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The Fest (Day Three) Gainesville, Floride, USA, 01/11/2009

Day Three :

Après une nuit bien moins folle que prévue c'est finalement le dernier jour de ce Fest qui débute (13h) tranquillement sous le soleil, du côté du Kickstand (atelier de vélo un peu éloigné du centre-ville aménagé en entrepôt-concert pour l'occasion). L'occasion d'y voir le seul représentant français du festival, conseillé la veille par les trois seul(e)s (?) autres festivalier(e)s francophones croisé(e)s dans la rue : 12XU. Les lyonnais jouent la carte de l'emo-punk avec la fameuse “french touch? et le font plutôt bien (rien d'étonnant quand on sait que le groupe compte dans ses rangs deux anciens Daitro). Bien que le public ne comprenne pas une seule des paroles du groupe les applaudissements en fin de morceau sont soutenus : classe.

Retour sur la rue principale pour le show de Broadway Calls, le groupe qui est ami avec tous les autres. Enchainant les tournées en première partie de nombre de formations de tous les styles le combo s'est forgé au fil des années une réputation solide, au final presque plus basée sur ses relations que sur ses qualités musicales. Un bilan qui s'est vérifié pendant la prestation des pop-punkers américains, certes sympathique mais loin d'être inoubliable. Un bon échauffement néanmoins, tout en mid-tempo et en refrains sucrés parfaitement adaptés au temps (extérieur) floridien.

Vingt petites minutes d'attente et c'est le tour du beard-punk de Off With Their Heads. On ne joue clairement pas dans la même catégorie et ça se ressent tout de suite au niveau du public qui est bien décidé à lancer les hostilités en ce début d'après-midi. C'est rugueux, motivant et sincère, le groupe est content d'être là et la fosse le lui rend bien. Très grosse prestation des américains qui confirment les impressions laissées aux européens lors de leur dernière tournée, à revoir sans hésitation !

Départ rapide vers le Market Street Pub afin d'être en avance pour ne rater le show de Comadre, qui m'avait mis une claque monumentale lors de leur passage à Lyon en compagnie d'Envy (report). Manque de bol, je dois être le 500ème à avoir cette idée, alors que la salle peut accueillir un grand maximum de 300 personnes... Et à voir la ténacité avec laquelle les gens patientent dans l'immense file d'attente à l'extérieur du pub, il ne semblerait pas que la moitié d'entre eux soient prêts à abandonner deux des plus gros concerts screamo du week-end, à savoir Comadre mais aussi Ampere. Nouvel échec, rageant !

Second choix donc avec un groupe de “seconde zone? : The Tim Version. Déjà rencontré au hasard d'une session “découverte MySpace? le punk-rock du groupe ne m'aura une nouvelle fois pas laissé un souvenir impérissable. Nouveau départ donc vers l'Atlantic ou jouera une heure plus tard un autre groupe découvert récemment mais qui celui-ci aura marqué ma mémoire de son empreinte : Worn In Red. Pas de problème pour rentrer ici, c'est au tour de Daniel Stripped Tiger de jouer le rôle d'entracte. Et là c'est une toute autre histoire, complètement inattendu le screamo virulent du  groupe aura été une nouvelle bonne surprise. Autant math que post le résultat final m'aura scotché pendant les trente minutes du concert, un groupe à suivre...

Ca enchaine donc rapidement avec Worn In Red, quatuor déjà vu à l'occasion du pre-Fest show du jeudi soir et qui avait mis tout le monde d'accord. Deux chanteurs, une tension palpable, une grosse dose d'énergie aussi présente dans les passages lourds et chargés en intensité que dans les “accélérations? hardcore, nouvelle baffe.

Changement de style mais pas de salle pour le punk-rock mélo des anglais (encore !) de Ok Pilot. Formation en triangle avec une nouvelle paire de chanteurs, compositions classiques et c'est l'overdose de musique qui pointe le bout de son nez. L'envie n'est plus aussi grande qu'en début de manifestation et ça se ressent. Comme pour Defiance, Ohio la veille la fatigue aura raison de moi, il est temps de se réveiller. Départ donc en direction du concert des coreux de Trash Talk, qui annuleront malheureusement à la dernière minute. C'est un signe, il est l'heure de se poser un moment et de souffler en attendant la dernière ligne droite qui s'annonce mortelle.

