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Amen Ra, Battlefields le 10/06/08 - Nantes (La Barakason)

Le 10 Juin dernier, programation osée à la Barakason (Rezé - Nantes) avec la réception d’Amen Ra soutenus par les américains Battlefields. Une soirée quelque peu en décalage avec la programmation habituelle de la salle qui pourtant, petit à petit, hésite de moins en moins à radicaliser ses affiches (Envy ou The Arrs par exemple). Il n’en fallait pas plus pour voir débarquer une bonne partie de l’armada métalorgienne nantaise, à la recherche d’abandon sur des musiques lourdes.
Mine de rien Amen Ra fait son chemin et peut désormais prétendre sans rougir au statut de ténor du genre Post Hardcore, fort d’un Mass III acclamé un peu partout et de prestations qui en auront ébranlé plus d’un. Le Mass IIII est à peine disponible depuis quelques jours que les voilà déjà en train d’enfoncer nos portes. Cette soirée sent le bon plan, c’est une certitude. La petite affluence (prévisible) fera que les concerts commenceront tard, l’occasion de vanner sur le chanteur d’Anal Cunt, de se remémorer la prestation des belges au Hellfest 2006 ou de déplorer d’avoir manqué leur date rennaise avec Fago.Sepia, hors de la salle en profitant de la soirée. Une soirée sans stress, en petit comité et entre fans convaincus (malheureusement pour l’orga qui aurait sûrement préféré rentabiliser) bref ça commence plutôt bien. Le temps de croiser les très sympathiques gars d’Amen Ra et le chanteur de Battlefields sur un stand de merch plutôt bien fourni, logiquement squatté par les plus dépensiers d’entre nous, que les concerts commencent enfin…

Battlefields fait son entrée. Le groupe du Minnesota, bien que peu connu par chez nous semble plutôt rôdé. Tous les cinq ne payent vraiment pas de mine (si ce n’est ce bassiste avec son imposante 6 cordes) mais vont vite surprendre leur monde en assénant plusieurs morceaux d'un Post Hardcore furieux et très lourd sur l’assemblée. On se prend vite au jeu d’un groupe qui, pour une fois, ne tente pas automatiquement d’aller titiller Cult Of Luna et autres Isis. Loin d’être des manches, les américains commencent même sérieusement à toucher juste jusqu’à ce qu’arrivent les premières plages Post. Plutôt bien intégrées par moments, celles-ci finissent malheureusement par se faire trop nombreuses et surtout trop longues. Manquant cruellement de feeling par moments, elles arrivent à casser quelque peu la dynamique des morceaux où elles s’intègrent avec une fortune diverse. Dommage, car il y avait sûrement là matière à faire quelque chose de vraiment très bon. On en restera au donc au bon, ce qui n’est déjà pas si mal mais finalement un peu frustrant… Place maintenant à la formation belge.

Amen Ra sur galette c’est lourd, incroyablement sombre, avec un son propre…bref un très gros groupe pour le genre. Amen Ra live, c’est un véritable rouleau compresseur. On avait déjà pu le constater deux ans auparavant lors de leur passage au Hellfest. Leur set en avait scotché plus d’un, les faisant assez vite passer du statut de « groupe qui monte » à « sensation de l’année » chez une bonne partie des amateurs. Deux ans et un album plus tard, inutile de dire que les belges ont pris du galon. Des néons posés sur scène, à même le sol, pour unique source de lumière et la dépression belge se met en place. Le cauchemar commence dans la pénombre… L’air est lourd, le son monstrueux et très net. Chaque frappe, chaque riff provoque un déferlement sonore magistral qui agresse et oppresse les corps alors que le hurlement du chanteur nous glace le sang. L’assistance, condamnée au headbang de masse, est comme hypnotisée, abasourdie par un tel déploiement de force. Pas un mot ne sera prononcé de tout le set si ce n’est un "merci" fugace lâché par un vocaliste qui, totalement possédé et rapidement dans un état second, passera la totalité du set le dos tourné au public. Amen Ra, comme recroquevillés sur eux-mêmes au cœur de la tourmente. La tempête du siècle sous une cloche de plomb. L’effet d'ensemble dégagé par les quatre belges sur scène est énorme, rajoutant encore à la lourdeur générale d’une prestation très vivante partagée à peu près à moitié-moitié entre Mass III et Mass IIII. L’absence du chant féminin pourtant tant attendu sur Am kreuz n’arrangera en rien cette impression. Loin de paraître comme un réel manque, ce changement ne fera que rajouter à l’aspect glauque d’un concert pas comme les autres. Lorsqu’Amen Ra se retire, nous sommes plus bas que terre, ravagés, épuisés. Le groupe d’il y a deux ans n’existe plus. Annonciateur du chaos à venir mais trop « petit », trop « gentil »… Le Amen Ra nouveau lui a brisé la nuque dès les premiers instants du concert rezéen. Libre à chacun de penser ce qu’il voudra, pour ma part le groupe, dans son créneau, est désormais quasi seul sur le toit de l’Europe.

Craipo (Septembre 2008)

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