takes The Square et leurs camarades sudistes en pleine gloire: Kylesa ?

A coup sûr, bande de petits malins, je vous vois saliver d’avance. C’est avec une caravane aussi bien remplie que les Géorgiens fulgurants se sont extraits de leur Amérique pour venir discuter amplification des guitares en Europe. Ni une, ni deux le jour venu (le 16 janvier) j’embarque ma chère et tendre dans mon bolide et filons au Secret Place (à Montpellier).

A peine sommes-nous arrivés, le temps de dire bonjour aux copains, que les portes de la salle s’ouvrent et ce sont les locaux de Verdun qui ouvrent les hostilités. Vous n’avez peut-être pas encore entendu parler d’eux, mais sachez dorénavant que le fief de feu Georges Frèche a désormais un groupe de taulier en matière de Doom. Quatre zikos et un beugleur  impressionnant envoient les décibels sans partage.  C’est l’assommoir, les gaziers jouent lourd, très lourd, très bas. C’est un groove des bas-fonds de tranchées boueuses qui s’abat sur le Secret Place déjà bien rempli. Ca sent l’artillerie lourde, la violence et le désespoir, quelques coups de haines. Ils  me rappellent les bordelais d’Aguirre en plus agressif, voir Karysun un jour de chaleur où ils n’auraient pas envie de jouer vite. Le sludge est toujours là, tapis derrière les gouffres caverneux Doom. On aura droit à un petit final mid-tempo hardcore, pas loin d’Outlaw Order. Bonne et grosse prestation des montpelliérains, franchement à suivre, renseignez-vous.

Quelques minutes plus tard, Ken Mode vient nous faire comprendre que si on croyait que l’attaque en règle de Verdun nous avait plongés en pleine bataille, ce n’était que le début des hostilités. Séance de rattrapage pour ceux qui les auraient loupés au Hellfest. Les canadiens commencent sans pitié comme à leur habitude, très saturé et la batterie qui claque énormément. Chaque coup de caisse clair bien sec nous envoie des vibrations au plus profond  de nos corps. Je me rends compte qu’ils ont troqué leur jolie bassiste tatouée par un barbu ventripotent de circonstance. Sa basse groove, les notes pleuvent au fur et à mesure des changements de rythmes et break incessant qui rythme leur musique à la Coalesce. Le guitariste chanteur est sur la brèche, enchaîne les riffs distordus qui buzzent à mes tympans comme un vrombissement d’enfer. Surexpressif, il agresse son micro, l’avale, le noie de postillon devant ses traits torves et fous. La playlist pioche un peu de partout, on a droit à tout le spectre de leur post-hardcore brutal, de Mennonite au petit dernier sans oublier Reprisal. Je les avais vu quelques années avant en première partie de Taint à Lyon et leur prestation m’avait marqué par son énergie et sa qualité. Force est de constater que le temps n’a en rien entamé la puissance de ce groupe, toujours remuant, toujours bruyant, toujours lourd. Si Ken Mode passe près de chez vous, ruez-vous les voir.

Une bière et une discussion avalée et voilà Circle Takes The Square qui prend place. Leur prestation m’aura définitivement fait revoir mon jugement d’il y a quelques années. C’est de la très bonne musique et un très bon groupe de scène. Décrire le son des trois de Savannah est compliqué… comment dire… je vais oser… non… allez, si. PROGWER SCREAMO VIOLENCE. Je rigole à peine. Des blasts qui n’ont rien à en remontrer à Spazz ou Converge (ce batteur est impressionnant : un petit mec tout maigre, il pourrait en remontrer à Rich Hoak) s’ajoutent à des spoken words tendance hardcore contestataire alternant avec beuglements et chant sur la corde raide de l’émotion, stop’n’go et longues constructions post-hardcore. Un son exceptionnel où aucun instrument n’est noyé sous le reste. L’extériorisation hystérique du guitariste qui tente à plusieurs reprises de faire chanter le public (sans  résultat malheureusement, peu de gens connaissent les paroles) contraste avec par la nonchalance de la bassiste qui expédie toutes ses parties, brutales comme douces, de chant comme de basse, avec un flegme déconcertant. Elle se serait fait une soupe qu’elle n’aurait pas déployé plus d’effort mais quelle maitrise ! Amertume et colère passent des amplis à nos oreilles plus vite que prévu, le groupe devant conclure plus tôt. Une prestation d’une grande classe et d’une grande maestria de la part du trio, qui doit prendre encore plus d’ampleurs devant un public de fans chauffés à blanc. A revoir pour sûr.

