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Hellfest 2008: Samedi Clisson - Hellfest le 21/06/08

Benighted : Réveil tranquille pour la journée la moins chargée en concerts en ce qui me concerne. Benighted est donc au programme du petit déjeuner pour un concert tout simplement ultra porc et jouissif. Le grand passage au mixeur. Son énorme, patate folle:  un concert sauvage, brutal dans la bonne humeur qui permettra de mettre en évidence (si ce n’était pas déjà le cas) le formidable talent des français pour les titres à la dynamique irrésistible. Pas un temps mort pour un concert forcément trop court, clos dans une ambiance de feu par un groupe hyper communicant et content d'etre là. Grosse démonstration qui me réconcilie même totalement avec leur dernier album : banco. Peu feront aussi bien.


Disfear : Finesse toujours avec Disfear. Cette année le Hellfest c’est un peu le Lindberg fest : à l’affiche avec At The Gates, ce dernier en profite pour ramener ses potos scandi-crust de Disfear. Résultat : deux concerts en deux jours avec deux groupes différents et donc deux fois plus de hurlement. Ce concert aura sans doute été le plus abrasif de tout le week end (avec Rotten Sound et Benighted), un des plus intenses aussi. Les suédois vont déclencher le grand incendie sous le chapiteau de la Discover Stage. Très proches d’un public visiblement en grande partie en pleine découverte du groupe (voir du genre ?), les scandinaves, très enthousiastes, vont se donner sans compter, faisant sauter les têtes une par une à grands coups de tapoum tapoum et d’énergie rock primaire. Lindberg finira le set exténué, et le groupe quittera la scène sous une ovation pour ainsi dire assez monumentale. Disfear a plus que convaincu et définitivement montré que son frontman était décidément un grand monsieur des musiques extrêmes (« ha bon?! C’était le mec d’At The Gates?!! Putain c’est terrible ! » entendra-t-on ici et là après le concert). Sans blague? Gros.

Satyricon : Groupe qui m’a fait m’intéresser au black metal il y a deux ans de ça lors de son dernier passage au Hellfest, Satyricon est une des légendes vivantes du genre. Bien que désormais beaucoup plus rock n’ roll que raw black dans l’esprit, la qualité des compositions des norvégiens reste indéniable. Programmés en plein milieu d’après midi, en plein cagnard (pas très nordique tout ça…), on ne peut pas dire qu’ils auront bénéficié des conditions idéales pour faire monter la sauce mais pourtant, bien emmenés par le duo Satyr / Frost, nos métalleux noirs vont une fois encore faire parler leur talent et rameuter un public venu de tous les horizons autour d’une chiée de classiques (Fuel for hatredK.I.N.G….) avant de clôturer sur un indispensable et terrible Mother North : LE titre de Satyricon. La Second Stage va perdre 15° de température six minutes durant et ce malgré un son un petit peu brouillon, le public régit au quart de tour et reprend en cœur tous les passages marquant de l’hymne que constitue le morceau. So metal… Une prestation un peu en dessous de celle qui l’avait précédée deux ans plutôt mais qui sera restée fort agréable et assez marquante. Satyricon, même en la jouant un peu facile, reste un groupe remarquable. La force des grands, assurément.


Today Is The Day: Je n’aurais entendu de ce concert que l’incroyable folie malsaine qu’il semblait dégager depuis l’extérieur de la discover stage. Les personnes y ayant assisté me le confirmeront : c’était fou. Je m’étais pour ma part laissé piéger par l’extrem market et ses stands ultra fournis. Le stand MusicFearSatan m’a ruiné, j’ai manqué Today Is The Day. Question de choix… car le problème avec le Hellfest restera toujours qu’il est humainement impossible de faire absolument tout ce que l’on veut tant l’offre est large. La vie est vraiment cruelle n’est ce pas ?


Anathema : Grosse accalmie sur le site du festival avec la respiration atmosphérique de la fin d’après midi du samedi. Un enchainement de choix sur les deux scènes principales avec Anathema donc, immédiatement suivi de Porcupine Tree. La suite logique du concert de Katatonia de la veille en quelque sorte. Nettement mieux en place, bien qu’exposé au même dilemme que les suédois, Anathema va faire parler l’expérience. Bien plus dégagé de ses influences métal, le combo britannique va sortir une prestation rock énergique illuminée de quelques uns de ses tous meilleurs titres. Malheureusement le groupe sera victime de quelques soucis de son lors de l’arrivée de Lee Douglas et de sa voix si délicate sur la très poignante A natural disaster. Ca ne pouvait pas tomber plus mal et le titre s’en verra quelque peu gâché… mais quiconque aura de toute façon pu constater au cours du concert de ce qu’était la musique d’Anathema. Belle et terriblement émotionnelle.


