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Celeste, Kehlvin, Stellardrive, Brighton le 07/11/08 - Paris (Le Klub)

Le flyer promettait d’aller pécher l’univers. 3 heures pour 4 groupes. Minutes après minutes.

Brighton – petite localité d’Angleterre – est désormais référencé comme groupe emo/rock/punk from Paris. Newbies ? A d’autres. Les trois zikos viennent tout droit de Time To Burn et Radius System. Paris donc, c’est leur arène. Loin du post-hardcore massif de TTB, Brighton claque un rock léger et tubesque avec voix à emoïté variable. Quelques passages sonnent encore incertains et la justesse n'est pas toujours au rendez-vous mais ça donne indéniablement envie de revoir ça et surtout de l’écouter attentivement. Frais.

Fraîcheur éphémère car Kehlvin prend la suite au fourneau et la recette des suisses est plutôt du type braisée. Quelques mois après sa première partie de l’Homme Puma, le combo postcore refait donc vibrer le planché à Paris. Avec The Mountain Daylight Time et Holy Cancer sous les aisselles + un titre présent sur la compilation Falling Down (Knut, Pelican, Amen Ra…), le quintet y va gaiement sur son cheval de bataille malgré une légère timidité probablement lié au contexte (jamais facile de jouer à Paris…). Isis et Cult Of Luna en réminiscences, Kehlvin allume les cierges avec le souffle. On connaît, on aime. La montée "d’Albatross" est jouissive. Mais plus que ça encore, c’est surtout par ses breaks post-rock et ses cheminements mélodiques que la formation helvète fait mouche. Comment ne pas évoquer à ce titre "How To Lie With Maps", est ses envolées lyriques quasi Suis La Lunienne. Yonni s’en retrouve le cul sur scène. Contemplatif. La corde cassée au moment du solo dans l'avant dernière chanson brise un peu l’élan. Pas de quoi en tenir rigueur cependant, le set étant bien mené. On reprochera plus en revanche un certain manque de puissance dans l’exécution qui rend le contenu moins massif/brute que sur support.

Tout s’enchaîne vite. Place est faite à Stellardrive (ex Aside From A Day et Gantz) venu nous présenter son tout nouvel album Omega Point (dont la chronique arrivera prochainement). Ode à l’univers, musique d’ambiance et cordes tendues vers le ciel, Stellardrive remplit son rôle de groupe amateur de voyages musicales. Accompagné d’un logiciel vidéo, Stellardrive joue donc en images, renforçant l’aspect astronaute de son post-rock par un défilé de vidéos spatiales qui donne l’impression au spectateur d’être dans une navette. Mais contrairement aux prédisposions aériennes qu’on entrevoit sur disque, les bisontins ne font pas dans la dentelle et jouent agressivement, s’appuyant notamment sur la répétition de ses riffs de plombs ("Sagittarius A"). Bonne intention mais accueil mitigé, beaucoup de personnes n’ayant pas été transportés comme le voudrait le concept.

D’un céleste à un autre. Les lyonnais emplissent le petit espace imparti. Lumière éteinte, loupiotte rouge sur le front, on connaît le rituel. Avec ça, les Celestes y mettent désormais de la fumée. Quand on connaît l’endroit le Klub – mur avec pierres apparentes, plafond bas, ogives – on peut imaginer le résultat : ambiance de crypte. Car Celeste n’est pas un groupe classique et il le sait. Gros son, grosse noirceur, gros bruit, grosse émotion. Et ce n’est pas tout. Le quatuor aime l’obscurité mais aime également la pourfendre. Le trombinoscope balance donc des coups de poignard dans la robe de nuit et laisse apercevoir les corps disloqués des membres dans un rendu visuel époustouflant. Les premiers connaissent les paroles, les temps-morts, les montées. Le pourtour est dedans. On est pas loin de l’unisson du concert mythique de la Miroit’. La salle devant être rendue, la prestation n’est pas longue. Mais elle a la marque des sillons tracés qu’un déluge n’efface pas.

Beau récital en 4 actes ce soir qui sonne malheureusement l’épilogue de l’association Things Get Worse, qui en dépend de sa bonne volonté, de sa passion et de son bon travail a subi le même fléau qui touche la plupart des asso’ : pas assez de monde au concert. Quelque chose se meurt.

Turtle (Novembre 2008)

Merci à Stan et Marie de Things Get Worse.

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