Une fois que c’est au tour de Kylesa, on se demande comment vont rentrer les deux batteries et le reste du matériel sur la petite scène du Secret Place.  Au fur et à mesure qu’on l’assemble sur scène, le défi se complexifie. Un batteur, un percussionniste/claviériste qui prend la place du second batteur qui  vient lui prendre la basse, 54 PEDALES D’EFFETS (!) pour les deux guitaristes et un melotron…Non ce n’est pas une blague. Et tout ça rentre chichement, laissant même un peu d’espace à Laura Pleasant pour bouger.  Une fois la partie de Tetris terminé, le groupe commence a envoyer le bois.  C’est la troisième fois que je les vois, et je peux vous dire qu’à chaque fois, ils s’améliorent. Cette fois-ci était proprement dantesque. Vous trouvez que Kylesa a un gros son sur galette ? Attendez de les voir. C’est un véritable magma de son qui se déverse sur nous, plus volumineux que tous les autres groupes de la soirée. Pas un magma brouillon, non,  un magma clair et limpide où on peut distinguer chaque nuance du jeu des géorgiens, un véritable plaisir. Chapeau à l’ingé son. Le jeu est impeccable. Le chant pêche un peu, mal équilibré (une habitude chez eux, mais qui va en s’améliorant). La setlist est très axée sur les deux derniers opus du groupe, mais n’oublie pas de nous sortir quelques pépites bien agressives et metal de Time Will Fuse It Worth. Je regrette quand même l’absence de la double batterie, les percussions n’arrivant pas à donner autant de puissance. Ce soir, on peut constater une vraie évolution dans le jeu de Kylesa, un peu moins scolaire même si parfois laborieux, le groupe se lâche un peu plus, Laura Pleasant faisant même un petit tour dans la fosse. J’ai beaucoup entendu et même vu des groupes tentant une synthèse metal/psychédélisme, mais rarement aussi bien réussi que lors de ce show de Kylesa qui réussissent presque à créer un véritable voïd grondant. Ils abandonnent certes leur côté metal mais transcendent  leur virage stylistique par cette impeccable rencontre où on est véritablement prit par leurs compositions alambiquées. En revanche, ils sont toujours autant autistes questions communication. Bonjour, merci, au revoir. Et en plus, leur incompréhensible accent n’arrange rien.

Vous aurez donc compris que cette soirée fut mémorable. J’ai fait de nombreux concerts mais rarement j’ai pu voir tant de qualité dans toutes les prestations des groupes. Ce fut d’autant plus réussi que la salle était presque comble, ce qui n’est pas franchement un pari gagné quand on programme une telle date dans le Sud. Cela confirme que Kylesa, en ayant un pied dans la scène metal, un pied, dans la scène hardcore, dans la scène néo-psychédélique et sludge et j’en passe, a une position de leader incontestable. A quand une mainstage au Hellfest ?

Garik (Février 2012)

Set list de Kylesa :

Said Done
Only One
Tired Climb
To Forget
Bottom Line
Forsaken
Don't Look Back
Distance Closing In
Unknown Awareness
Scapegoat
Running Red
When The Horizon Unfold

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Commentaires

Gandhi34Le Mercredi 29 février 2012 à 23H53

Autant je suis tout à fait d'accord pour les 3 autres groupes, autant je me demande si on a assisté au même concert pour Circle Takes The Square. Je venais en particulier pour ce groupe et j'ai été énormément déçu: pour moi la guitare et la basse étaient tout simplement inaudibles; noyés sous le chant et la batterie. J'ai même essayé de me balader dans la salle -avec et sans bouchons- en espérant entendre mieux mais rien n'y a fait, je n'ai pris aucun plaisir à leur passage.

KotLLe Mercredi 29 février 2012 à 15H11

Finalement j'aurai ptèt dû aller voir ça même si j'étais solo...

Remorse.