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Off Minor le 11/06/08 - Paris (Le Klub)

Off Minor (ex Saetia) au Klub : Lumière vacillante, amplis prêts à rugir et belle soirée en perspective, précisément quand les ouvreurs sont des voltigeurs. En place donc.

Son premier ep, The Vulture’s Riot, dans l’escarcelle, Plebeian Grandstand a le loisir de chauffer les premières secondes de la soirée de son rockin’hardcore sauvage au possible.
Malgré une population commençant tout juste à arriver, les Toulousains font tanguer le sous-sol sans ménagement. Botch au bout des doigts et la rage au cœur, PG s’appuie sur la prestation colérique de son frontman Adrien, qu’on sent galvanisé au contact du public et par un jeu de batterie violentiste qui martyrise littéralement les cymbales et décoche des uppercuts au foie de la grosse caisse. Il en résulte une bonne paire d’entames mathrock bien valsantes, et quelques passages bien jouissifs ("My Jinx", le break rock’in de "Doomed To Failure"), le tout, servi sans retenu, avec T-shirt arraché, saut sur les amplis et chant rude dans la plus pure tradition coreuse.

Vengeance au relais, et passage du témoin des plus rapides. Les parisiens ont du soutien dans la salle et en profite pour installer le désordre qui leurs sied. Côté influences, un peu de In/Humanity pour le côté speed et le phrasé hurlé/haché, et un peu de Genghis Tron pour la structure déstructurée. Pour le reste, double chant, filet de clavier, morceaux courts, Vengeance n’a pas pour vocation à évoquer les projets parallèles ou anciens de ses membres (ex Jordan, ex Altess) et balance ce que bon lui chante. C’est gentiment chaotique, un brin expérimental et pas encore tout à fait en place (mais le sera-ce plus à l’avenir ? Car on imagine que le groupe continuera à explorer ce côté légèrement brouillon). A suivre.

La salle se remplit légèrement, même si pas autant qu’on serait en droit de l’espérer.
Brume Retina s’installe. L’énergie est là, le set a changé, les 3 voix - qui vont de l’aiguë/criée à la plus grave/growlée – sont bien mises en valeur, les variations rythmiques et stylistiques savamment orchestrées ("Dernière égérie", "Regular Mind"), au point de rendre certainement une des plus belles copies de ses dernières sorties dans la capitale. Derrière les fûts et pour paragrapher le tout, Tom, à son habitude, époustouflant, use de sa formation jazz pour faire une démonstration de dextérité, avec la seule force des poignets et dans une exécution foudroyante. On notera également le très bon rendu des morceaux tirés du dernier split fait avec Hiro ("Avale/Recrache"), le jeu tout en violence de Vince et la bonne fougue des deux guitaristes. Vraiment un groupe qui mériterait plus d’attention.

Et en clôture, le clou du spectacle, Off Minor. Entre deux demandes de score du dernier match de l’Euro pour nous montrer qu’il suit la compétition, Jamie Behar se met en place doucement, scrutant la salle avec ses faux airs de rongeur. Début du set fasty, emoviolency, lançant les guitares au plafond et faisant claquer les semelles au sol. Le public encercle le trio dès les premières notes, conférant au moment, la délicieuse ambiance des concerts hardcore sans scène et sans barrière. Off Minor est là, avec sa patte, reconnaissable entre mille, dans ce jonglage d’arpèges raffinés et de tapes sèches sur les caisses. La formation new yorkaise enchaîne les titres de son répertoire, soignant sa spécificité par ses ponts ou ses interludes jazzy, qui offre toujours cet atypique contraste avec la furie du reste. Le "innominate… anatomical" résonne en arrière fond avec les back vocals du batteur en soutien de Jamie sur la très attendue "Cadaveric", et le frontman fait apprécier son chant poussiéreux, clôturant certains morceaux par un cri étouffé au bon goût de cendre. Un morceau de rappel pour bien faire les choses, ce qui est appréciable, au contraire de quelques approximations à la basse de Kevin Roche, d'un son pas au top et d’une certaine froideur/isolement du groupe par rapport à l’assemblée, difficilement exprimable mais pourtant quelque peu perceptible. A leur décharge, un public lui même assez peu communicatif et en nombre trop faible. Mais l'essentiel était là, d'avoir pu voir un concert rappelant avec fracas que la musique est et doit rester une oeuvre de passionnés.

Turtle (Juin 2008)

Merci à Things Get Worse et à leurs efforts pour proposer des concerts de qualité.

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