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Tanen, Black Haven, Coliseum, Integrity, Converge le 22/07/08 - Nantes (Le Ferrailleur)

Mardi 22 Juillet: LA date Hardcore de l’été 2008 dans la citée des ducs. Un peu comme pour Ignite quelques mois plus tôt, l’attente depuis l’officialisation de la tenue de la soirée fut interminable. Et pour cause… ce soir Le Ferrailleur accueillait ni plus ni moins que Converge et Integrity accompagnés des excellents Coliseum ainsi que de Black Haven et , exceptionnellement, des Poitevins de Tanen (belle opportunité offerte de se frotter aux grands). Un plateau pour ainsi dire impressionnant lancé à travers l’Europe pour une tournée soulevant forcément beaucoup d’attentes. Mais rentrons plutôt dans le vif du sujet.

Ce sont donc les gars de Tanen dont on vous récemment dit le plus grand bien qui ont l’honneur d’ouvrir la soirée. Totalement méconnus de la plupart des spectateurs présents, le club des cinq va s’installer tranquillement sur scène avant de démarrer sans prévenir un set court mais intense devant une salle encore assez clairsemée. Encore une fois le site et le beau temps auront fait concurrence aux premiers artistes… ceci dit rares seront ceux vraiment capables de s’en plaindre tant le bout l’Ile de Nantes s’avère être plaisant dans ces conditions. Un set court et intense disais-je… car Tanen, du haut de son unique album et de sa petite renommée va se livrer sans complexes, remuant comme des dingues sur une scène où ils seront finalement presque un peu à l’étroit. Grosse assurance donc, gros son aussi. Bien que les compos ne disent rien à une partie de l’audience, ce n’est pas ce qui va empêcher le post hardcore sombre du groupe de sérieusement laminer les oreilles attentives. Une prestation touchante et prenante malgré quelques larsens venus se perdre dans le tourbillon sonore proposé. On sent chez le groupe une réelle recherche de variations et de mouvement perpétuel à l’image, par exemple,  d’une batterie surement plus remuante sur album qu’on ne le discernera en live. Joli numéro des poitevins qui réussissent à convaincre aisément de leur solidité et qui auront surement donné l’envie à certains d’aller gouter pleinement sur CD toutes les subtilités de leur musique ici entraperçues durant ces quelques titres. Tanen se retire sous les applaudissements, ce qui n’est que mérité.

Suite au ballet classique des roadies et autres techniciens sur la scène du Ferrailleur, c’est Black Haven qui prend place et débute son set. Une chanson et demie plus tard, je ferai finalement le choix de profiter du coucher de soleil en terrasse, au bord de l’eau, accompagné de notre fidèle NéothingBlack Haven n’est pas mauvais, non mais m’aura uniquement profondément ennuyé en jouant un hardcore basique et sans grand intérêt (à moins qu’une subtilité m’échappe). Si l’on ajoute à ça l’attitude du chanteur qui m’aura immédiatement fait penser à Burn The 8 Track, subis dans la même salle quelques mois plus tôt, ça commençait vraiment à faire beaucoup. En tout cas les amateurs ressortiront de la salle visiblement comblés c’est toujours ça de pris.

Place maintenant aux choses sérieuses avec l’entrée en jeu de Coliseum, le trio hardcore/punk métal en provenance de Louisville. La salle est encore en train de se (re)remplir lorsque nos trois furieux entament leur set pied au plancher. Visiblement très contents d’être là les américains vont déverser leur hardcore puissant et gras sur le ferrailleur qui commence sérieusement à bouillonner alors même que le public, très attentif, se tient encore relativement tranquille. Ryan Patterson n’aura de cesse de haranguer la fosse à se déchainer et à profiter de ce moment (il apprécie visiblement beaucoup la salle et le cadre lui aussi) entre les pavés courts mais foutrement rock’n roll que lui et ses deux compagnons (l’extravagance du bassiste en aura surement marqué plus d’un) vont nous balancer à la tête durant une prestation exécutée sans retenue. Tout cela finira par payer et Le Ferrailleur va connaître sous le règne de Coliseum ses premiers moments de folie de la soirée. Patterson sait ce qu’il fait et pourquoi il est là. Il laissera finalement derrière lui un public conquis, chaud bouillant dans l’attente des premiers héros de la soirée : Integrity.

