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Dub Trio, Scorn le 08/04/08 - Nantes (Olympic)

Ce soir c’est soirée Dub (enfin, presque) à l’Olympic. La sympathique salle nantaise accueille Scorn et Dub Trio, l’occasion idéale de retourner voir les amis du sieur Patton (Faith No More, Tomahawk, Peeping Tom, Lovage, Mr Bungle et mille autres projets) qui m’avaient laissé une très bonne impression lors de leur précédent passage - passé assez inaperçu - dans la région il y a environ un an de cela. Arrivée 20h15 pour un concert censé débuter un quart d’heure plus tard. J’ai la surprise de constater que la salle est totalement vide à deux ou trois personnes près. Le barman me confirmera que les préventes s’élèvent à une quarantaine pour une soirée qui risque donc d’être… très tranquille. Inutile d’être un fin mathématicien pour vite deviner qu’il a probablement raison lorsque l’on sait que la salle peut accueillir 600 à 800 personnes à la base…
Dub Trio semble décidément ne pas avoir de chance en ce qui concerne ses dates par chez nous. Passage en début de semaine ou renommée tout simplement encore insuffisamment établie dans le grand ouest ? A vrai dire je n’en ai aucune idée et il va de toute façon falloir faire avec. Parlons plutôt de la musique.

C’est donc Scorn qui assure la première partie du  trio. Pour être franc, je n’en avais jamais entendu parler avant cette soirée, mais passons. Un petit homme chauve arrive sur scène, sans faire de bruit, alors que les quelques dizaines de spectateurs sont encore tout à leur bières et autres discussions. Scorn (qui s’avère en fait être Mick Harris, un des fondateurs de Napalm Death (!?!)), c’est donc lui. Sans même prononcer un mot – il n’a de toute façon pas de micro - il va s’installer derrière ses samplers et tables et le concert va commencer avant même que nous nous en soyons rendu compte. Pourtant sa présence ce soir va assez vite apparaître comme évidente. Scorn nous délivre dès les premières minutes de son set une sorte de « Dub » urbain, pachydermique, industriel et oppressant aux basses tout simplement monstrueuses. Pas une parole, pas un geste envers le public durant toute la durée d’une prestation monolithique véritablement éprouvante. Lourde, torturée et entraînante malgré cela, la musique ne décolle jamais vraiment entretenant un sentiment entre la frustration et le malaise. Une expérience passionnante mais exigeante que ma méconnaissance totale de l’artiste m’empêchera malheureusement d’apprécier pleinement de bout en bout. Une tout petit « Yeah ! » et un timide signe de ralliement métal de la main et puis s’en va. Le petit homme chauve range déjà ses affaires alors que le public, bien plus nombreux qu’à mon arrivée (peut être le double de ce que l’on m’avait annoncé), enthousiaste, se réveille pour un rappel qui ne viendra pas pour des raisons aisément compréhensibles étant donné le format de la musique jouée.

Le temps de (re)passer au bar que c’est déjà à Dub Trio d’investir la scène. Le concert commence par  une longue séquence noisy bourrée de larsens et de samples alors que la scène reste, elle, totalement vide. Le groupe arrive et, aussi loquace que leur prédécesseur, empoigne ses instruments, profitant de la fin de l’introduction pour procéder à quelques dernières vérifications et réglages… avant de décoller pied au plancher! Le public se veut déjà bien moins léthargique  et lobotomisé que pendant le set de Scorn et commence sérieusement à bouger en rythme. Tous les regards sont tournés vers la scène depuis laquelle le trio va nous inonder de ses compositions bruitistes et changeantes. Un membre retiendra plus particulièrement l’attention de l’assemblée : Joe Tomino, batteur tentaculaire et remuant. Au centre de l’édifice sonore Dub Trio, sa dextérité n’a d’égal que son énergie. Gérant à la fois batterie et samples, la complexité de son jeu prend toute son ampleur en live. Même prévenu, la performance reste toujours aussi impressionnante…
Bien que le groupe soit en tournée promotionnelle de son dernier effort Another Sound Is Dying, il proposera ce soir une setlist équilibrée en dépit de son coté virevoltant du à la musique pratiquée en faisant aussi la part belle aux morceaux marquants de l’album de la révélation pour beaucoup : New Heavy (mis à part Not Alone), prouvant par là même que l’on peut être pro et cohérent à la fois. Dub Trio nous fait passer un agréable moment, sautant d’un style musical à l’autre au cours d’une prestation où connaître les albums pourrait finalement presque s’avérer totalement inutile, et reviendra bien sur pour un rappel chaudement réclamé par un public enthousiaste avant de définitivement le saluer  et de se retirer.

Une bonne soirée donc même si paradoxalement j’avais préféré mon premier concert de Dub Trio alors que le groupe avait du se débrouiller avec un bassiste n’ayant rapidement plus eu que trois cordes à disposition. Un concert d’équilibriste qui avait d’autant plus mis en évidence la qualité des musiciens et leur capacité à assurer le spectacle. Ce léger moins sera malgré tout contrebalancé par la découverte de Scorn, projet étrange mais s’avérant tout à fait intéressant. Drole de soirée Dub tout de même hein ?...

Craipo (Avril 2008)

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