High On Fire, Pelican, Plebeian Grandstand, End le 29/11/07 - Toulouse (Vents du Sud)

Difficile en ce moment de suivre la cadence des organisations toulousaines. Après Enemy Alliance mardi, The Black Zombie Procession hier, c'est High On Fire et Pelican qui clôturent aux Vents du Sud cette semaine très chargée. Pas le temps de prendre le pouls de la salle, Plebeian Grandstand entre dans l'arène sans complexe et nous met de suite dans le bain de son screamo abrasif et tonique. En constante progression depuis leurs débuts il y a un peu plus d'un an, les tarno-toulousains, sûrs de leur force, offrent un set précis et puissant, qui augure du meilleur quant au premier ep The Vulture Riot qui devrait voir le jour incessamment sous peu. La transition avec End., autres locaux de l'étape, est plus ardue. Bien qu'à l'aise dans leur power metal sérieux et appliqué, le rendu un peu trop linéaire de leur musique et leur posture un peu trop surfaite ne recueille que quelques applaudissements courtois.
Rien de similaire pour High On Fire. A entendre les applaudissements nourris à leur entrée, on devine que Pelican aura hérité de la mauvaise place. A voir Matt Pike déjà torse poil avant d'entamer le premier morceau, il est clair que les californiens ne sont pas là pour faire de la figuration. Axé autour de Blessed Black Wings et Death is This Communion, le trio d'Oakland nous sert un set véritablement destructeur et ce dès le premier morceau "Furywhip" qui place d'emblée la barre très haut. La suite sera du même acabit. Fougueux et passionné, Matt Pike impose sa prestance derrière son micro, antithèse de Jeff Matz qui, bien qu'un brin en retrait n'en est pas moins actif pour autant et offrant avec Des Kensel un support rythmique aussi efficace qu'un char Patton. Aux antipodes des posers, High On Fire la joue authentique dans son "real metal" résolument désuet mais tellement bon au final. Sans concession sur le Motörheadien "Rumors of War", barbare sur le belliqueux "Death is This Communion", le trio ne ménage pas ses efforts, décalaminant "Speedwolf", nous acculant dans nos derniers retranchements sur "Devilution" qui conclue en trombe un set vraiment marquant.
Pas facile dans ces conditions pour Pelican de prendre la relève d'autant plus que les premières notes de "March into the Sea" chassent un bon wagon de personnes ayant estimé avoir eu leur lot d'émotions fortes pour la soirée. Tant pis pour eux. Le quatuor s'approprie l'espace et se lance dans une démonstration aérée mais solide, la part belle étant faite dans la setlist à des morceaux assez puissants. Loin du caractère pompeux qui pouvait parfois surgir au détour de leurs dernières productions, Pelican s'appuie sur des bases brutes, extrêmement soniques, sur lesquelles s'entrecroisent les mélodies de Trevor de Brauw et Laurent Lebec. Progressivement, les esprits se détendent, les corps se lachent et le quatuor nous entraîne avec délectation dans le moindre recoin de son domaine, un univers sans paroles où l'émotion est reine et dont la découverte se passe allègrement de commentaires. 

Fragone (Décembre 2007)

Remerciements à Guillaume (Lacrymal Records).

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