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Roadburn 2009 23, 24 et 25 Avril (Tilburg)

Tilburg (Pays Bas), à 2H de Lille en voiture, est devenue depuis quelques années la Mecque des musiques à tendance lente, psychédélique, sombre voir dépressive. Cette 14ème édition, complète 45 minutes après la mise en vente des places, avait de quoi faire baver. De quoi contenter les amateurs des racines doom avec la reformation pour l'occasion de Saint Vitus, avec le même jour Cathedral et Angel Witch, du stoner / psyché européens avec Colour Haze, Gomer Pyle, Motorpsycho ou encore un retour aux 70's avec Amon Düül II et surtout le festival accueille, le dernier jour, l'édition européennes du Beyond The Pale Festival (le festival de Neurosis). Et l'affiche de ce festival dans le festival fait mal : Neurosis, Earth, OM, Grails, Amen Ra, Guapo, The Young Gods, US Christmas, ...


Jeudi

Arrivés de Lille, on va vite se poser au camping, situé dans un complexe camping / réserve africaine à 5kms du festival. Ambiance plutôt calme, la moyenne d'âge des festivaliers est plutôt à placer autour des 25/30 ans, ce qui change de pas mal de festoches. Un bus nous amène gratuitement sur le festival, situé en pleine ville, dans un complexe de salles vraiment très bien pensé. Une salle immense avec une fosse en pente avec marche + balcon, pour une capacité de plus de 2000 personnes, deux salles plus petites, une qui doit bien faire 400 places , avec balcon et une seconde plus petite servant toute l'année de bar/salle de concert.
Les concerts se chevauchant il va parfois falloir faire des choix cornéliens, mais vu la qualité on ne va pas se plaindre...


Ufomammut : Débuter cette édition avec Ufomammut, c’était prendre le risque de se manger une grosse claque avant même d’avoir échauffé ses oreilles.  Le groupe fait la part belle à Idolum, sorti l’an dernier et envoie le bois sans couper l’arbre. Malheureusement, le son se révèle moins massif que sur album, un peu faiblard et le trio s’efforce, peut-être en vain, d’accrocher son public. Reste quand même du lourd, une ouverture justifiée pour le déluge à venir…


Gomer Pyle
: Après un Ufomammut un peu décevant, ou juste un peu trop compact pour débuter le festival, direction le stoner rock très rafraichissant des hollandais. Et wow ! Déjà une claque, le groupe assure un live très proche de leur CD et vu le chant et les petits effets présents sur le CD, on ne peut qu'être impressionné. Dans les années à venir ce groupe a tout pour venir talonner Colour Haze, même si ici on donne dans une version plus « pop » et moins psyché. Mais de grande classe.
 
Baroness : Présent il y a à peine une semaine au Metalorgie Fest, la surprise ne sera certes pas là mais le groupe semble vraiment à fond aujourd'hui (oui, encore plus) ; résultat : un set plus pêchu qu'il y a une semaine. Le tout, sur la toile géante de l'artwork du Red Album. Ce chanteur est vraiment fou!

Orange Goblin : Après un passage meurtrier (pour le portefeuille) dans l'espace merch&distro, retour sur les anglais d'Orange Goblin. Ultra motivé, rock'n roll, le groupe ne brille certes pas par son originalité mais quelle pêche! Le combo enregistre en plus ce soir-là un album/DVD live, donc est peut être encore plus motivé. En tout cas, Ben Ward (chant) semble aux anges, et on le verra d'ailleurs derrière les platines du hall d'entrée une bonne partie du WE à enchaîner du Black Sabbath, Down, Pantera, …


Rose Kemp : Le temps de découvrir les lieux amène inconsciemment vers la salle où débute le set de Rose Kemp. Encapuchonnée, façon mystique, la demoiselle s’échauffe les cordes vocales avec force d’incantations (OM es-tu là ?) avant de se livrer dans une ambiance folk sombre assez captivante tant les trois membres du groupe semblent être imprégnés par l’atmosphère qui se dégage de la scène. Le trio trouve sa voir en alternant les passages acoustiques aux finaux électriquement chargés. Religieusement, le public, conséquent, appréciera la performance. Une belle découverte à confirmer sur disque.


