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And So I Watch You from Afar Paris, Point Ephémère, le 04-10-2011

Coup d'envoi de la longue tournée européenne d'automne, la date parisienne d'And So I Watch You from Afar est comme soudainement précédée de craintes. L'annonce, quelques jours plus tôt, du départ du guitariste Tony Wright plonge l'assemblée dans le noir. Angoisses, doutes existentiels. Ainsi sont les roux : fourbes. Joueront-ils? S'ils jouent, comment recréeront-ils ce souffle qui leur est propre avec un membre en moins? Ô rage, ô désespoir...

Le désespoir, les Parisiens l'auront, pour sûr. Incarné dans The Same Old Club (MySpace), il encombrera la scène près d'une demi-heure. Gênant (long) moment de solitude quand tu nous tiens. Sur cette première partie, les locaux du soir n'auront frôlé que le ridicule, à défaut de tenir des promesses honteuses. Ce... euh... emohardcorelectro (?) moche aura ravi les fans d'Attack! Attack!, vous l'imaginerez, venus en masse ce soir, c'était le thème. Une foule de crabes à mèche, génuflexions-extensions en rythme avec la grâce d'un crustacé décapode un soir de bal. On estime les captures mondiales de crabes à 1,2 million de tonnes par an (données 2003). Il faut cependant souligner que le crabe étant un animal côtier très facile à capturer, ce chiffre ne tient pas compte de la pêche individuelle et de la pêche artisanale, surtout dans les pays pauvres, le crabe représentant une source de protéines très économique. Sur les côtes d'Afrique équatoriale, les enfants attrapent facilement les crabes bleus qu'ils font simplement rôtir à la braise*.

Hop, un coup de balai, et la scène se vide. 20 minutes plus tard, 4 irlandais débarquent, tout sourire, fébriles (c'est le Grand Soir!) de retour en France, 18 mois après un premier passage à La Flèche d'Or. 4? Indeed! Niall Kennedy a réussi le pari d'ingérer en 1 semaine la disco du groupe pour assurer les dates à venir. Chapeau, car malgré quelques cacahuètes et un problème de son sur quelques morceaux, le nouveau venu s'en est très bien sorti.
En 18 mois, il s'en est passé des choses pour le groupe. Avec 1 EP et un 1 album de plus dans leur besace, ASIWFA est devenu une coqueluche incontournable de la scène indé avec son épais mélange Post/Math Rock. Pour être tout à fait honnête, on avait quelques réserves sur Gangs avant de pénètrer au Point Ephémère. Malgré une science du riff toujours accrocheuse et un art savant de jouer avec les mélodies, le disque s'essoufflait en cours de route laissant la forte impression initiale de la trilogie "BEAUTIFULUNIVERSMASTERCHAMPION" - "Gang" - "Search:Party:Animal" s'estomper peu à peu. On en parle, tiens, et la voilà la Sainte Trinité. Les trois premiers morceaux sonnent la révolte, comme sur album. Le son est chrome, la puissance au rendez-vous. Le public peut s'amasser au pied de la scène, on y reviendra, le temps pour Rory Friers de s'aventurer dans la fosse pour tâter l'atmosphère. Et il peut être rassuré : il n'y a pas de public à conquérir ce soir, tout acquis qu'il est à la cause du combo dès les premières notes. Timide sur son début, le groupe trouve d'ailleurs rapidement sa vitesse de croisière et tiendra bon la barre une heure durant. Le show apporte ce qu'il manque à ce Gangs : une touche d'humanité et du coeur à l'ouvrage. Tout appliqué qu'il soit, le quatuor se lâche, laissant l'appréhension initiale au vestiaire. "Search:Party:Animal" prend une autre dimension, fois mille.

Le ventre mou? Connais pas. Adeptes des abdos mélodiques, les Irlandais livrent un set musclé, jonglant entre morceaux de l'EP, The Letters ("D Is for Django The Bastard", "S Is for Salamander") et de l'éponyme ("Don't Waste Time Doing Things You Hate", "A Little bit of Solidarity goes a Long Way") sans temps mort. Le set est mastoc, avec ses petits pépins qui en feront tout son charme, après-coup. Les guitares vibrent de joie, la rythmique assure et le lead de Friers ne se fait pas prier pour multiplier les morceaux de bravoure. Mon compagnon de soirée résumera parfaitement la chose : ""Set Guitars to Kill" c'était donc vrai!". Oui, mortel. C'est la guerre sur scène, et dans la fosse. Le public exulte malgré la chaleur : il saute, il danse, il chante (sur "7 Billion People All Alive at Once"), et encourage ses favoris, qui se donnent à fond. Une communion heureuse qui prend la forme d'un vibrant hommage collectif à Tony Wright sur "The Voiceless", qui lui est dédiée par le trio restant. Alors qu'on a tendance à tailler le public parisien pour son immobilisme, force est de constater qu'il a fait mentir les statistiques ce soir. Pour le plaisir du groupe, en premier lieu, qui quittera la scène visiblement ému et tout sourire d'avoir bouclé un premier show qui, on l'espère, les marquera et leur donnera suffisamment de baume au coeur pour revenir rapidement.

Ils le disent mieux que nous, de toute manière, alors que l'on essore nos vêtements à la sortie : "tip of the hat, punch in the face". Et des baffes comme ça, on en redemande bien volontiers.

Setlist : 1. "BEAUTIFULUNIVERSEMASTERCHAMPION" 2. "Gang" 3. "Search:Party:Animal" 4. "A Little Bit of Solidarity Goes A Long Way" 5. "7 Billion People All Alive at Once" 6. "D Is for Django The Bastard" 7. "S Is for Salamander" 8. "Don't Waste Time Doing Things You Hate" 9. "Set Guitars to Kill" 10. "The Voiceless"

Un Grand merci à Laure (Alias Prod) pour la dernière minute, à Djou toujours prêt et à Phil, mon crabe à barbe favori.


* Pour plus d'informations, cet article vous comblera.

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