Cette fois, le Ferrailleur ne désemplit plus entre les deux concerts, chacun se gardant bien de perdre une place avec une vue correcte sur la scène en attendant l’arrivée des légendes du Hardcore sous leur nouveau lineup. Integrity finira par arriver, visiblement d’une humeur joyeuse, voire même blagueuse, qui tranche fortement avec leur univers musical. L’ambiance va d’ailleurs très vite s’assombrir lorsque la formation va réellement commencer à se mettre en marche et nous piétiner sans scrupules le long d’un set bouffi d’hymnes Hardcore. Le concert se résumera à ¾ d’heures de folie pure : "Vocal test", "Hollow", "Incarnate 365", un "Rise" monstrueux etc… et un final sur le terrible "Micha"; Integrity se pare de ses atouts les plus acérés et se fait frondeur, tous riffs dehors, tranchant net avec l’énregie rock’n’ roll crade de Coliseum (Patterson s’invitera d’ailleurs sur scène l’espace d’un bout de titre), renvoyant une grosse partie de la scène hardcore à ses chères études. Integrity est froid, glauque, hargneux… en un mot énorme. Le pit se déchaine, soutenu par la force sombre du groupe de Cleveland et on se demanderait presque s’il va pouvoir tenir le rythme. (Mal)heureusement Integrity finira par se retirer non content d’avoir ravagé la fosse et les esprits, nous laissant seuls, les muscles tendus, dans l’attente de l’arrivée Converge. Papi fait de résistance. Hail grandpa! Il nous enterrera probablement tous.

Converge : Un concert dont on pourrait parler des pages durant. Une démonstration. De la folie pure. Non content de faire partie des très grands, Converge continue encore et toujours de marteler son hardcore chaotique, unique avec force et passion. Le fossé les séparant de la masse des suiveurs parait totalement infranchissable. Ce soir encore Converge fut loin, très loin devant le peloton des musique extrêmes et déstructurées. Chaque instant de la prestation du groupe fut une véritable avalanche d’émotions brutes livrées avec fracas. Un Bannon survolté, Koller, Newton et Ballou loin d’être en reste… c’est une véritable chape de plomb aux allures de You fail me  qui s’est abattue sur le Ferrailleur. Les coups de massue sonore pleuvent dans un chaos ahurissant (en vrac, "The broken vow", "Black cloud", "Versus", "Homewrecker", "Eagles become vultures"…), la sueur perle et la salle se transforme en colloque d’autistes, chacun partant à sa manière dans son ailleurs. "Lonewolves" vient s’intercaler comme une respiration rock’n’ roll salvatrice au milieu du chaos et fait baisser la tension. La technique de Koller est impressionnante, Banon devient fou. Nous aussi. La musique de Converge a été scellé dans la sueur et le sang, c’est désormais une évidence. Le combo livre une prestation habitée,  harassante à des lieues du concert donné au Hellfest un an plus tôt (l’unique fois où j’avais eu l’occasion de les voir jusqu’alors)… Et comme si ça ne suffisait pas, alors qu’il s’était déjà retiré, le combo de Boston revient sur scène avec ces mots « This song is called… "Jane doe" ». Tout qualificatif autre qu’ «apocalyptique » serait superflu. Enfin je saisis tout le gigantisme de ce titre. Un concert en forme d’épreuve réservé aux amateurs du genre et/ou du groupe, car il est assez évident que ce n’est probablement pas en accentuant ainsi en live la folie de leurs albums que Converge fera des adeptes parmi ses détracteurs. Tant pis car ce soir l’essentiel était bien ailleurs : la bande son de la fin du monde s’est jouée sous nos yeux. Le reste importe peu.

Craipo (Août 2008)

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