Le repas digéré et les jambes reposées (pour les cinq minutes suivantes), c'est reparti vers l'Atlantic ou Liquid Limbs joue à 20h, improbable duo rock'n'noise fortement recommandé par plusieurs personnes rencontrées sur place. Et effectivement, ça envoie. Un batteur bestial à la chevelure digne d'un black-metalleux et un chanteur-bassiste avec la mèche blonde dans le vent (mais d'ou sortait-il ce vent ?) pour un résultat aussi bruitiste que cool (si Fonzie aimait la noise il aurait créé ce groupe), le groupe de Gainesville joue la musique qui lui ressemble et ça lui va bien ! A deux Liquid Limbs aura fait beaucoup plus de bruit que bien d'autres formations pourtant beaucoup plus nombreuses, comme quoi pas besoin d'en faire des tonnes pour taper la ou ça fait mal.

Malheureusement pas le temps de voir la fin du set du duo, Aaron Scott (aka Attica! Attica!) va bientôt commencer son concert au CIVIC Media Center et il aurait été criminel de ne pas pouvoir entendre en live les meilleurs morceaux de ses deux albums. La bibliothèque accueille une nouvelle fois une petite trentaine de personnes, ce qui ne freinera aucunement le monsieur. Très heureux d'être là (pour la petite histoire le chanteur a fait le déplacement en Floride en vélo, depuis Detroit dans le cadre d'un voyage à but humanitaire visant à récolter des fonds pour l'association World Bicycle Relief, qui fournit des vélos à des enfants africains) mais la voix cassée à cause d'une soirée trop arrosée en compagnie de Polar Bear Club la veille (les fourbes !). Heureusement pour l'assistance hypnotisée par le charisme du bonhomme cela ne ternira en rien sa prestation, qui s'avérera même en partie inédite car partagée comme rarement avec le public. En effet Aaron n'hésitera pas à laisser le chant aux plus connaisseurs afin de laisser reposer sa voix et ainsi offrir une justesse plus proche de la réalité. Un show magnifique dont peu sont ressortis inchangés : des compositions superbes, une voix fragile, un public subjugué et une humanité globale exacerbée par la musique, merci Attica! Attica!...

A peine le temps de se remettre de ses émotions qu'il est l'heure de redescendre au Kickstand pour le trio qui doit clôturer mon Fest 8 : O Pioneers / Bomb The Music Industry / Defiance, Ohio. Perdu. Try again... O Pioneers c'est déjà fini, Bomb The Music Industry c'est plein à craquer et Defiance, Ohio c'est dans une heure, sans même la garantie de pouvoir rentrer dans la salle à temps. Bref, un nouveau déplacement dans le vide et un énième abandon pour repartir sur ses pas, c'est pas grave on commencerait presque à s'y habituer. Atlantic II le retour, le lot de consolation : Shook Ones. Une nouvelle fois ce changement de plan n'est finalement pas si mal tombé puisque si possible ce concert aurait volontiers fait partie de mon planning.

Shook Ones donc en tant que dernier show, ça le fait aussi. Et le public a l'air du même avis. Si vous avez fait l'effort de lire le prologue (link) vous attendiez peut-être le fameux homme-volant. C'est donc pendant ce live qu'il est apparu, majestueux et... aussi très sujet à la gravité. Aussi positifs sur scène que sur CD les coreux américains auront parfaitement clôturer le festival avec un set des plus énergiques. Une dernière série de sing-alongs et de stage-dives au son d'un des meilleurs descendants de Kid Dynamite et c'est un week-end de folie qui prend fin (well, pas réellement, la suite étant plutôt à chercher du côté des "house shows" qui accueilleront pour une dernière nuit les groupes et festivaliers les plus valeureux).

On s'essuie, reprend son souffle et ses esprits, on profite de ce dernier instant partagé avec cette foule d'inconnus en faisant le bilan de ces trois jours incroyables... Un lieu unique ou le temps passe beaucoup trop vite, ou le punk-rock représente plus que quelques notes de musique mais bien un état d'esprit et une ambiance (imaginez une ville entière qui ne vit que pour le punk-rock pendant 3 jours et 3 nuits en continu et ou le seul mot d'ordre est "faire la fête") et ou les bons concerts sont tellement nombreux qu'il est impossible de tous les voir. Bilan plus que positif donc, des gens accueillants et souriants, une température tropicale, des nuits déjà courtes mais qui auraient pû l'être encore plus (en connaissant un peu mieux les lieux/gens) et des dizaines et des dizaines de concerts excellents... This was The Fest !

 

Le mHu (Avril 2010)

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