Minsk: Un mur. Une heure sous le feu. Ne rien comprendre et en redemander. Minsk livrera un des meilleurs shows du fest, entre nouveaux morceaux et sonorités tirées de The Ritual Fires of Abandonment, sorti en 2007. A peine aérées par un saxophone poisseux, les guitares amassent les notes pour mieux les recracher, en support d’un chanteur-prédicateur possédé en plein sermon. Il règne comme un parfum d’Enfer, le nouvel album s’annonce sous les meilleures auspices.

Amon Düül II : Voilà un des groupes les plus attendus ce soir. Formé en 1967, il semble incroyable de voir ces pionniers de la musique psyché européenne (et un des fondateurs du mouvement Krautrock) encore en vie. Et ce genre de concert est toujours un peu quitte ou double, et ici ça sera une déception. Alors certes, les papys du rock sont en forme, contents d'être là, jouent bien, mais où est l'âme? Il manquait vraiment quelque chose ce soir, pourtant le temps d'un titre avec une mélodie très répétitive on aura des frissons, un aperçu de ce que le groupe pouvait donner il y a 40 ans (!!!). Dommage que le reste ne soit pas du même acabit.


En attendant la suite petit passage dans les différentes salles, Black Sun; n'étant pas trop chaud pour du sludge, on ne fait qu'un rapide passage dans la salle même si, apparemment, Eugene S. Robinson (Oxbow) a rejoint le groupe sur scène (mince!). Un peu après, retour dans la même salle qui semble étonnement vide, on se demande même s’il y a du monde sur scène, pourtant il y'a du « bruit ». Et si, si, Alexander Tucker est bien sur scène, à genoux, avec peut-être 30 personnes (dont Steve Von Till de Neurosis), bon là j'avoue ce genre de musique n'est pas ma came (et vu l'audience je ne dois pas être le seul).

Zu : Alors que vient de sortir Carboniferous, les protégés de Patton débarquent, prêts à marteler leur jazzcore dans tous les esprits. Marteler, c’est le mot, tant l’heure de show qui nous est proposée tape là où ça fait mal ; batteur, saxo, bassiste, tous scotchés à leurs instruments se répondent en talent et en énergie, épuisant le public par leurs cassures de rythmes incessantes, par la folie des sonorités, par le saxophone virevoltant. Gros show du groupe qui n’aura pas plu à tout le monde mais qui laisse, en fin de compte, lessivé et repu.

Motorpsycho : Tête d'affiche du jeudi le groupe semble jouir d'une grosse base de fans au Pays Bas (pourtant en France difficile d'en entendre parler). Les norvégiens jouent un rock psyché, et leur concert va durer 2H45 (!!!). Bien mais pas sidérant, le groupe nous emmène dans des titres psychés qui manque d'un petit quelque chose pour vraiment devenir exceptionnels. Certains titres semblent plus être du jam (apparemment de nouveaux titres testés live), bon concert mais pas incroyable.

Hop retour en bus au camping où la nuit sera plutôt calme, les concerts reprennent le lendemain à 16H, de quoi goûter aux charmes (et législation?) locaux.

 

Vendredi

The Winchester Club : On commence la journée en douceur, l'une des découvertes pré-festival qui avait bien tapé dans l'oeil. Du post rock bien ficelé et sortant un peu des clones de Mogwai ou Sigur Ros, d'ailleurs si on devait rapprocher les anglais d'une formation reconnue je citerais volontiers Godspeed You! Black Emperor, en moins grandiloquent.
Et comme sur CD la magie opère, The Winchester Club joue simplement, surtout dans cette BatCave (le nom de la salle) bien intimiste où le premier rang est à quelques centimètres des musiciens. Est-ce un hasard si la jolie bassiste est placée au centre de la scène? En tout cas les yeux semblent pétiller et on passe une heure bien sympathique emportés par la musique.