Porcupine Tree: Place aux progueux de l’édition 2008 ! Porcupine Tree ne paie pas de mine mais est désormais un des ténors de la scène progressive et atteint tranquillement les vingt ans d’activité. Adeptes d’un rock progressif parfois assez métallisé, privilégiant les ambiances et l’émotionnel à la démonstration, les britanniques vont envoyer l’assistance dans un autre monde tout au long d’une prestation très aérienne que clôturera l’épique (17 minutes) Anesthetize, tiré de leur dernier album en date. Un concert à part… Véritable parenthèse pendant ce Hellfest, les quelques dizaines de minutes passées en compagnie de ces anglais à peine sortis de leur bulle, donnant l’impression de débarquer d’on ne sait où, furent tout simplement un des meilleurs moments du festival.

Candlemass: Concert très plaisant, rempli de riffs accrocheurs pour un groupe et un style (le Doom trad) que je connaissais que par le petit bout de la lorgnette (Candlemass, sorti en 2005, et quelques classiques du genre). A approfondir, encore une fois.


Apocalyptica: Une des déceptions du festival pour ma part. Leur discographie allant decrescendo en terme de qualité, le live devrait rester, en théorie, l’occasion de faire taire cette impression. Or il n’en est rien. Ne bénéficiant pas comme il y a deux ans (prestation mémorable) de la pénombre pour pouvoir soutenir ses compositions à l’aide des lights, le groupe partait avec un relatif handicap dont ils n’arriveront, à mes yeux, jamais à se défaire. Le concert ne décollera jamais totalement et les gesticulations scéniques habituelles des violoncellistes venus du froid ne font pas mouche. Bref un concert assez terne qui souffrait peut être tout simplement de la comparaison avec  le duo britannique les ayant précédé un peu plus tôt…


Punish Yourself: De retour sur le site du festival après une grosse coupure camping/ravitaillement/apéro/discussions en tout genre des plus classiques, arrive enfin le moment que j’attendais depuis ma première participation au Fury Fest : Punish Yourself dans un festival essentiellement métal. Les indus-tarés de Toulouse ne pouvaient pas ne pas remporter les suffrages du public d’un festival comme le Hellfest, et encore moins en « ouvrant » pour Ministry, les légendes du genre, de passage à Clisson pour leur tournée d’adieux. Pari tenu. S’il n’y avait qu’un seul mot pour decrire ce concert ce serait “n’importe quoi‿. De l’attitude décadente du groupe, à la fosse archi blindée et secouée par des mouvements de foule en début de show (le « vide » se faisant petit à petit – les plus vaillants resteront et profiteront alors d’un espace idéal pour lors de la dernière partie du concert), rien n’était normal. Effets pyrotechniques à la scie sauteuse, lap dance et demi strip tease (fluo) de Klodia et j’en passe sur fond de (Let’s build) a station in space, Gay boys in bondage ou Suck my t.v. (indémodables) jusqu’au final le plus bordélique que jamais puisque Vincent se ratera dans une tentative de… (à vrai dire je ne sais plus vraiment dans le feu de l’action, ce n’était pas très clair) et finira la dernière chanson du concert en gueulant toujours autant, plié en deux, allongé sur scène et quasiment invisible de tous. On apprendra le lendemain qu’il s’était pété cinq cotes. Ces mecs ont vraiment un grain (pour notre plus grand bonheur).


Ministry: A peine l’harassant concert de Punish achevé qu’il faut se frayer un chemin au milieu de la foule immense déjà en place pour assister à un des tous derniers shows de Ministry. Pour ma part je connais extrêmement mal le groupe mais sais l’influence énorme qu’ils ont eu sur tout un pan de la musique moderne. Impossible de manquer cette occasion donc. C’est complètement lobotomisé par le concert précédent que je vais assister au démarrage en trombe (Let’s go) du concert du révérend et de ses acolytes, parqués derrière leurs grilles fétiches (que Punish n’avaient pas sorties, eux). Le son est monstrueux(sement fort), un écran géant diffuse en rythme un flot d’images de propagande anti Bush épileptiques en arrière plan alors que la musique surtraffiquée et bourrée d’effets des américains nous burine les tympans comme il se doit au cours d’un concert coup de poing. De quoi vous relancer à peu près n’importe qui pour des heures. La tâche s’annonce ardue pour Cavalera Conspiracy, parachutés tête d’affiche, et qui clôtureront cette soirée de samedi.


Cavalera Conspiracy: Verdict sans appel : je me suis fait chier comme un rat mort. Trois titres de souffrance avant de me décider à rentrer définitivement au camping. Les gimmicks de guitares utilisés sont usés jusqu’à  la corde (désolé), Igor Cavalera fait office de boite à rythme, Max ne tient plus un growl que lorsqu’il introduit ses chansons et les solos de Rizzo sont à peu près tous placés n’importe comment, tout aussi bien exécutés soient-ils. Alors certes (et comme d’habitude), Max est allé piller le répertoire de Sepultura (faut il rappeler qu’on entendait extrêmement bien depuis le camping ?), ce qui sauvera toujours un peu les choses, mais là encore plus qu’ailleurs on remarquera l’essoufflement rapide de ses capacités vocales… Bref, ce concert est le résultat final d’un projet accouché à la va vite par un interne débutant, dispensable sur CD et franchement pénible en live. Un coup pour rien.

Craipo (Janvier 2009)

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