Gogol Bordello 15/11/07 - Paris (Trabendo)

Voir Gogol Bordello en concert, c'est toujours un peu un événement en soi, le groupe est désormais en plein buzz, Sold Out partout où il joue, plus de 200 concerts cette année encore, des apparitions au Live Earth! avec plus de 2 milliards de personnes devant le petit écran pour mater Madonna et GB, ouvant pour Primus, sur la tournée d'hiver du mythe, faisant l'intégralité des festivals d'été en Europe, bref, ça fait un bout de temps qu'on vous en parle, Gogol Bordello est maintenant en roue libre, personne ne peut plus les arrêter! C'est avec une joie certaine et non-dissimulée qu'on se rencarde au Trabendo blindé, malgré les grèves, malgré Vanessa Paradis au Zénith pour son troisième jour consécutif, et bien Eugène Hutz et sa bande nous en a fait voir de toutes les couleurs .

C'est La Phaze qui ouvre sur la tournée européenne de Gogol Bordello (plus d'un mois pour 16 pays différents, et on se dit déjà que les américains ont quand même bon goût), balançant son énergique punk drum & Bass ("El Sol L'eclipse", "Rude Boy", etc.). Entre punk revival année 80 influencé par la Mano Negra et son dub lourd, la mise en jambe est particulèrement bien trouvée. Les frenchies nous proposent une bonne paire de nouveaux titres à paraître début 2008 sur leur nouvelle production. La salle se rempli petit à petit, les grèves et embouteillages aidant, et l'"Assaut Final" de la Phaze est tout en puissance. Le trio poursuit son chemin musicale zig zaguant dans ce qu'il inventa, le Pungle (mixe entre...Punk et Jungle). 

Entre les deux groupes, DJ scratchy passe des disques, remixe du vieux son jamaïcain et pousse le plafond plus haut, en rythme.

Sans tarder, Gogol Bordello enchaîne, ayant pris rendez-vous à France Culture pour une session acoustique après le concert, (photo là  et ce que ça pourrait donner ...). Tout le monde semble maintenant en possession de son Super Taranta. Toujours en mode Gypsy Punk, accordéon, violon et guitare acoustique aux devant, Gogol Bordello renouvelle son show (ils étaient passé il y a pile un an, pour le Antidote Tour), même si le violoniste Serguey a toujours le même marcel de Slayer de 1983. A chaque musique, on se dit, mais biensûr, un tube encore. Tout le monde est assis sur la basse, le batteur balance un jeu simple, efficace et métronomique, alors que Eugène fait le show et donne beaucoup de profondeur à ses paroles. Entamant leur concert avec "Ultimate", jouant "Forces of Victory", "American Wedding", "Harem of Tuscany" ou "Super Taranta" avec leur deux danseuses de luxe, le public ne tarde pas à s'enflammer, pour finir par envahir la totalité de la scène. Une sorte d'image qu'on ne peut que se réjouir de (re)voir, tant la sécurité et le formatage empêchent tout débordement de ce type. Eugène parvient à se hisser au-dessus de la foule dansante, skankant, et on a soudain l'impression que tout le monde retrouve ses racines à travers une musique mixant des styles divers, influences américaine, gitane, napolitaine, klezmer... "Wonderlust King" respire cet esprit du voyage trans-musical, alors que "Zina-Marina", un brin répétitive, aborde la question de l'esclavagisme "blanc". On sent un groupe qui maitrise son élément, qui sait d'où il vient, et même si ces poncifs sont connus de tous, la notoriété ne doit pas leur faire perdre de vue cette notion de groupe nomade qui arpente les scènes du monde avec son message positif et responsable. Le coeur et la tête. Pourvu que ça dure.

Yul (Novembre 2007)

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