Vieilles Charrues Carhaix - 2008

Véritable institution en Bretagne depuis sa création il y a maintenant seize ans, les Vieilles Charrues attirent toujours autant de monde. Preuve en est cette année encore avec un nouveau record de 215.000 personnes malgré l'absence de tête d'affiche digne d'un festival de cette envergure. Petit tour d'horizon des trois premiers jours...

Jeudi 17 Juillet

Depuis 2006 les « Vieilles » commencent le Jeudi avec des grosses têtes d'affiche : Johnny Halliday pour le premier essai, Charles Aznavour l'an passé. La formule marche, le festival s'étend bien sur quatre jours avec plusieurs têtes : BB Brunes, Motörhead, Ben Harper, et Babyshambles. En plus il fait beau et le ciel est bleu, ce qui n'était pas arrivé depuis deux semaines dans le coin. On n'y croyait plus !

Après une queue interminable sous un soleil inhabituel j'arrive sur le site à 19h pour voir le concert attendu par tous les teenagers : BB Brunes ! Surprise, je ne me suis pas ennuyé une seconde : le son est bon, la voix en pleine muance du chanteur est bien drôle, et surtout on découvre régulièrement une chanson pillée à un autre groupe, or ça occupe. Tout y passe : The Cure, Noir Désir, Queens of the Stone Age... Enfin bref, passons...
« Les Vieilles Charrues s'ouvrent au Metal l'an prochain » avais-je entendu d'un pote l'année dernière. « Haha, ils vont faire venir Tokio Hotel ? » avais-je alors répondu. Hé ben non, c'est Motörhead qui débarque, la classe. Changement de public, changement d'ambiance. Les groupes présents aux « Charettes » défilent sur les écrans géants et provoquent différentes réactions : des « Ouaaaaaiiiiiis » pour ZZ Top et Gogol Bordello, des « Bouuuuuuuuuuuuh » pour Cristophe Maé et Yael Naim, et un mix des deux pour Ben Harper. Motörhead est ponctuel et débute avec un bon petit Dr Rock. Son fort, setlist imparable, un groupe en forme, deux (très bons) nouveaux titres extraits de Motörizer où la double pédale de Mikkey Dee est fort présente. Comme d'hab' ce dernier nous a pondu un solo excellent qui a enchanté la foule. Quel batteur ! Le classique rappel sur Ace of Spade et l'interminable Overkill vient conclure ce set. Carré, efficace, du grand Motörhead comme je m'y attendais ! A noter quand même l'absence des « motörgirls » du Hellfest, public des « Vieilles » oblige.
Petite pause par le bar avant Ben Harper & The Innocent Criminals. Ben Harper a toujours eu le don de m'endormir en disque, mais ses prestations live sont bonnes. C'est donc tout ravi que je me dirige vers la scène Glenmor (grande scène) avec ma Coreff (2,50€, arg !). Je vais me faire incendier mais je le dis quand même, je trouve Ben Harper so-po-ri-fique lorsqu'il chante. Monotone, sans pêche pour mes esgourdes, il a revanche ravi le public de Kerampuihl. Là où j'ai pas contre été enchanté c'est lors des phases instrumentales de grande qualité. Le son de la bottle neck est envoûtant et le bassiste m'a soufflé avec son groove infernal.
La star de Public mais aussi de Babyshambles, Pete Doherty, vient terminer la soirée devant un public en furie. Les « Vieilles Charges » c'est aussi ça, si on ne vient pas voir un groupe pour la musique on y va pour se marrer devant lui et son public, et aussi pour l'ambiance (c'est méchant mais tellement vrai). Le côté « brit-pop » teinté de punk gentillet ne me plait pas du tout. Bien atteint, Pete Doherty se gauffre. Mouais... Camping !

Vendredi 18 Juillet

10h. Mal au crâne. Ciel étrangement gris, du vent, du froid, retour aux sources. L'attente avec l'ouverture du site à 16h est longue ! Je rentre sur la prairie de Kerampuihl à 17h et décide de m'orienter vers la petite scène Xavier Grall. Très, mais alors vraiment très peu de monde sur cette scène, surtout comparé aux deux autres. Le groupe Dizzy Town Blues ouvre la soirée sur Xavier Grall avec une très bonne musique Blues, Rock, Funky. Les musiciens sont excellents, clavieriste, guitariste et harmoniciste en tête. Leur ballade mélancolique me rappelle les premiers Blues de Led Zeppelin empruntés à Willie Dixon. Bonne surprise !
Yael Naim, je zappe et attends Ben's Brother. Si Ben Harper m'endormait la veille, Ben's Brother m'assomme avec une massue. Le groupe ferait passer les ballades de Coldplay pour du Hard Rock ! A noter tout de même la reprise sympatoche de You Can't Always Get What You Want des Stones.
Retour sur la petite scène pour Buddy Blues. Le premier groupe en Blues sonnait bien, alors pourquoi pas le deuxième. Bon petit groupe de Hard Rock bluesy bien emmené par un chanteur entre Morrison et Zakk Wylde. Deuxième groupe sur la petite scène, deuxième bonne surprise.
Vous l'attendiez tous, voici le report live de Cristophe Maé, LA star de la journée ! Bon, alors Maé ça fait mal, point. Sur le camping ça critique, sur Kerampuilh aussi, n'empêche qu'il y a foule ! Parfaire illustration du « si on ne vient pas voir un groupe pour la musique on y va pour se marrer devant lui et son public ».
Nouveau retour sur la petite scène pour éviter Maé qui chante Could You Be Loved de Bob Marley !) et découvrir Constance Verluca. Chansons françaises aux paroles rigolotes : « Vive le chocolat, l'héroïne et la vodka ». Ce type de musique n'est pas ma came mais ça passe bien, surtout bien posé dans l'herbe.

