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Punkafoolic! Bayside Crash 2010 Le 18/07/10 - Tokyo (Tokyo Bay)

Débarquez un peu largué dans n'importe quel festival punk rock européen en demandant où est l'accès presse, et vous êtes sûr d'être reçu par un "Hmmm, voyez avec X. Après la quatrième tente, à droite". Mais qu'avec un peu de chance et seulement si vous vous êtes à peu près adressé au bon endroit.

Gardant ce fait en tête tout en sachant pertinemment qu'au Japon le sens attaché au mot "service" est différent, c'est avec une certaine assurance que je baragouine mon japonais élémentaire au premier individu estampillé "staff" que je croise aux abords du site, et ce afin de lui poser la question-sésame... Un coup de fil et 100 mètres plus loin, me voilà présenté au responsable presse, diligemment escorté par ce sympathique membre du staff dont le rôle était sans doute tout autre à la base.

Encore un quart d'heure avant le début du premier concert. Timing parfait pour faire le tour du propriétaire, sous un soleil de plomb. L'aire est située sur une péninsule de la baie de Tokyo ("Bayside Crash"... get it?), à côté d'un espace vert réservé au barbecue dominical en famille ou entre amis. Pourtant installées côte à côte, les deux communautés se seront respectées mais ignorées du début à la fin, nihon style.
L'enthousiasme des festivaliers se lit sur tous les visages et déjà les files d'attente se forment autour des stands de groupes qui remportent le plus de suffrages, avant même le début des hostilités. Entre le t-shirt de groupe et le punk rocker japonais, c'est fusionnel. La quasi-totalité du public (au Bayside Crash comme dans les petits concerts) affiche sa préférence pour un groupe jouant le jour même. Même les t-shirts (ainsi que les serviettes) commémoratifs de l'évènement se vendent comme des petits pains. Et pourtant, avec des prix allant de 1500¥ (13,5€ au cours actuel) à 2500¥ (22,5€ au cours actuel) le manches courtes du groupe punk rock régional, il y aurait de quoi rebuter plus d'un européen. Mais tout est plus cher au Japon de toute façon... Succès moindre mais plus étonnant, celui du porte canette isolant(!)

Emplettes en mains, ce petit monde s'empresse de se rendre aux consignes (gratuites et parfaitement organisées) afin de se délester du superflu et de se préparer pour le coup d'envoi.
Premier des 24 combos à l'affiche, Sorry For A Frog fait vibrer les premières cordes (à 12h pétantes, l'heure officielle) et c'est au trot que la petite foule s'amasse autour de la scène de gauche pour un set de 20 minutes (tarif unique pour tous les groupes). Le système des deux scènes placées côte à côte est bien rodé. Pendant qu'un groupe joue, le suivant fait ses balances (avec les retours seulement, évidemment) sur l'autre scène, et enchaîne dès la fin du set précédent. Le public n'a qu'à se déplacer de quelques mètres et les inconditionnels peuvent même se poster au premier rang lors du soundcheck sans rater la performance en cours. Efficace sur toute la ligne...

Les poings sont levés bien haut et très rapidement, premier test pour les securitas avec les crowd surfeuses et crowd surfers qui se lancent avec allégresse vers la scène. Force est de constater que bien que zélée (avec quelques interventions un poil musclées et autres rappels à l'ordre pour des broutilles), la sécurité reste courtoise. Curieusement (pour un oeil européen non averti), le gros de leur travail consiste à accompagner les divers dans leur chute et éviter les blessures...

