Slayer, Trivium, Mastodon, Amon Amarth Zénith de Paris, 11 novembre 2008

Le 11 novembre dernier, la troisième édition du Unholy Alliance Tour faisait halte au Zénith de Paris. Cette année, Slayer venait accompagné de Amon Amarth, Mastodon et Trivium; une affiche relativement éclectique donc. Avec un billet d'entrée à 44 euros on ne souffrira pas d'agoraphobie et on comprendra les absents qui auront préféré économiser pour d'autres concerts.

Arrivé en retard, je tombe en plein milieu du set de Mastodon. Tant pis pour Amon Amarth... Tiens? depuis quand ils sont trois les Mastodon?! - On apprendra plus tard que Bill Kellhiler était hospitalisé - J'avais eu beaucoup d'échos négatifs au sujet des prestations et du son live de Mastodon. Ce soir, à condition d'avoir des bouchons d'oreille pour améliorer l'écoute et malgré l'acoustique du Zénith, on pouvait apprécier tout le côté technique des musiciens et la puissance des chansons même mutilées d'une guitare. Un public un peu tiède et une salle loin d'être comble n'auront pas freiné les ardeurs du groupe qui semble prendre plaisir à balancer ses riffs et ses rythmes imposants ainsi que d'épiques lignes de chant avec sur la fin des passages instrumentaux à la limite du progressif. Bien que seulement trois sur scène, les mecs d'Atlanta auront assuré leur partie du contrat, et n'auront pas failli à leur nom.

Quelques minutes plus tard, Trivium débarque sur scène. Les mecs ont l'air bien motivés, très souriants et sautillants, ils sont accueillis chaleureusement par le public. Les compos s'enchainent, techniques à souhait. Les guitaristes et le bassiste sont en forme, ils courent partout. Fort heureusement il y a cinq micros disposés le long de la scène, les deux guitaristes y alterneront voix claires et rauques. Le bassiste aura le droit de placer quelques backing vocals de temps en temps. Entre les soli en tapping et les breaks de batterie metalcore très bien exécutés, les trois compères sortent leurs plus belles poses metal. Le frontman a appris pour l'occasion les phrases d'usage en français pour communiquer et il gratifiera même les parisiens de "meilleur public d'Europe depuis le début de la tournée". Ça fait toujours plaisir mais on leur souhaite mieux, vu qu'il doit s'adresser aux premiers rangs de la fosse acquis à leur musique. Trivium, très pro mais loin d'être original, aura satisfait les fans et les amateurs, laissant de marbre ceux venus pour Slayer.

Encore un peu d'attente avant Slayer... La scène est cachée du public par une grande toile blanche pendant l'installation du matériel... Les lumières s'éteignent enfin... "Slayer" est projeté un peu partout sur la bâche, et on finit par apercevoir les silhouettes des thrasheurs... La bâche tombe enfin avec les premiers riffs assassins de Flesh Storm. C'est parti pour plus d'une heure et quart de headbang. Pas de surprises, ça joue très vite et très fort. Les californiens sont en place : Hanneman avec ses cuissardes, Tom Araya avec sa basse et son chant si particulier, Kerry King qui headbangue en mesure avec Lombardo, toujours véloce et implacable. Pas de pause, un War Ensemble dantesque déboule aussitôt la fin de Flesh Storm. Les vieux briscards, toujours carré, piocheront ensuite dans la plupart de leurs albums, du plus vieux au plus récent. Ils joueront également leur nouveau titre Pyschopathy Red, rapide et abrupte. Le son est presque correct, à condition, encore une fois, d'avoir des bouchons d'oreille et d'être à peu près en face de la scène pour garder un équilibre sonore entre chaque instrument - c'était flagrant pendant les solos, il suffisait d'être trop à gauche ou à droite pour n'entendre plus qu'une des deux grattes -, les descentes de toms sont grasses et la caisse claire claque mais couvrent néanmoins l'ensemble. Le rythme se ralentit avec les premières notes du mythique South of Heaven, le public est aux anges. C'est Angel of Death qui viendra après, survitaminé. Lombardo accélère outrageusement la cadence. Aucun répit non plus avec Piece by Piece, et quand Necrophobic suit directement on se demande, sans trop oser y croire, s'ils ne vont pas nous jouer l'intégralité de Reign In Blood. Plus la peine de rêver, Alter of Sacrifice et son intro à la kalash’ nous indique que c'est bien parti pour! La suite du concert sera, sans surprise, furieux et blindé de riffs incisifs, de double pédale et de breaks nocifs pour les cervicales. On se délecte de ces solos horribles qui débarquent brusquement et des paroles de mauvais goût, et on préfère oublier le chant pas toujours très frais de Tom Araya. Après un final avec le culte Raining Blood, le groupe quitte la scène, les lumières se rallument un peu brutalement. Pas de rappel donc mais personne ne leur reprochera. Avec plus de vingt ans d’expérience Slayer s’est montré exemplaire, et on ne leur en voudra pas s’ils jouent sur des acquis aussi fantastiques. On peut rentrer chez soi satisfait malgré cette impression de concert impersonnel dûe aux tournées de cette ampleur.

Phil! (Novembre 2008)

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