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The Fest (Day One) Gainesville, Floride, USA, 30/01/2009

Day One :

C'est l'heure, le début du Fest ! Histoire de bien commencer je prévois une petite marge avant l'ouverture des portes, bien m'en a prit puisque je découvre que le fameux bracelet obtenu plus tôt dans la journée permet uniquement de ne pas payer l'entrée du concert (chaque salle ayant également son propre bracelet que l'on peut acheter seul entre 5 et 10$ pour la soirée). Petite attente, discussion improvisée avec les gens aux alentours et je rentre finalement dans l'Atlantic, sympathique lieu séparé en deux parties : le bar à droite, où tabourets et tables sont disponibles pour les moins motivés (ou au contraire serviront de tremplin aux hommes-volant), scène et “fosse? à gauche pouvant accueillir environ 200 personnes (en serrant bien).

The Riot Before : premier groupe sur la longue liste de mon horaire du jour et premier grand moment, musical et humain. Leur deuxième album (Fists Buried In Pockets) m'avait déjà rendu complètement accroc - un mélange entre les Bouncing Souls et Latterman – et l'exercice du live n'aura fait que confirmer tout le bien que je pensais de ce groupe. Dés les premières notes le public montre qu'il n'est pas venu jusqu'à Gainesville pour rester les mains dans les poches mais bien pour transpirer et donner de la voix. Probablement le plus gros contraste avec les concerts sur le sol européen, la totalité du public étant anglophone les sing-alongs sont omniprésents et la folie s'empare de la foule à chaque refrain scandé par le chanteur du groupe de Richmond. D'ailleurs les quatre ne sont pas les seuls à s'être déplacés depuis la Virginie, Thomas Barnett (chanteur de Strike Anywhere) sera d'ailleurs resté durant tout le set de ses collègues dans un coin de la salle, la tête hochant de haut en bas et le sourire aux lèvres... Un sourire présent sur la quasi-totalité des visages du public à la fin d'un concert qui ne pouvait pas mieux lancer ce festival. Un groupe définitivement à suivre de très près.

In The Red : petit jogging de rigueur, l'horaire est serré, le combo floridien a commencé sa prestation il y a déjà 10 minutes dans la salle principale (The Venue) à environ 5 minutes de l'Atlantic, il faut donc se dépêcher. Et là, c'est le drame : une file d'attente s'étend sur des dizaines de mètres tout le long de la salle et continue même dans la rue perpendiculaire. Je me renseigne rapidement auprès d'un groupe de personnes : temps d'attente pour rentrer estimé à plus d'une heure... Rapide coup d'œil à l'horaire, la décision est vite prise, abandon de la Venue pour le moment, direction le 1982 en espérant y voir la fin de Ruiner et le set de Defeater. Je m'attarde tout de même 5 minutes contre une vitre qui donne sur le concert d'In The Red, sur la seconde scène de la salle qui parait minuscule. Le groupe a l'air à l'aise bien que plutôt statique, Mike Hale sublimant les compos du groupe grâce à sa voix unique et un charisme que peu égaleront pendant ce week-end. Première déception un peu atténuée à l'idée que le bonhomme (originaire de Gainesville) rejouera par deux fois pendant le Fest, une fois en solo et une autre avec Gunmoll, son groupe d'origine reformé pour l'occasion.

Defeater (ou pas) : direction le 1982 donc (qui se trouve à environ 10 minutes de marche de la Venue) ou je croise Mike, chanteur d'After The Fall récemment rencontré lors de la tournée européenne du groupe, qui m'annonce la suite du cauchemar. Le bar est plein à craquer, plus personne ne rentre. Une trentaine de personnes attendent que d'autres laissent leur place. Le 1982 ayant une capacité quasiment identique à celle de l'Atlantic et sachant que Defeater est le prochain groupe sur la liste, je me fais vite à l'idée que je ne verrais pas non plus ce show...

Retour donc dans l'autre direction, nouveau passage devant la Venue ou la file d'attente ne semble pas avoir bougé d'un centimètre et obligation de faire un choix drastique. Hors de question d'attendre une heure devant une salle, seul, alors qu'une dizaine de groupe jouent en même temps dans d'autres salles. Le choix est pourtant bien plus difficile que ça, la liste des groupes a rayer de la liste fait plus que mal au coeur : Small Brown Bike (reformé pour le Fest), A Wilhelm Scream, Strike Anywhere et Giving Chase. Autant dire deux des meilleurs groupes live en activité et deux autres qui ne demandaient qu'à prouver la même chose. La perspective de pouvoir voir (et d'avoir déjà vu) A Wilhelm Scream et Strike Anywhere en Europe quelques mois plus tard me fera prendre la décision fatidique : j'abandonne donc la Venue et retourne à l'Atlantic (ou je suis certain de pouvoir rentrer) et privilégie donc la scène “locale? qui n'a jusque-là que rarement (ou jamais) traversé l'océan atlantique.

