Cernunnos Pagan Fest 2008 20/12/2008


Troisième année consécutive pour cette assemblée organisée par les acteurs de l’ombre, au cœur de la capitale. Rendez-vous un peu spécial, accueilli par la Loco qui, tout les ans, à la même période, se voit transformer en une salle de fête médiévale où se produisent des groupes de pagan metal provenant des quatre coins de l’Europe, ainsi que diverses troupes de spectacles allant de la danse aux combats vikings en passant par le jonglage.

Mais ce festival ne se résume pas qu’à des prestations artistiques : on y retrouve aussi, les jeux barbares, des échoppes, une taverne, un restaurant médiévale…bref, tout un petit univers nous plongeant dans un autre temps. Dépaysant !

Et la magie s’opère dès les premiers pas au sein de la Loco : des échassiers déguisés en faune, la moitié de l’assemblée habillée en tenue d’époque, toutes sortes d’artistes jongleurs aussi originaux qu’habiles (mention spécial au jeune homme et sa boule de cristal volante), une véritable communauté venue dans le but de vivre un moment à part. A se croire dans un véritable jeu de rôle et à en oublier quasiment le principal de cette manifestation, la musique ! La musique qui, cette année, aura réquisitionnée les trois niveaux de la salle avec, une très petite scène à l’étage, la Main Stage au rez-de-chaussée puis la Little Stage au sous sol.

C’est aux jeunes et valeureux parisien de Valhôll, avec leur black metal épique, d’ouvrir le bal dans la petite Loco. L’étroitesse du lieu offrant une allure de taverne de hobbits à cet espace ; contexte parfait pour l’occasion!
Pendant une demi heure, le groupe nous déballe sa fureur guerrière grâce à des riffs sauvages et du blast à gogo. Une violence distillée avec des parties plus mid-tempo, plus mélodiques ainsi qu’avec de rares passages en clean plus ou moins inspirés. L’ensemble reste honnête et agréable, bien qu’ancré dans de redondants clichés, mais c’est la soirée me direz-vous…C’est avec le sourire que nos sauvageons quittent la scène face à un parterre assez rempli malgré l’heure.

Un étage au dessus, ce sont les Night Creepers qui inaugurent la Main Stage. Après une intro folk digne d’un Ensiferum, c’est parti pour une demi heure de battle metal des familles. Un pot pourri de metal extrême où se démarque un lead guitare mélodique tantôt épique, tantôt plus festif mais toujours sous fond de cavalcade guerrière. D’ailleurs, on regrette que les lignes mélodiques du lead et du clavier soient noyées sous un son trop massif.
On sent la détermination dans le regard de ces jeunes et braves va-nu-pieds qui offrent, finalement, une très bonne prestation et qui remballent face à un public de plus en plus fourni.

D’ailleurs, tout le long de cette journée, le public sera, effectivement, abondant, mais jamais surchargé. Le fest étant limitée à mille personnes, on ne remarquera quasiment pas d’embouteillage dans les étroits escaliers de la Loco, ce qui est particulièrement exceptionnel et agréable quand on sait à quel point il peut-être pénible de quitter la fosse entre deux groupes pour, par exemple, aller boire un coup. C’est donc dans une Loco respirable et clairsemée que je pars à la découverte de la taverne et du restaurant…

Aïe ! Il fallait s’y attendre, 6€ la petite assiette et 4€ le (très) petit verre d’hypocras. Enfin, on aura vu pire…au menu du jour donc : civet de bœuf aux épices avec du blé. C’était ça ou canard aux fruits avec lentilles…heureusement, les taverniers n’étaient pas trop radins sur les quantités de nourriture et le pain était « à volonté » !

Comme tout repas de roi, nous sommes accompagnés de « troubadours » pour animer notre ripaille. Il s’agissait ici d’une talentueuse harpiste (rien de plus sucré pour nos petites oreilles sensibles), suivi des Percus Du Diable, dont je n’écoute que le début car une fois le ventre plein, il est temps de se rendre à l’étage d’en dessous pour le show très attendu de Folk Stone !