Steve Von Till : On enchaine sur un style tout autre avec Steve Von Till de Neurosis. Seul sur scène, le charismatique guitariste/chanteur démarre son set par un titre très noisy et enchaine sur un de ses plus beaux titres (Breathe), sa voix impose et emporte. Le spleen à l'état pur à certains moments. Au bout de quelques morceaux, on se lasse un peu, mais bonne prestation qui promet pour demain avec Neurosis.

On en profite donc pour passer sur la scène principale où les anglais de Angel Witch semblent ne pas trop convaincre la foule (faut dire que niveau line-up, il y a des trous!), cependant sur le dernier titre (éponyme) la salle se réveille et chante en chœur les paroles avec le groupe. Un concert où il ne fallait voir que la fin en somme...


Mono : Si Hymn to the Immortal Wind nous a laissés un peu froid sur album, la prestation live des japonais réconcilierait presque avec le groupe. Certes, on retrouve cette linéarité montée – explosion – descente propre à tous leurs albums mais la fougue déployée aura eu raison des réserves et certains finaux valent vraiment le détour ("Everlasting Night" par exemple). En écho, les passages cristallins sont magnifiés, prenant une dimension beaucoup plus intéressante et touchante que sur CD. Une des deux surprises live avec A Storm of Light.


Setlist Mono :
1. Ashes In The Snow
2. Burial At Sea
3. Pure As Snow
4. Yearning
5. Everlasting Night


Atomic Bitchwax : Passage rapide sur Atomic Bitchwax pour voir si le groupe m'accapare plus en live que sur album. Peine perdue, j'ai du mal avec le groupe que je trouve trop fade et déjà entendu 1000 fois.
Par curiosité, je jette aussi un oeil à Outskirts Of Infinity, mouais... La salle quasi vide semble aussi s'interroger sur le groupe. Allez hop direction les cultissimes Cathedral.

Cathedral : Alors certes je ne suis pas un grand amateur des années 80 mais la curiosité me pousse quand même à suivre ce live et bonne idée. Car même si ce n'est pas le genre de groupe avec lequel je me délecte il faut avouer que le groupe maîtrise son sujet et livre un très bon set.
En fond visuel, des extraits de plusieurs vieux films d'horreur / gore (type années 70, italiens, d’après le forum du Roadburn : Blind Dead (plusieurs films) et Shiver Of The Vampires) où des squelettes de Croisés arrachent le cœur de jeunes femmes, sans oublier au préalable d'ouvrir leur chemisier pour permettre à la caméra des gros plans indispensables (ou pas). Le coté kitsch à souhait et « nanardesque » colle finalement plutôt bien avec la musique du groupe. Quasi un ciné concert et un très bon moment.
Le chanteur nous rappellera plusieurs fois qu'après il y a Saint Vitus, fan? Meuh non!

Shora : Les suisses doivent avoir bonne presse et ça se sent, au vu de l’affluence qui se colle dans la petite Batcave. Tant mieux… Invités de dernière minute, Shora joueront l’intégralité de leur petit dernier, Malval, à l’étroit sur leur scène mais avec un son excellent et une envie d’être là qui fait vraiment plaisir. Les morceaux s’enchaînent sans repos, le post-rock des helvêtes garde intact son originalité et sa pêche ; l’extrait du prochain album qui est joué en clôture annonce du bon pour le prochain album, dans la même veine que son prédécesseur. Un show intimiste qui ne passe pas inaperçu alors que les gros noms défilent sur la Main Stage.