Sur la scène de droite, Hey-Smith (ska punk) débarque et une nouvelle fois, les chansons sont reprises en choeur dans la fosse qui se transforme en "skanking pit" géant dès l'entame des parties ska. Rituel répété (et amplifié) plus tard quand les mélo ska punkers de Bassui investiront les lieux, cette fois ci avec une section cuivres complète.
Mais en attendant, on se rapproche de la Floride grâce aux Tokyoïtes de Rat Child qui prennent place et en profitent pour distribuer gratuitement un nouveau sampler 3 titres à qui est intéressé... Frustrés par l'espace qui les sépare du public, ils s'installeront rapidement entre la scène et la fosse, au grand dam de la sécurité qui aura fort à faire pour contenir la foule ET tenter timidement d'empêcher les membres du groupe de la rejoindre.
Ils devront pourtant céder 30 minutes plus tard quand The Sensations se lanceront dans la bataille. Impossible d'arrêter leur bassiste androgyne à mini short et surtout Hiroki (ex-United Skates, actuel Seventeen Again), le chanteur araignée survolté qui grimpe partout et s'installe une mini-scène en plein milieu de la fosse à l'aide d'une table. Un grand moment de n'importe quoi (scénique et musical). La clique I Hate Smoke Records est vraiment dérangée...

Dans ce déluge de punk rock mélo, ska punk et J. punk, quelques intrus s'imiscent: Country Yard et son emo pop punk mièvre, Hakaihayabusa et son dub reggae punk ensoleillé, les inclassables Donkey Vegetable Voxxx!!! aux deux chanteuses hystériques (et ses problèmes d'instruments électroniques...), Meaning (screamo / metalcore) qui remporte un certain succès, et Fight It Out, seul groupe de hxc de la journée qui aura réussi à faire le vide. Le chanteur livrera l'intégralité du set parmi les moshers (hommes et femmes) qui s'en donnent à coeur joie, sous les yeux stupéfaits et intrigués des plus jeunes ignorant encore tout de "l'art" du two step. Quelques groupes de nouveaux initiés s'entraineront le reste de la journée dans les espaces libres sur les côtés de la double scène... Avec les skankers, les "private circle pits" et autres skaters.

De tout le festival, ce brassage constant restera certainement le plus surprenant. Les ados avec les adultes et même une paire de papis, ensemble, les skankers avec les coreux, les t-shirts Cro-Mags, Crass ou Madball qui observent du fond les groupes de punk rock mélo en secouant la tête; l'ambiance décontractée...
Pas de prise de tête, très peu de pose, juste des mélomanes venus passer du bon temps entre potes coûte que coûte. Une réunion annuelle qui se doit de prendre des airs de fête. Le fait que le public soit tout de même en moyenne bien jeune et composé presque à moitié de filles/femmes y est peut être aussi pour quelque chose...

Côté backstage, l'attitude rock star à l'américaine n'a pas sa place, même si on est tout de même loin des fanfaronnades bon enfant du côté fosse. Les groupes viennent voir leurs potes ou les combos qu'ils apprécient en arborant leurs t-shirts, du côté de la scène mais aussi de la fosse. Le staff, la presse, les groupes et leurs familles sont logés à la même enseigne, réunis dans le même endroit, et le bac géant de boissons fraîches gratuites est partagé par tous.
Seules quelques têtes d'affiche ne se montrent dans l'espace commun qu'avant de monter sur scène...

Têtes d'affiche par ailleurs attendues de pied ferme: Four Get Me A Nots, F.I.B (qui s'offre un wall of death), Jr. Monster, S.M.N (dont le guitariste grimpera jusque sur le 'toit' de la scène mobile avant d'en sauter) ou fam font le plein, tandis que le rôle du dernier acte revient aux artistes loin d'êtres les plus populaires, mais qui savent  parachever une fête en beauté: Electric Summer fait monter la pression avec musique épique, lâché de ballons, sirène, extincteurs et bain de foule. Un show énergique qui se termine dans les règles de l'art avec lâché de guitare et jet de bière.

Au final, le Punkafoolic! Bayside Crash 2010 s'est déroulé sans incident, avec une organisation sans faille, et surtout grâce à la présence d'un public plein de spontanéité qui a oublié de se prendre la tête. Autant de leçons pour les festivals punk rock occidentaux...

NO fun for a FX (Juillet 2010)
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