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Caribou + Junip le 28/11/10 - Paris (Cabaret Sauvage)

Dimanche 28 novembre. 19h30. Température extérieure : - 7°c. L'hiver arrive à grands renforts de flocons et il semblerait qu'il s'annonce rude. Allié à la résignation morale du dimanche soir, il s'insinue fourbement sous les écharpes et les bonnets. Inutile de dire, donc, qu'on attendait de pouvoir pénétrer sous le chapiteau du Cabaret Sauvage avec une impatience non dissimulée. D'autant plus que les hommes venus du froid (Suède pour Junip, Canada pour Caribou) comptaient bien réchauffer l'atmosphère. Heureux soient-ils.

Junip, c'est un peu le parent oublié du folkeux argentino-suédois José Gonzalez. Le groupe a beau avoir plus de 12 ans d'existence, sa renommée actuelle tient surtout aux deux très beaux efforts solo de son guitariste/chanteur. Bien que réfutant le terme de "projet-rock-de-José-Gonzalez", les espoirs de retrouver, dans le premier album du groupe, Fields, sorti cette année, la douceur des mélodies de Veneer ou In Our Nature sont forts. On avoue, un peu triste, n'avoir pas pris le temps d'écouter le disque en question - la faute à la neige, aux dameuses, à ce but refusé ou whatever de saison. Néanmoins, le mal sera réparé. 1h durant, Junip déploie posément sa rythmique soft, ses mélodies limpides où se perche la voix frêle de Gonzalez. Au détour d'un indie rock actuel, dont l'ambiance feutrée se marie idéalement avec le décor du Cabaret, on retrouve ici et là, des sonorités héritées des seventies, dans les guitares et le clavier, qui confèrent au groupe une aura particulière. En écoutant plus attentivement, quelques incursions krautrock se font sentir; Junip trouve le juste milieu en intégrant le plaisir musical de cette époque à un songwriting efficace et jamais dépassé dont l'incarnation prend chair en la personne de Gonzalez, introverti en apparence mais donnant beaucoup et visiblement satisfait d'avoir retrouvé ses compagnons de scène.

On fera les comptes en fin d'année, mais le Swim de Caribou est sans doute l'un des prétendants au titre pour 2010. Etonnant de la part d'un groupe - d'un homme avant tout, Dan Snaith, qui pavait son petit bonhomme de chemin, l'air de rien, distribuant ses mélodies pop à l'odeur électronique sans faire de bruit. Swim est sans doute son album le plus ambitieux, le plus riche musicalement, véritable plaisir pour dancefloor de geeks. Le concert de La Route du Rock, cet été, avait éveillé les soupçons d'intensité qui planaient sur le rendu des morceaux en live. Celui du Cabaret vient les confirmer. De réinterprétations en remixes des tubes de l'album, Caribou parvient à diffuser une énergie folle qui arrive à son apothéose sur Sun, morceau de clôture, devant un public en transe.  Bowls, Found Out ou Odessa, sans oublier la très "grand-journalesque" Melody Day, dont la puissance du refrain est multiplié par plein, sont autant d'hymnes parfaitement exécutés sur lesquels le déhanchement est instantané voire obligatoire. Le cabaret devient disco, techno, house, boule à facettes et spots multicolores. En guise de pause kit-kat, la langoureuse Jamelia viendra appporter ses ondes sensuelles avant un final effréné, presque hallucinatoire. Sun ou une vision technoide de près de 15 minutes, multipliant les faux départs et les envolées sonores, qui voit le public se lâcher dans un ultime élan salvateur. Le dimanche soir n'existe plus. La retombée est brutale quand se tire le rideau et que la neige reprend le dessus. En décalage, mieux : en décalcage complet, le mode est automatique pour regagner le métro.  
En fin de compte, c'est une voisine qui résumera le mieux la soirée, une fois les lumières rallumées : "Quoi? Il est déjà 5h du matin?". Fièvre du samedi soir, délire collectif? Snaith sait mieux que personne comment animer son public. On sent l'homme discret mais, derrière ses claviers, derrière sa batterie (mention spéciale au 2e batteur en passant, impressionnant de justesse et de puissance face aux machines), on entr'aperçoit le travailleur forcené et l'expérimentateur musical qui l'ont amené, avec raison, à jouer devant une salle comble et transportée. Dan, tu reviens quand, dis?

Chorizo (Décembre 2010)

Merci à Super! et à Djou.

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