Saint Vitus : On sent l'audience venu en pèlerinage, salle bondée et des T-shirt St Vitus dans tous les coins. Les américains étaient attendus pour cette reformation spéciale Roadburn (et qui permet au groupe d'enchainer sur une tournée allemande et aussi un passage au Hellfest). Le groupe devenu culte après avoir jeté l'éponge permet à certains de ses membres de jouer devant une foule qu'ils n'ont jamais connue lors de leur existence (cf le dernier Noise Mag).
Alors que dire? Saint Vitus ça date mais ça n'a pourtant pas pris beaucoup de rides, Wino impose tout comme son acolyte Chandler (guitare) qui n'hésitera pas à sortir solo et à jouer avec les dents (si si). Ce dernier annonce aussi certains titres (dont un pour lequel il dit parler de son addiction à l'alcool, pour 5 minutes plus tard dire qu'il viendra voir le public pour se bourrer la gueule, rock'n roll!).
Bon, après on ne peut pas dire que le set était spécialement carré mais le groupe semblait très content d'être là, même ému quand Wino remercie le public et se remémore son dernier passage au Pays-Bas avec Saint Vitus.
Evidemment tout le monde attend le titre phare du groupe Born Too Late, et après avoir fait languir le public le groupe clôture sur son hymne.
Bon concert avec une très bonne « vibe » et beaucoup de plaisir semble-t-il sur scène (et partagée), presque antinomique pour l'un des pères du Doom!

Scott Kelly : Après Steve von Till, c’est au tour de l’autre frontman de Neurosis de passer l’exercice solo, dans un style relativement différent. Seul, avec une guitare électro-acoustique, Scott Kelly nous embarque pour une heure de balades folk dont les accords sont presque effacés par la voix caverneuse du chanteur. Bien qu’impressionnant son public, Scott Kelly reste assez tendu, faussement bourru et distant. C’est avec un soulagement sincère qu’il accueillera les chaleureuses acclamations du public en fin de set, partageant ses chansons écrites sur le pouce, quelques inédites et un moment presque en famille, loin des larsens qui hantent les autres salles.

Colour Haze : Ahhhhh! L'une, si ce n'est LA, des principales raisons de ma venue au Roadburn. Les trop peu actifs Colour Haze, l'une des mes plus grandes claques de ces dernières années, mix parfait (à mon goût) entre stoner façon kyuss, psyché 70's et le touché d'un Jimi Hendrix.
Alors certes c'est avec les yeux du fan transi mais : tuerie! En 1H45 (voir même un petit peu plus) le groupe nous aura amenés loin, très loin. Les trois allemands enchaînent les titres aux sonorités enfumées (et malgré l'interdiction de fumer dans la salle bon nombre de petites volutes de fumée feront leur apparition). La salle est d'ailleurs bien bondée, les yeux souvent mi-clos, ça chaloupe dans tous les sens. Le groupe privilégie ses trois derniers albums mais fera quelques incursions dans des titres plus âgés. Et quelle voix!
Le temps de deux titres le groupe se la jouera hippie (ou plutôt un peu plus que sur les autres titres) en se rassemblant au milieu de la scène pour jouer acoustique et avec une cithare : magique! Ces montées folles, ces acmés où sur un couplet on se dit « Merde c'est trop, trop bon » pour se rendre compte qu'il est suivi d'un second encore au-dessus.
Le groupe devra s'excuser de ne pouvoir faire qu'un rappel vu qu'on arrive à quasi 2H du matin (certainement la limite pour la salle). LE concert du fest pour ma part, et un des mes meilleurs tout confondus.
Avec ça on peut dormir tranquille avec dans les yeux ces images vidéos psyché sur fond de strip tease.

Samedi / Beyond The Pale

Carte blanche à Neurosis pour organiser leur festoche ce samedi, alors certes on n’avait pas besoin de confirmation sur le bon goût des américains mais Grails, Earth, OM, The Young Gods, Amen Ra, Nadja, US Christmas, Grey Daturas, … la journée s'annonce chargée!

Grails : Forts de deux albums l’an passé, plus psychés l’un que l’autre, Grails débute sa tournée européenne par le Roadburn. L’attente était grande, pour ma part, prêt à m’embrumer les esprits avec leurs sonorités  orientales. Las ! Le son est froid, conventionnel, sans souffle, loin de ce qu’on pouvait espérer. Les morceaux phares sont ou vite expédiés (« Take Refuge ») ou complètement zappés (« Silk Rd » !) et la réinterprétation de certains titres ne convainc pas. Au final, un set correct mais décevant. Ou alors, à 16h, les hippies dorment encore ?

