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Einna, L'Homme Puma, Time To Burn et Celeste à la Péniche Alternat le 22/02/08 - Paris (La Péniche Alternat)

Affiche de taille et de poids en cette entame de fin de semaine, au cœur de cette Péniche alternat’, toujours soucieuse d’honorer son nom en organisant des soirées de qualité, hors de sentiers de la commercialisation et de la musique travestie. Einna, L’Homme Puma, Time To Burn et Celeste. Tout simplement immanquable.

Jeune d’existence et d’âge, mais avec déjà pas mal de suite dans les idées, Einna a soigné sa première date dans la capitale en sortant les banderilles et ce, sans aucune sommation. Quintet dans sa disposition, uni dans le jeu, Einna a fait apprécier son post-hardcore pincé d’emo-violence qui fout des tartines en arrière-fond et propulse un chant taillé pour martyriser les enceintes. En dépit de quelques ratés, ou de quelques brèves mises en place poussives, les toulousains sont parvenus à confirmer les belles dispositions entrevues sur support, jouant furieusement ses partitions, dans un style à la Isaïah, agrémenté de coups de pilons emprunté à la scène metalcore. A ce titre, le pont de l’avant dernier titre, conclu par une explosion musicale/piétinade à la double pédale aura été le moment le plus intense du set, ce qui aura marqué les esprits… indubitablement.

L’Homme Puma se voit confier la suite. Fort d’un (du ?) des meilleurs albums du genre en 2007, désigné comme groupe phare avec potentiel pour ouvrir une nouvelle voie, on attendait les parisiens la bave aux lèvres. Un premier morceau commence, avec les samples, marques de fabrique du groupe. Présent ni sur le split avec Sugartown, ni sur le Ep, on pense alors à un nouveau. Moins inspiré que les titres du Self Titled, on joue la patience, pour que le reste arrive. Mais rien de ce qu’on pouvait souhaiter ou espérer (légitimement) entendre n’arriva. L’Homme Puma ne joue plus aucun morceau connu, ce qui est assez fâcheux, pour des personnes étant venues entendre ce qu’un cd a mis sur pied il y a de cela, 6 mois à peine.
Exit les paroles pleines de grâce et de poésie, exit la rage de la voix contrebalançant les accalmies sonores : L’HP a perdu sa voix (voie ?) ; l’Homme Puma ne rugit plus. A notre plus grand désarroi, la déception se poursuit sur le fond même des nouvelles compositions. Des samples beaucoup moins inspirés, des parties longuets, dénuées de l’extrême originalité qui faisait la force du combo. A présent, l’HP nous sert un post rock/postcore déjà bien trop usité, multipliant les ressemblances avec Microfilm, Pélican voire Envy (deux passages étaient tout simplement du quasi plagiat des japonais). Casque sur la tête, le batteur, en dépit d’un jeu de qualité, semble jouer pour lui seul, enfermé derrière ses écouteurs, détaché des 2 autres membres, tant et si bien que le trio apparaît au fond ne même plus constituer de véritable entité. Le fauve est mort et nous le pleurons ardemment.

Time To Burn ne se fait pas prier pour prendre la succession. Is.Land dans toutes les têtes, le public massé au premier rang attend la pluie de météorite pour plier le cou.
Massif et impitoyable, Time To Burn joue pour briser les planches qui lui servent de mini-scène avec à terme, l’espoir de couler la péniche. Regroupé derrière un hurlement du groupe tout entier, les parisiens ont fait parler leur envie d’incendie. Avec une explosivité physique maîtrisée, mais une vraiment puissance de feu sous le moteur, TTB a une nouvelle fois fait preuve de sa capacité à rallumer les volcans, et la foule en a pris pour son grade : jambes écartées, près à recevoir l’assaut en interne, les lèvres entrouvertes, frémissant de plaisir. On déplora, au rang des petites remarques négatives, un son décevant et une voix trop sous mixée, qui ôta sans doute une bonne partie du pouvoir abrasif de la formation francilienne.

Celeste de retour après son concert anthologique (les superlatifs nous manquent) de la Miroiterie en fin d’année 2007, quelques anciens frileux-sceptiques semblent s’être décidés à venir respirer le souffre du quintet. Fidèles à sa nouvelle habitude, Celeste fait éteindre les spots. La seule source de lumière qui doit émaner, c’est le groupe. Simplement munis de loupiottes rouges sur le front (accompagné normalement d’un stroboscope, malheureusement, non présent) Celeste s’élance donc avec son Nihiliste(s) en support. Une nouvelle fois, la barrière scène/publique s’affranchit, Johan échoue dans la fosse, le micro assassin en relais de sa voix incandescente, écrasé au sol ou contre le plafond. Monolithique, agressif et punisseur, le dernier opus du groupe prend une autre dimension sur scène, divulguant une atmosphère encore plus noire et calcinée. "Au feu le savoir", "Va vendre ton dédain", "On pendra les femmes et les enfants en premier", tout s’enchaîne, éventre la nuit, éclate des têtes au sol avec sa double pédale, anéantit les espérances sous son vomi de riffs hypnotiques. Terriblement terrible.
Quelques déceptions au niveau du public toutefois, certains de ses membres ne comprenant toujours pas, manifestement, qu’un pogo n’est pas un concours visant à démontrer sa (supposée) virilité. A la Miroiterie, la fosse, le groupe, l’espace faisait corps, dans un même mouvement ondulatoire, sauvage et apocalyptique.

La Péniche Alternat et Things Get Worse nous auront gratifié d’un moment fort, permettant d’apprécier en un soir, les prestations de 4 groupes que beaucoup de pays peuvent nous envier. La scène française se porte bien.

Turtle (Mars 2008)

Merci à la Péniche Alternat', Things Get Worse et aux groupes

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