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Marvin, Papier Tigre, Pneu, Electric Electric (Colonie de vacance Tour 2010) le 17/09/2010 - Marseille (L'Embobineuse)























Je ne sais pas avec exactitude ce que notre chère Embobineuse a pu faire (ou se faire faire) cet été, mais quoi qu’il en soit, je ne l’ai jamais vu aussi grasse, aussi bondée de corps suintants et remuants, aussi remplie de bavardages enfumés et de vas et viens incessants, entre la citerne à bière et une scène littéralement bouillante et fiévreuse, prise d’assaut par une colonie de vacances surexcitée. Profitant d’un public en manque après la disette estivale, Papier Tigre + Marvin + Electric Electric + Pneu était le shoot parfait pour faire le plein et transformer la rentrée en réunion rock’n roll version dancefloor (stroboscope inclus).

C’est Papier Tigre, le groupe que j’attends particulièrement, qui ouvre la kermesse alors que dans le sas d’entrée, ça se presse encore pour prendre sa carte de fidélité tamponné Embobinoiz. Sorti il y a déjà 2 ans, The Beginning And The End Of Now, est le genre de disque noise/math rock qui donne de l’eau au moulin. En concert le niveau est encore supérieur, le trio nantais me fait l’impression d’un June Of 44 qui aurait troqué une partie de son spleen vampirisant pour une part de ressentis nettement plus enjoués tout aussi addictive. Impossible de décrocher un seul instant de leurs mélodies aguicheuses et fines, qui ressortent parfaitement sur un dessous de cordes en fusion et de poussées vocales incisives. Lors des parties les moins tendues, c’est la batterie qui roule des caisses et relance le feu sacré de plus belle. La scène leur offre le bénéfice énorme de l’audace et de l’énergie live sur toute la longueur jusqu’au point final, lorsque les potes de Pneu et Marvin viennent achever les percussions - et nous avec - dans un coup de théâtre fracassant. Grande classe et grosse banane à l’arrivée.

Bandanas noués sur le front et clavier KORG toutes dents dehors, Marvin est fin prêt pour donner sa leçon de body combat. Je n’ai pas vu le groupe sur scène depuis une très lointaine prestation, chez eux à Montpellier, au feu-Point Zero. Depuis, pas mal de choses se sont passés pour ce trio à la fougue intacte : Des concerts en pagaille et surtout deux albums rudement bien branlés au compteur, avec entre les deux disques, un désir croissant de s’affranchir de toutes les barrières, quitte à s’attirer les foudres des élitistes ankylosés du derrière. Tout y passe ce soir : noise/math/kraut/post/hard/electro (rajoutez ou rayez les mentions que vous désirez) ROCK, avec en toile de fond permanente cet optimisme dansant dangereusement contagieux. Aucun tour de chauffe chez les montpelliérains, ça démarre au quart de tour. L’Embob’ se découvre immédiatement une grande passion pour le dancehall rock ! Les filles se dénudent, les mecs suent et tout le monde se tortille comme sur des braises volcaniques, harangué par le chant vocodé d’Emilie et les ondulations frénétiques d’une musique généreuse qui ne tombe à aucun instant dans le grandiloquent. C’est la magie Marvin.

Electric. Electric. Ils le disent deux fois au cas où à la première on n’aurait pas parfaitement compris que leur musique l’est. Ce trio strasbourgeois est le seul de la colonie dont je n'ai pas entendu la moindre note et c'est donc à froid que je me fais cueillir par un crescendo introductif monumental.  C'est Battles qui me vient immédiatement à l'esprit, les gaziers ont le même goût du beat survitaminé à outrance, mais ici tout est beaucoup plus technoïde et itératif. Le duo acerbe guitare/batterie amoureux de Shellac côtoie un synthé/sampler trépidant omniprésent qui confère à leur musique un aspect dansant irrésistible. C'est cette carte que Electric Electric va jouer à fond ce soir, jusqu'à finir sur une bastonnade à la batterie électronique que n'aurait pas renié The Sound. Quant à leur disque (Sad Cities Handclappers), il comporte presque 1h de musique, couvrant un spectre sonore bien plus étalé.

Pour nos chers Peuneu, j'avais peur d'assister à un bis repetita parfait (la foule en plus) de leur excellent show au même endroit l'année dernière. Les morceaux sont effectivement les mêmes, à peu de choses près, sauf que le duo guitare/batterie se montre encore plus saillant, encore plus puissant, encore plus précis, encore plus tout en réalité. Pneu ne matraque plus, non, ils bombardent. Malgré la chaleur étouffante et la fatigue, le public répond à chaque fusillade. Les courtes pauses entre chaque morceau semblent quasi vitale pour le groupe, qui une fois son souffle repris, reprend son travail de sape inlassablement, jusqu'à la crampe totale. L'affluence aurait méritée que le placement des deux fusiliers soit plus central, mais au final avec Pneu, il n'y a qu'a fermer les yeux et faire travailler les cervicales.

Superbe TOP départ pour la saison concert, qui permet à l'Embobineuse d'introduire sa première compilation 28 tracks joliment illustrée et surtout composée d'excellents groupes comme Neptune, Binaire, Evangelista, Wolf Eyes ou encore KK Null. Il en va de même pour les groupes, qui pour l'occasion de leur tournée commune, ont sorti un magnifique 7" gatefold avec une pochette digne des plaquettes de chocolat Poulain de notre enfance.

Senti (Septembre 2010)

Copyright Pirlouiiiit pour les photos.

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