Amen Ra : Troisième fois que je les vois les belges et après un petit passage rapide pour voir les hippies de Grails je me pose tout devant la scène. Et aïe! Dans le noir quasi complet (à part un néon au niveau de la batterie et une projection derrière le groupe) c'est parti pour une heure de rouleau compresseur, de riffs pachydermiques et d'une prière à la lourdeur. Ca balance (dans tous les sens du terme) sévère et ça suinte le mal-être. Le chanteur à son habitude dos au public, le reste du groupe se balançant d'avant en arrière : saisissant. Un court moment le chanteur se retournera pour regarder la personne s'occupant de la vidéo (qui a quelques soucis), tête de possédé, ce mec semble se tuer à chaque concert, et je n'aurais pas aimé être la personne cible de ce regard!
Puissant!

Earth : Vu quelques semaines avant, c'est tout de même avec plaisir qu'on revoit Dylan Carlson et sa bande. Toujours ce clash entre le personnage qui a tout l'air du redneck ricain et cette musique si lente, si dépressive. Certes Earth ne joue plus son drone doom qui l'a fait connaître mais un americana ralenti au maximum et répétitif. Après, il faut l'avouer, le groupe est peut être un peu trop « mou » au milieu de cette après-midi après déjà 2 jours de festival. Le fait de les avoir peu de temps avant fait perdre de son charme également.

A Storm Of Light : Earth ayant involontairement ( ?) coincidé avec le coup de barre de la journée, je décide de faire un détour par la salle où joue A Storm of Light, le groupe de Josh Graham, qui ne m’avait pas convaincu sur album. Surprise, l’accroche se fait rapidement… les titres, toujours aussi lourds, sont plus aérés, moins monotones et monolithiques qu’en studio. Grâce à la voix féminine, impressionnante dans ses meilleurs moments et totalement complémentaire avec celle de Graham? Certainement. Grâce à un son plus vivant et plus percutant en live ? Aussi, oui. Aidé de ses visuels qui rappellent le magnifique artwork de la pochette, le groupe a livré un set solide et efficace qui m’aurait presque donné envie de me repasser l’album. Presque.


Eugene S. Robinson : Le chanteur d'Oxbow (connu pour ses prestations assez, humm, démonstratives?) en solo pour un spoken words / performance? Allez, la curiosité m'amène à me coller tout devant la scène, à quelques centimètres du géant noir. Pas trop au courant de ce qu'il a pu faire ces derniers temps c'est donc en novice total et sans savoir trop à quoi m'attendre que j'accueille sa prestation. Et que dire? Etrange ça c'est sûr, bien ou pas bien? Aucune idée, mais intéressant : assurément.
Je ne suis resté que la première demi-heure, mais Robinson parle de combat (en rapport avec son livre Fight), il parle de sa jeunesse, de ses combats, et semble totalement possédé par ses propos. A tel point que je me suis quand même demandé si j'allais pas m'en prendre une ou un pied de micro, vu l'état du garçon.

The Young Gods : Honte à moi, The Young Gods figurent depuis pas mal de temps sur « les groupes cultes que je dois absolument écouter sinon c'est la honte ». Et après ce concert faut que je les place tout en haut de cette liste; à vrai dire je ne m'attendais pas à ce mélange rock / electro (faut dire que leur discographie imposante et diversifiée ne permet pas vraiment de poser une étiquette sur le groupe). On sent que le groupe a de la bouteille (dans le bon sens du terme).
Donc pour les fans je ne sais pas, mais pour moi ce fut un très bon concert, plutôt décalé dans cette affiche très lourde. Un petit moment de fraicheur bienvenue.

Six Organs Of Admittance : Ben Chasny est un mec bien. Un mec débarqué d’un peu nulle part, qui semble lui-même se demander ce qu’il fait là. Mais ce qu’il fait, il le fait bien. Même quand il joue à toute vitesse, pour terminer son set en une demi-heure, temps qu’il pensait avoir en tout et pour tout puis qu’on lui annonce qu’il lui reste encore 30 minutes, qu’il passera à improviser ou à ressortir de vieilles balades. Clairement orienté folk, un peu moins psyché qu’auparavant, le set de SOoA donne la nouvelle tendance pour ce one-man band talentueux sur scène et adorable avec son public.

