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Envy + Comadre 27/06/08 - Lyon (l'Epicerie Moderne)

L'ouragan Comadre et la nébuleuse Envy réunis sur le même plateau c'était presque inespéré, quand en plus on sait que ce big bang a lieu dans une magnifique salle (l'Epicerie Moderne à Feyzin, à quelques minutes de Lyon) et que le prix d'entrée est plus qu'honnête, déplacement obligatoire. Pourtant une nouvelle fois cela n'a pas semblé être l'avis de tous le monde, le public n'ayant comblé qu'un gros tiers de l'espace disponible. Mais comme dit le proverbe, les absents ont toujours tort et c'est dans ce genre de soirée que ces quelques mots prennent tout leur sens...

On parle souvent de décharge électrique pour décrire la musique d'un groupe ou ses prestations, mais ici l'ampleur du phénomène fût bien plus grande. L'apocalypse s'est abattue pendant 45 minutes sur Feyzin, l'atmosphère s'est chargée d'électrons prêts à exploser, le vent s'est mis à souffler, soulevant la poussière et faisant fuir les plus craintifs, puis la foudre est tombée, créant un mélange de chaos et de beauté hypnotisant.

Au cœur du cyclone, Comadre. Jouant à même le sol, entourés du public, les américains ont rappelé à qui l'avaient oublié que la musique est avant tout un partage. Appelant presque à chaque chanson le public à se rapprocher, remerciant sourire aux lèvres l'organisation pour les avoir laissé jouer parterre et les gens d'être venus, le groupe à tout donné le long des 12 ou 13 morceaux qui ont composé cette prestation inoubliable.
Jouant le meilleur de Burn Your Bones bien sûr (7 des 11 morceaux de celui-ci y seront passés), mais également des morceaux plus anciens (dont l'énorme « The Trials! ») ainsi que deux titres issus du split avec les allemands de Trainwreck, le groupe a marqué les esprits d'une trace indélébile, la signature de cinq jeunes vivant pour la musique et pour la scène. Rockeurs, emos, métalleux, punks, coreux, aucun n'a réchappé à cette déflagration tant l'énergie déployée fût grande. Dégoulinant de sueur et de sincérité, Comadre a hurlé ses trippes et offert une partie de son âme au public gravitant autour de lui, atteignant des sommets de cohésion et d'émotion sur les passages a capela, les cinq membres du groupe unissant leurs voix, les yeux fermés, la rage au ventre.
Passé la dernière détonation, la tempête se calme, on regarde autour de soit afin de constater les dégâts, ils sont minimes. Certains sont sonnés, d'autres réalisent à peine qu'ils viennent de vivre un moment rare, une expérience intense qui risque de rendre bien des prestations fades et sans saveur...

Difficile de se dire qu'on a seulement atteint la moitié de la soirée, que tous les souvenirs déjà accumulés ne proviennent que de la “première partie?, et plus encore, que les grands Envy s'apprêtent à clôturer cette soirée déjà unique.

Changement de décor et d'ambiance, les japonais ont eux choisis d'investir la scène de l'Epicerie Moderne, évidemment plus adaptée à leur prestation. La scène est grande, le public a de la place et en profite pour se placer au mieux afin de d'apprécier comme il se doit le set de Tetsuya et sa bande. Alors que Comadre focalisait l'attention et l'énergie en un seul point extrêmement lumineux, Envy étend son aura sur plusieurs mêtres, renforçant son hypnotisme grâce à un jeu de lumière simple mais envoutant (les ombres des musiciens reflétées sur les murs, les couleurs changeantes au gré des mélodies) et à une fumée omniprésente qui augmentera l'impression de voyager à 100 mètres au dessus du sol. Dés les premières notes la magie opère, le public est absorbé par la pureté du son des japonais et l'entrain brut du premier set et remplacée par l'admiration.
Pourtant cette magie, à l'image de la fumée ambiante s'est peu à peu dissipée, la faute à un début de set très axé sur les dernières productions du combo (voir les chroniques d'Insomniac Doze et d'Abyssal) et à un choix des morceaux pas forcément des plus judicieux, beaucoup empruntant les aux autres des instrumentations et envolées proches. Impression mitigée donc, d'un coté la beauté de la musique, du son et de l'interprétation d'Envy (les cinq étant eux-mêmes totalement immergé dans leur set), d'un autre ce sentiment que ce concert aurait pu être tout autre..
Difficile d'en vouloir au groupe, leur évolution musicale paraissant naturelle, avançant en parallèle avec leur évolution en tant qu'humain, la fougue de la jeunesse ayant laissé sa place à la sérénité de l'âge adulte. Après une deuxième moitié de set plus intense, plus variée, les japonais quittent la scène sous les applaudissements nourris de la part d'un auditoire calme mais envouté. Le groupe ne mettra pas longtemps à revenir, sourire aux lèvres, remerciant timidement (l'humilité dégagée par Tetsuya est vraiment touchante) le public avant de repartir pour de bon deux ou trois morceaux plus tard. Dernier passage au stand de merchandising ou tout Comadre est présent pour discuter avec qui le veut, salutations générales et (difficile) retour à la réalité, des concerts comme ceux-ci on en voudrait tous les week-ends.

Une magnifique soirée parfaitement organisée (on notera le système de co-voiturage organisé pour le retour, une très bonne idée), une salle plus qu'agréable, un set véritablement ultime de Comadre et une prestation classe mais bridée (humour quand tu nous tiens) de la part des grands Envy.

Le mHu (Juillet 2008)

Merci à Amelie (Epicerie Moderne), Caillou et Assatur pour la tournée des disquaires lyonnais ainsi qu'au valeureux conducteur (et son copilote Farfadeath) de la karaoké-mobile (Tragedie, Franky Vincent, Kyo, etc.).

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