Boris, Growing le 22/05/08 - Nantes (l'Olympic)

Le 22 Mai dernier Boris donnait rendez vous aux nantais pour une soirée rock’n roll placée sous le signe de la lourdeur. Une fois encore, et malheureusement, l’Olympic allait peiner à se remplir tant et si bien que le concert prendra un retard conséquent. Growing attendra donc sagement le moment d’ouvrir pour les japonais pendant que le public arrivait petit à petit.

Le concert finira par démarrer et les américains feront rapidement trembler les murs de la salle du haut de son drone ambient. Totalement muet et concentré sur ses pédales d’effet, le duo guitare/basse met alors en place une musique aisément qualifiable de trifouillée à l’extrême et d’une accessibilité loin d’être évidente qui laissera quelques personnes à quai. Pour les autres, une fois passé outre les contours bruitistes et hermétiques de leur univers sonore, c’est une drôle de croisière qui commencera et s’effectuera l’essentiel du temps les yeux fermés. Tantôt d’une profondeur abyssale, tantôt plus aérien, le son de Growing fait indéniablement penser à un océan tumultueux. Les estomacs (et oreilles) les plus fragiles ne seront donc pas épargnés par les énormes vagues sonores et apnées prolongées en profondeur proposées par le duo. Lorsque les lumières se rallument c’est une salle déjà plus remplie et quelque peu abasourdie qui reprend vie et recommence progressivement à tourner autour du merch fourni de la tête d’affiche de la soirée. Jolie performance de la part de Growing.

Boris fait son apparition après un interlude assez court et surtout une introduction placée sous le signe du métal noir, tous grésillements et shrieks dehors. Première entorse à la norme pour les japonais qui s’installent alors sobrement au milieu de la fumée… à l’exception du batteur, complètement fou dès la première seconde du concert qui s’annonce vite très, très rock’n roll.
Les amplis chauffent et le quatuor délivre une prestation électrique et foutrement énergique qui ne laisse personne indifférent. Aussi la salle commence-t-elle à s’animer sous les attaques de manche et frappes de musiciens qui compensent leur relatif mutisme par une énergie de tous les instants. Ca va à mille à l’heure, les amplis vrombissent de plaisir (nous aussi) et crachent un son ultra brut de décoffrage. N’ayant que faire du concept de transition ou de l’unité de son set, Boris se permettra un écart vers des contrées plus Pop et n’hésitera pas d’avantage au moment de lâcher deux ou trois parpaings d’infrabasses sur l’Olympic lors de morceaux ralentis à l’extrême, coincés entre psychédélisme halluciné et Drone hypnotique. Audacieux, génial et, contre toute logique, d’une tenue remarquable. Un vrai exercice d’équilibriste exécuté au culot et à l’enthousiasme. Bref, du Boris, du vrai, et du bon. La bactérie ne dira surement pas le contraire… Malgré un volume constamment bloqué aux limites de la légalité on en demanderait bien toujours plus (enfin pas tout le monde, la foule diminuant quelque peu au long du concert) mais avec une prestation d’une telle intensité livrée comme devant une salle comble, on comprend aisément que les japonais doivent finir par se retirer un jour. Chose qui finira par arriver au bout d’un set d’une durée plus que correcte. Lorsqu’on le réalise, il est malheureusement déjà temps de sortir forts d’une certitude nouvelle : Boris is Rock’n Roll (baby)!

Craipo (Juillet 2008)

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