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Ministry le 24/06/08 - Toulouse (Havana Café)

A peu près quinze ans que je l'avais pas vu mais on s'est reconnu tout de suite. La quarantaine bien sonné, un peu bedonnant, mis à part çà il n'avait guère changé. Toujours de conversation agréable, on se remémmorait avec délice la période des années 90 et on se félicitait finalement de n'avoir pas perdu notre intérêt pour les musiques extrêmes quand d'autres avaient disparu corps et biens. On se rappelait le Ministry du Mind Is a Terrible Thing to Taste, du Land of Rape & Honey, lorsqu'il faisait figure d'innovateur, de propulseur, toujours en avant des autres et, même si l'on est pas dupe, on espérait tout de même retrouver une certaine magie au moment où le groupe tirait sa révérence par une énorme tournée d'adieu.
Mais les apparences sont trompeuses. Et ce n'est pas en nous rejouant la scène du je-joue-derrière-un-grillage-parce-que-je-déclenche-l-hostilité qu'on allait être convaincus. Dans une chaleur étouffante et un son pas des plus dignes, notamment celui de la batterie dont les vibrations démesurées m'obligeront à resserrer ma ceinture à chaque fin de morceau, Ministry ouvre sa prestation par une vidéo de Revolting Cocks censée chauffer la salle. De fait les premiers morceaux extraits de The Last Sucker sont très bien accueillis, le contraire eut été étonnant. Mais assez rapidement Ministry atteint une vitesse de croisière loin d'être supersonique, pépère même, Jourgensen immobile derrière son guidon en os, Tommy Victor toujours aussi inintéressant guitare en main, tentant de franchir la barrière pour se rapprocher le plus du public - un peu con ce grillage, non ? L'enchaînement des morceaux s'effectue tranquillou, la période The Last Sucker achevée, voici celle de House of the Molé qui survient sur un rythme plus élevé. Mais on s'ennuie toujours ferme jusqu'à ce que l'évènement de la soirée, un jet de gaz lacrymogène à l'origine indéterminée - soit provenant des vigiles chargé de faire la loi dans le pit, soit d'un gars du public, l'enquête s'il y en a une le déterminera - ne conduise à l'arrêt pur et simple du show. Le temps de tourner le tête, Jourgensen et sa bande filent dans les loges. Dès lors on patiente sans trop se faire d'illusion sur la suite des opérations mais le groupe, ayant apparemment son idée sur la question, revient tout en nous prévenant que si-çà-continue-comme-çà-on-s'en-va. Curieux tout de même de la part d'une formation dont j'aurais pensé le caractère plus affirmé, rompue à ce genre de désagrément sur les scènes US. L'intensité remonte sur des morceaux de Rio Grande Blood, quelques fans parviennent à s'accrocher aux grillages et un finira par le faire tomber. Ministry quitte la scène peu après. On s'attend à un rappel mais à la surprise générale les lumières se rallument laissant place à l'incompréhension, puis à la colère du public. Accueilli en star, Ministry quitte définitivement la scène sous les insultes et les jets de boissons diverses. Fin du dernier acte.
A la sortie, je n'ai pas réussi à revoir mon collègue. La chaleur étouffante, la relative déception de voir s'éteindre un monstre de notre jeunesse sous nos yeux, ne m'ont pas incitées à pousser plus avant mes recherches. Ministry is a terrible thing to taste, mais cette fois-ci le goût est amer.

Fragone (Juin 2008)

Remerciements à Florian.

Le bonjour à Francis (il se reconnaîtra).

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