OM : Grosse attente pour OM, le public s’agglutine dans la Main Stage, la présence de Al Cisneros se fait sentir, Pilgrimage va résonner dans la salle dans son intégralité, le son monstrueux de la basse mise en avant et le jeu tout en finesse de Emil Amos pour l’accompagner. Les deux compères sont rôdés, font une part belle au jam avant de terminer sur un extrait du prochain disque (sortie en septembre). Une ambiance psyché qui monte doucement et explose en fumée sur les incantations de Cisneros. Fascinant de bout en bout mais définitivement trop court pour que le trip atteigne son climax. Qu’importe, ça a fait mouche et ouvert un gros appétit pour la clôture du festival.


US Christmas : Une des belles découvertes de 2008, US Christmas c'est quoi? Bien difficile de les classer, le groupe joue un folk lent, lourd, électrifié et psychédélique. Rien que ça.
Et en live c'est surprenant, visuellement, le groupe pourrait se faire passer pour High On Fire et pourtant ici l'habit ne fera pas la musique; de plus un des membres semble totalement à contre courant, toque façon Davy Crockett, assis sur scène à s'occuper de tout ce qui est machine et fumant joint sur joint (et vu ses yeux c'était loin d'être le premier), le sourire jusqu'aux oreilles. Et musicalement le groupe arrive à ressortir ce qu'il a enregistré pour son CD (et vu le nombre d'effets et de trituration on pouvait se demander si cela allé rendre), une très bonne expérience live, qui enchainé à OM permet une grosse descente pysché.
Si ils passent prés de chez vous n'hésitez pas.

Neurosis :
Les maîtres de cérémonie étaient bien évidemment attendus, de plus aucun concert n’ayant lieu en même temps, cela assurait aux américains une salle bondée, public, groupes ou staff prêts à affronter le monstre. Prévenu depuis le matin par des affiches « Warning, Sound During Neurosis May Be Loud » (oui Neurosis ne joue que dans des endroits où ils n’ont pas de limite de son), le public, malgré la fatigue allait en découdre sévèrement.
Le groupe va puiser dans son dernier effort et dans de plus vieux disques (cf la tracklist à suivre) pour un set massif, imposant et comme l’annonçaient les affiches : fort. Steve Von Till et Scott Kelly se complétant toujours aussi bien, derrière eux des vidéos glauques et sombres, du Neurosis en somme. Pas de grande surprise au final, sauf sur ce qui aura marqué tout le monde présent ce soir là : le final.
Through Silver In Blood, LA claque ultime, puissant, violent va mettre tout le monde d’accord. Steve Von Till aux percus face au batteur, puis rejoint par Scott Kelly lui aussi aux percus. Epique, grand, rien à dire, ce titre suffit à placer ce concert dans les annales.

Setlist Neurosis :
1. A Sun That Never Sets
2. Given To The Rising
3. Distill (Watching The Swarm)
4. At The End of The Road
5. Belief
6. Stones From The Sky
7. Fear And Sickness
8. To The Wind
9. Water Is Not Enough
10. Times of Grace
11. Through Silver In Blood


Fin du fest pour ma part, de toute façon que rajouter de plus après la mandale de la clôture du set de Neurosis ?
Certes il y a Tribes Of Neurot mais il faut pour ça affronter Skullflower (ou Sonic Youth version bruitiste meets Black Metal), je préfère écrire une chronique de Kid Rock en faisant le poirier sur un clavier mou (bon ok, j’exagère peut être un peu) que de subir une heure de Skullflower.

Alors ces 3 jours ? Mémorables, un fest extrêmement bien organisé, une ambiance générale très bonne. Un pur festival de music geek (comme l’a dit le chanteur de Cathedral : « Real Music For Real Reasons »). Une programmation alléchante et de qualité. What else ? 

Metalorgie Team (Mai 2009)

Merci à Greg, Mich, Julien, Peps, Matthieu, le Roadburn et les Zébres.

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