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Converge + Kylesa + Gaza + Kvelertak le 26/07/10 - Paris (Trabendo)

L'affiche savoureuse qui se préparait ce lundi au Trabendo, pour la dernière de la saison, promettait l'enfer. Le public ne s'y est pas trompé, répondant présent - fait rare pour un concert au milieu de l'été à Paris, et bien décidé à en découdre jusqu'à la dernière goutte.

Petite bande en vogue dans le milieu en ce moment (production estampillée Ballou et artwork signé Baizley obligent), Kvelertak a la lourde tâche d'ouvrir le bal, faisant figure de Petit Poucet de l'affiche. Les Norvégiens, visiblement heureux de se retrouver sur scène, entament leur set par "Sjøhyenar (Havets Herrer)", sans doute leur meilleur morceau - le plus représentatif de leur crossover musical en tout cas. L'énergie est là, identique à l'album, les morceaux défilent sans coup férir (comme sur leur disque, à vrai dire, pas déplaisant à l'oreille, même qu'il a été Album du Moment sur nos pages, c'est vous dire la qualité garantie), sans grand intérêt porter non plus. Assez monotone et convenu, le set de Kvelertak peine à décoller et à déclencher l'enthousiasme. On blâmera le public encore tiède, la scène un peu lourde, l'impatience pour les autres groupes ou le catering pas assez gourmet, mais force est de constater - et l'impression ira grandissante jusqu'à la sortie de la salle - qu'il manque un bon bagage d'efficacité au groupe pour faire mouche et totalement séduire.

Quand Gaza accorde ses instruments et termine ses balances, l'ombre du géant frontman Jon Parkin rôdant sur scène,on sent immédiatement que l'affaire va se corser. Premiers larsens, premiers frissons; premiers riffs, premiers coups bas. Sans un doute, Gaza n'est pas là pour rigoler, et la très bonne sortie He Is Never Coming Back (2009) vient prendre forme en direct. Parkin râle, agonise, exténué, hébété, telle une bête meurtrie. Alternant passages hardcore bien sentis et coups de pression doom orageux, la musique chaotique de Gaza force le silence. Prêcheur pêcheur, Parkin sacrifie le Christ avant de s'effondrer au milieu d'un public fasciné. En plongeant dans le meilleur de ses deux LP, Gaza tue le set toujours plus lourd, toujours plus crasseux. Et malgré les problèmes d'accordage du guitariste et la mauvaise manipulation des samples qui vinrent casser l'ambiance, il ne reste au bout de 30 minutes qu'un énorme coup de marteau plongé dans la fange.

L'enchainement avec Kylesa, ne pouvait pas ressembler plus à une douche froide. Déjà échaudé par les différents échos des prestations live du groupe de Savannah, je me recule, décidé à laisser reposer mes oreilles et mon cerveau. La hype qui a entouré la sortie de Static Tensions (2009) a transformé le quintet en bête de foire, avec ses deux batteries et ses compos catchy as hell. Un groupe must see sur scène, dit-on. Et un nouvel album serait sur le point de sortir à l'automne. Surfons sur la hype. Kylesa se révèle pourtant incapable de tenir ses promesses, usant, abusant de ses deux batteries gadget et de breaks mal placés; le tout, couvert par des voix mal balancées, rendues insupportables et - pour Laura Pleasants, notamment - désagréablement fausse. Une bouillie sonore qui a le seul mérite de faire appel à ma mémoire pour repérer les mélodies du studio et les superposer à ce spectacle visuel malheureux. Moi qui avais été déçu de les louper au Roadburn... Et ce n'est pas nouveau morceau qui va me rassurer, plat convenu d'un menu sans saveur.

Et puis vint la claque attendue. Le déchaînement de violence. Animé par un Jacob Bannon gymnaste au top de sa forme, Converge déferla sur le Trabendo. Enchaînant tubes sur tubes, le quatuor n'usurpe pas sa réputation. Lancé par "Concubine", en guise de mise en bouche délicate, "Dark Horse" et son riff entêtant et imparable, prend le relais avant la trilogie No Heroes exécutée comme il se doit ("Heartache"/"Hellbound"/"Lonewolves"). La fosse chauffe, Bannon tease le public, qui le lui rend bien en reprenant les refrains à l'arrachée. Pas le temps de souffler que déjà les compos de Axe to Fall prennent toute leur puissance en live. Et si la part belle est donnée à ce dernier disque, "Homewrecker", "Distance And Meaning" et "The broken Vow" rendent hommage à Jane Doe tandis que le rappel porte aux nues You Fail Me (et quel putain de rappel!). Aucune période n'est oubliée et, comme papa percutant maman, tout semble couler de source. Plus d'une heure durant, en mode pilote automatique, la batterie tapera de plus en plus fort, Bannon multipliera ses gesticulations. Le bassiste de Kvelertak et Laura Pleasants de Kylesa iront de leur stage diving se perdre dans la foule agglutinée.

Après toutes ces années passées sur la route, la gratitude du groupe envers son public fait plaisir à voir, les Américains n'hésitant pas à rester quelques minutes sur scène après le concert pour remercier et discuter avec un public transi transcendé par l'évènement. Il y avait de quoi, les gouttes de sueur qui perlent sur les différents visage en disent long sur l'émotion ressenti.

Chorizo (Août 2010)

Chaleureux remerciements à Adrien et à Djou.

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