Smalltown : étant maintenant “condamné? a rester à l'Atlantic toute la soirée (avec les concerts des Menzingers, de Nothington mais surtout de Polar Bear Club en ligne de mir) autant profiter des autres concerts. C'est donc Smalltown qui aura la lourde charge d'atténuer ma mauvaise humeur du moment avec sa pop-punk gentillette. Malheureusement l'objectif ne sera pas atteint, la faute a des compos assez plates se ressemblant énormément. Un genre de sous-Alkaline Trio mais la classe en moins, alors qu'ils sont suédois, la loose.

Nothington : souvent présenté comme étant le groupe comprenant deux anciens Tsunami Bomb, Nothington n'en est pas moins une entité unique qui mérite largement d'être reconnue pour sa vraie valeur. Et quelle valeur ! Dés le début du concert on comprend vite que ce show sera une nouvelle fois accompagné de sa cohorte de fans hurleurs et transpirants et on se dit que ce Fest est définitivement un endroit à part, un petit monde où il fait bon vivre, ou on se sent comme à la maison. Sur scène le groupe rend largement la pareille à son public en jouant le meilleur de ses deux très recommandables albums. L'influence Leatherface ressort encore plus sur les compos de la dernière galette des américains (exception faite des morceaux chantés par le second vocaliste à la voix beaucoup moins rocailleuse), mid-tempo tranquilles ou plus soutenus, voix rauques et mélodies bien placées, la grande classe. Deuxième groupe attendu au tournant ce soir pour autant de bons souvenirs, les statistiques sont avec moi.

The Menzingers : découverts grâce aux collègues de Punkfiction j'avais hâte de voir ce que ces petits frères d'Against Me! et autres Lawrence Arms avaient à montrer en live. Et bien je n'ai pas vu grand chose, tout du moins pendant les trois premiers morceaux. Le son était bien là pourtant, très bon (comme pour la grande majorité des concerts du festival) mais le groupe était simplement noyé sous le public monté sur scène comme enragé dés les premières paroles du chanteur. Trois morceaux pendant lesquels le reste des spectateurs n'auront vu qu'un bras ou un manche de guitare apparaitre de temps en temps, jusqu'à ce que les membres du groupe demandent gentiment à leurs fans de se faire un peu moins envahissant. Le reste du concert sera pourtant du même calibre, chaque refrain reprit en cœur par une fosse en ébullition, entièrement dévouée à cet autre espoir de la scène. Tantôt folk, ska ou reggae, le punk-rock de ces gars est maitrisé de bout en bout et bien qu'il ne révolutionne rien (rares seront les groupes vraiment “étonnants? pendant ce Fest) fait preuve d'une rare maturité pour un groupe aussi jeune : troisième claque.

Polar Bear Club : dernier groupe de la soirée à l'Atlantic, Polar Bear Club aura comblé la salle et le public. Bien que faisant partie du fameux “trio infernal? (avec 7 Seconds et Crime In Stereo, les trois groupes jouant en même temps dans des salles différentes), le bar affiche complet bien avant le début du set des nouveaux prodiges de chez Bridge 9, succès au passage amplement mérité (voir les chroniques des deux albums sur le site). En 3 ans les américains auront parcouru plus de chemin que la plupart des formations en une vie : un EP, deux albums, une signature chez un des plus gros labels actuels mais surtout des tournées à répétition avec des groupes non seulement excellents musicalement mais aussi souvent irréprochables sur scène (Ruiner, A Wilhelm Scream, Deafeter, Crime In Stereo, Strike Anywhere, etc.). Ce n'est donc pas une coïncidence si le quintet de Syracuse maitrise l'épreuve du live avec autant de brio, ils ont ça dans le sang et en plus de s'entendre, ça se voit... Même si les compositions du groupe américain portent déjà en elles le génie de leurs compositeurs, c'est clairement Jimmy Stadt (chanteur du groupe) qui transforme les concerts de Polar Bear Club en véritable souvenir impérissable. Aussi à l'aise dans les registres punk-rock que hardcore, le frontman harangue les foules avec une facilité déconcertante et transmet sa passion de façon quasi instantanée, par un sourire plein de sincérité, un micro tendu, un bras levé au ciel ou un hochement de tête cadencé. La plupart des morceaux phares du répertoire du groupe y passent et font mouche pendant la grosse demi-heure que durera le concert... clairement trop courte pour rassasier tout le monde.

Le mHu (Avril 2010)

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