C’est au tour de la troupe italienne de Folk Stone d’investir la Main Stage. Pas moins de huit musiciens sont sur scène, rappelant brièvement le grand Corvus Corax en une configuration un peu plus metal. Cornemuses, tambours, bombarde, harpe, c’est tout de même plus de la moitié du line-up qui est consacrée à la section folk, camouflant presque l’aspect heavy du combo. Chaque morceau partant en déferlantes folkloriques, dansantes et enivrantes où se dégage une aura presque « fest noz », les deux joueurs de cornemuse n’y étant sûrement pas pour rien.
Le chant est assuré en italien par un jeune korrigan à la voix claire, un peu roucoulante et quelque peu éraillée, ne débordant à aucun moment dans le saturé. Il s’agit en fait d’une formation très folk, quelque peu métallisée, plus qu’un groupe de metal aux relents folk. Le genre de truc qui fait mouche en live et auquel personne ne résiste, d’autant plus quand les zikos sont enthousiastes et se donnent autant sur scène. Une prestation impeccable, au son nickel (même la harpe se distinguait sans problème) qui aura mis tout le monde d’accord.






















































Comme pour chaque temps entre les groupes de la Main Stage, l’orga profite de la fosse pour mettre en place ses « jeux barbares » auquels tout le monde pouvait participer : bras de fer, « tu me tiens, je te tiens par la barbichette» (barbares on vous a dit !), jeu d’endurance (maintenir une lourde épée à bout de bras), tir à la corde, combats (avec armes en mousse)…bref, tout un tas de festivités comblant les gros bourrins avides de violence de la communauté (« je te tiens, tu me tiens… ») et extrêmement amusantes à regarder !



















































La journée se déroule sous un timing impeccable et il est tout juste 16h30 quand les allemands de Black Messiah débarquent sur l’intro de leur petit dernier (« Of Myths And Legends »). Musique impeccable pour une entrée en scène, qui fait monter la pression jusqu’au premier coup de médiator…mais là, c’est la désillusion totale ! Le son est cradingue au possible, trop fort, et il faut vraiment tendre l’oreille pour déceler les mélodies si envoûtantes du groupe. Sur le coup, ça fait mal au cœur quand on sait à quel point les compos de Black Messiah peuvent être prenantes.
Heureusement, le cauchemar ne perdure pas. Sur le second titre, Zagan, le chanteur de la bande, lâche sa guitare pour le violon et là, le son devient enfin potable. Pas de doute, c’est bien cette fichue troisième gratte qui transforme le set en bouillie sonore ! Pourquoi vouloir absolument intégrer la troisième six-cordes en live ? D’autant plus qu’elle se callait uniquement sur une des deux guitares déjà présentes…Peut-être pour rattraper les éventuels pains du second guitariste ayant fraîchement intégré le line-up. Mais le groupe n’a apparemment pas conscience des dégâts que cause la troisième guitare en live ! C’est l’incompréhension totale, et dès que le frontman renfile sa lanière (soit un morceau sur deux), ça repart en mur de son incompréhensible. Dommage car l’ambiance arrivait à son paroxysme, aussi bien sur scène que dans la fosse, sur les parties violons, plus jubilantes certes.
Le combo mettra en avant son dernier opus, notamment avec le moment clé de leur prestation, un dantesque « Sauflied » (drinking song par excellence et sans troisième gratte, yeah !), et proposera même un extrait du prochain album qui devrait voir le jour début 2009. Enfin vu le son, on ne peut pas dire qu’on en ait eu un bel aperçu…














































Il me reste tout juste dix minutes pour rejoindre le little stage et apprécier les deux derniers morceaux de Red Shamrock, le fameux groupe des frangins Kirder, retraités de chez Eluveitie. Toujours aussi charismatiques et heureux d’être sur scène, j’ai bien l’impression que le rôle de frontman reviendra toujours à ces deux là et notamment à Sevan, le flûtiste.
Ici, un petit projet folk semi-acoustique, sympathique comme tout et qui détend après le set ravageur (et c’est le mot !) de Black Messiah.

















A peine le temps de se poser qu’on enchaîne avec Waylander sur la Main Stage, groupe que j’attendais beaucoup également, et si j’ai été quelque peu déçu par Black Messiah, Waylander a dépassé toutes mes espérances. Le chanteur, d’une prestance incroyable, assure une prestation dynamique et vit chaque titre à fond. Il fait ressortir toute la palette d’émotions que Waylander propose dans sa musique, de la mélancolie à la rage, et d’autant plus que l’on distingue toutes les subtilités de leur compos tant le son est clair et équilibré.
C’est évidement « Honour Amongst Chaos » qui sera le plus représenté (« Walk With Honour », « As The Deities Clash »…), sans délaisser pour autant le reste de la discographie. Face à une foule conquise, qui n’aura pas vu le temps passer, les irlandais quittent la scène après un bon vieux « Born To The Fight » du tonnerre. Assurément l’un des concerts du jour avec Folk Stone et Melechesh !













































