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Earth, Fordamage le 28/03/09 - Nantes (Olympic)

Ce soir, le programme est clair Earth joue live à l’Olympic. C’est tout ce qui compte. Les locaux de Fordamage ouvrent mais pour tout dire, même si le groupe est chez Kythibong Records (31 Knots, Komandant Cobra…), une heure avant le concert je m’en foutrais presque.

Les nantais vont pourtant vite me faire mentir et me rappeler douloureusement qu’il y a quelques semaines, la release party Kythibong m’était passée de peu sous le nez pour une obscure raison d’emploi du temps surchargé. Bref, Fordamage qu’est ce que c’est ?
Réponse après une poignée de titres fous fous fous : quatre jeunes gens qui se vautrent dans un joyeux bordel Noise.
Leur entrée est pourtant plus que discrète, mais l’impact de leurs titres n’en sera que décuplé et on se retrouve vite balancés, ballotés d’un bout à l’autre de la scène par la musique changeante du groupe. En trois titres la sauce Indie/Math/Noise du quatuor a déjà complètement pris. Il n’y a pas de chanteur ? Tant pis, tout le monde n’a qu’à gueuler, plaçant ses interventions aux quatre coins de compos en forme de montagnes russes. Fordamage live c’est électrique, une véritable décharge de rock les doigts dans la prise, un truc à vous donner envie de gigoter n’importe comment. La petite troupe metalorgienne ayant fait le déplacement ne dira pas le contraire (à une exception près). Non vraiment Fordamage en première partie c’est la classe et les nantais vont nous embarquer entre énormes vrombissements de basse, larsens en cascade et poussées d’hystérie (mention spéciale aux hurlements d’Amélie) au croisement de The Jesus Lizard, At The Drive In et Fugazi. Tout ce bordel va durer jusqu’à Earth, me faisant oublier l’espace d’un instant que ce sont bien les américains qui m’ont motivé à venir. En langage technique on appelle ça se prendre une claque - avec élan. Ca réveille. Le passage au stand en fin de concert devient obligatoire. Tout ça pour me rendre compte en apercevant la pochette de leur premier disque que je connaissais déjà... et que j’avais déjà aimé. Que de temps perdu… enfin bref. La seule conclusion qui compte est bien que Fordamage c’est la coolitude (le cousin sympa de la bravitude) même.

Quand Earth arrive l’ambiance est immédiatement diamétralement radicale. Dylan Carlson et son claviériste à la dégaine de folkeu maudit des 70’s semblent échappées tout droit d’une autre époque. A peine sur scène le groupe, plein d’humilité, fait retomber l’électricité encore stagnante laissée par le passage de Fordamage. La présentation - en français - est brève. La représentation démarre… Earth nous cueille doucement à la chute de notre l’arbre noisy et nous emmène vibrer loin, très loin
Et alors, tout est lenteur et calme. La setlist se concentre principalement sur les derniers efforts du groupe. Les amateurs exclusifs du Earth ancienne époque en seront pour leurs frais, les autres vont passer un temps in(dé)fini(ment trop court) à planer au gré du développement des longues compositions du quatuor américain. « Un concert les yeux fermés ». Un concert d’abandon aussi. On s’attendrait presque à entendre un rocking-chair faire craquer le parquet au milieu de cette ambiance apaisante aux sonorités poussiéreuses et délicieusement datées…
A vrai dire, un concert de Earth ne se décrit pas, il se vit. Il se vit parce qu’assister live à l’interprétation de deux inédits encore sans nom à l’initiative d’un Carlson souriant et décontracté est un plaisir immense. Deux titres prometteurs (un pour clore le concert suivi d’un autre pour démarrer un superbe rappel) et délicieusement psychédéliques où la batterie parvient quelques brefs instants à se tailler la part du lion sur un martèlement tribal allant crescendo, où le clavier s’échappe pour aller explorer les années 70… Il se vit parce que rares sont les formations qui avec, en apparence, si peu charient autant de sensations et d’histoire de la musique américaine moderne. Earth ou la classe incarnée.

Craipo (Avril 2009)

Remerciements à Kongfuzi Booking.
Et une petite pensée pour les collègues de voyage: Bactéries, _Hugo_, älva, Aenima...

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