Placement devant Glenmor pendant Daniel Darc pour les barbus de ZZ Top, l'autre groupe que je tenais à voir absolument. Les texans sont très bons. Une forme éclatante, leur maitrise de leur instrument est juste insolente. Gimme All Your Lovin' et La Grange bien sûr, mais aussi Foxy Lady de Hendrix et Jailhouse Rock d'Elvis Presley. Bien que nourri à ZZ Top pendant mon enfance je ne connais malheureusement pas les titres, disons simplement que l'album Tres Hombres fut à l'honneur.
Fin de soirée avec Gogol Bordello, entre musique gitane à la Goran Bregovic et Punk. Les New-Yorkais ont fait trembler le sol des « Vieilles Charges ». Bien efficace à cette heure là !

Samedi 19 Juillet

Lecture du programme de la journée : « Yelle ? » « Bof », « IO'n ? » « Connais pas », « Camille ? » « Bof », « The Wankin' Noodles ? » « Connais pas », « Duffy ? » « Bof », « Etienne Daho ? » « Bof », « The Go ! Team ? » « Connais pas », « Gad Elmaleh ? » « Quoi aux Vieilles ? Apéro plutôt non ? », « Zebramix ? » « Ouais, ça peut le faire ». Voilà donc, 23h, premier concert aux Charrues. Pas trop porté sur l'électro j'aime bien DJ Zebra, ses mix avec les tubes Rock sont bien foutus. Ce soir il est accompagné de Oxmo Puccino des Négresses Vertes et de DJ Moule. Début du concert la Marche de l'Empereur tirée de Star Wars. Bof. Après ça empire avec des massacres innommables des Doors (Alabama Song), Noir Désir (Homme Pressé), d'ACDC, Blur, The Raconteurs (je crois).. Tout simplement honteux. Imaginez ces chansons cultes masscrées par un chant Rap bas de gamme. Même avec la dose d'alcool que j'avais ingurgitée ça ne passait pas, direction le bar puis Glenmor pour les brestois de Matmatah, reformés pour un dernier concert.

Matmatah j'aime. Mes potes me chambrent là dessus mais je m'en fous, j'aime. J'ai adoré leur concert Place Liberté à Brest il y a trois ans et j'attendais donc avec impatience ce concert. Hélas, hélas, hélas... Un mauvais set, des chansons méconnaissables, une prestation brouillon dans l'ensemble, l'absence de classique comme La Ouache ou l'Apologie. Pour un concert d'adieu c'est bien dommage ! Les confettis c'est joli, mais on voulait un vrai concert. Déçu, j'ai forcément j'ai discuté de leur prestation avec des gens sur le site, puis sur le camping après. Pas un, même des fans, n'a apprécié le concert. Même constat en lisant le Ouest-France du Lundi matin ; sur sept propos recueillis, cinq citent Matmatah comme leur plus grosse déception du festival.

Resté pour la déjantée Gossip, je n'ai malheureusement pas vu, ni entendu grand chose. Le peu qui a filtré sonnait bien. Belle voix rappelant les grandes dames de la Soul, attitude bien Rock. J'ai un peu de regret de n'avoir pas pu suivre plus (la dernière pause au Champignon Rouge – le bar – a été bénéfique niveau rencontres). Fin du festival pour moi, du moins des concerts car la nuit fut longue.

Malgré une programmation moyenne – mais éclectique – les Vieilles Charrues ont attiré beaucoup de monde. L'organisation bien rodée est imperturbable d'année en année, contribuant a assuré la pérennité du plus gros festoche musical de France. Certes l'ambiance est excellente, mais au niveau des concerts c'est de pire en pire malgré d'excellentes pointures et une bonne petite scène découverte.

Bran (Juillet 2008)



Photos sur le site du festival et de Hervé Le Gall.

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