Après un rude combat viking de la troupe de spectacle Shandra et un autre jeu barbare, Obtest entame son set. Complètement convaincu par leur dernier opus, je n’ai, hélas, pas supporté plus de dix minutes leur son qui était exécrable et qui, en prime, était agrémenté de quelques larsens bien stridents…et merci au grand malin avec son drapeau à l’effigie du groupe qui cachait carrément la trombine du chanteur !



















J’en profite donc pour faire le tour des échoppes (armes, tissus, bijoux, cds…) où quelques chevelus sont en train de finir leurs achats de noël.

Le dernier spectacle de la Main Stage est assuré par la troupe Vatra qui nous offre un show tout feu tout flamme, finissant en un duel plein d’ardeurs entre un homme et une femme armés d’épées enflammées. Ils laissent derrières eux une odeur de pétrole et une chaleur parfaite pour accueillir la tête d’affiche du festival, Melechesh !

Groupe que j’attendais le plus ce soir, mais aussi l’un de mes préférés que je n’ai jamais eu l’occasion de voir en live. C’est donc un moment de vérité qui m’attend et je ne peux qu’appréhender quand on se souvient du son médiocre dont ont hérité Black Messiah et surtout, Obtest ! Les rideaux s’ouvrent alors sur nos quatre membres qui entament leur intro impériale digne d’une marche de sphinx animés, puis embrayent avec la sulfureuse « Mercury And Mercury ». Un choix d’ouverture qui pourrait être à revoir selon moi mais…hourra ! Le son est parfait !
Son impeccable, des premiers rangs remplient de fans et surtout, un groupe headliner en pleine forme ayant encore à prouver de quoi il est capable sur scène ! Je ne pouvais espérer mieux ! Et pourtant, les titres s’enchaînent et je me réjouis de voir que le groupe a su piocher là où il fallait pour une setlist de rêve. En faisant impasse sur l’absence de « Genies, Sorcerers And Mesopatamian Nights », ce sont les meilleurs morceaux de « Djinn » à « Emissaries » qui sont passés en revue.
Ashmedi (chant/guitare) est d’un charisme fou et son image colle parfaitement à sa musique. Très communicatif, il garde un esprit assez « rock’n’roll » en chauffant avec véhémence le public, entre et pendant les morceaux. Excellent showman donc, mais qui ne fait pas d’ombre pour autant aux autres zikos, beaucoup plus discrets mais très à l’aise. On notera un break improvisé hyper bien senti sur « Triangular Tattvic Fire », juste avant de refaire partir le riff principal. Jouissif !
Bonus sur « Apkallu Counsel » avec l’apparition de danseuses orientales batifolant avec des baguettes enflammées ! Amusant et en très bon accord avec les fameuses rythmiques et mélodies sumériennes du groupe.
C’est l’heure du dernier titre, et Ashmedi annonce enfin le très attendu « Rebirth Of Nemesis » qui clôture le set en grandeur et où les chœurs ancestraux sont repris puissamment par les premiers rangs. Les rideaux se ferment alors, mais contre toute attente, ils s’ouvrent une dernière fois sur nos rois babyloniens qui ont le temps pour un rappel. Ils clôtureront finalement cette grande soirée sur le grandiose « Secrets of Sumerian Sphynxology » !


















































Comme pour beaucoup ce soir, je quitte la Loco sur un petit nuage et reprend un contact difficile avec « le monde réel ». On ne peut que s’agenouiller face à l’initiative des Acteurs de l’Ombre et notamment, celle du sieur Gérald, dont l’imagination et la qualité de mise en œuvre auront permis à beaucoup de quitter la réalité quelques heures.
En tout cas, à la vue de la complète réussite de cette édition, il n’est pas trop rêveur d’espérer vivement une belle édition 2009 !

DrakeiN (Février 2009)

http://cernunnos.lesacteursdelombre.com/

Merci à Tonton pour ses jolis clichés!

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Commentaires

JillianGadberryLe Mardi 17 décembre 2013 à 10H49

Il ya certainement beaucoup de choses à savoir à propos de cette question. J'aime tous les points que vous avez faites.