Paléo Festival de Nyon, Suisse Du 24 au 29 juillet 2007 - Nyon (Suisse)

Cet été, Metalorgie est présent sur tous les festivals ! c'est donc en Suisse que nous nous sommes rendus la semaine du 24 au 29 juillet pour le Paléo Festival de Nyon.
Petite présentation du festival à ceux qui ne le connaissent pas : situé près de Genève, le Paléo Festival De Nyon est un des plus anciens et un des plus gros festivals d'Europe : créé en 1977, il accueille plus de 200 000 personnes par édition (soit 4 000 000 de festivaliers depuis la création du festival). Bénéficiant du concours de 3700 bénévoles (!!!), il s'agit également d'un des festivals les mieux organisés. Les troupes de théâtre et d'arts de rue y sont aussi représentés grâce à un espace scénique appelé La Crique. Rien n'est laissé au hasard, à tel point que l'on a parfois l'impression d'être plus dans une foire que dans un festival de musiques… L'accueil des journalistes et des festivaliers en général est en tout cas parfait.
Review de ce Paléo 2007 en neuf chapitres.

 

Chapitre 1 : un premier invité humide...
Le premier grand invité de cette 32ième édition a été la boue, suite aux trombes d'eau tombées le mardi, jour d'ouverture du festival. Cela a forcé les organisateurs à revoir l'accès au festival (interdiction de stationner sur certains champs impraticables, priorité donnée au transport en commun) mais ils n'ont rien pu faire pour le site du festival où la boue s'est logiquement invitée. Certes pas autant qu'au Hellfest mais suffisamment pour prendre un petit bain de pied. Heureusement, au fur et à mesure que la semaine avancera, la météo deviendra de plus en plus clémente.

 

Chapitre 2 : une extra-terrestre se pose sur la Suisse...
Grande prestation offerte par Bjork. C'est d'ailleurs assez troublant de voir le contraste entre cette petite fille timide et réservée au possible dans le quotidien et cette femme terriblement à l'aise sur scène. Habillée d'une tunique/robe rouge, maquillée mystiquement, pieds nus, elle arpente la scène, cours d'un bout à l'autre, sautille, danse, gambade... On notera la présence de certaines des plus grandes chansons de l'Islandaise telles que Hunter, Pagan Poetry, Joga, Army Of Me ou encore Hyperballad. Des morceaux qu'elle se permet le luxe de réarranger en rajoutant des passages techno/electro particulièrement dansants. Une grande Artiste. Avec un A majuscule.
Setlist de Bjork :
Earth Intruders - Hunter - Pagan Poetry - Immature - Jóga - The Pleasure Is All Mine - Unravel - Army Of Me - Innocence - I MIss You - Anchor Song - Bachelorette - Five Years - Wanderlust - Hyperballad - Pluto / Oceania -Declare Independence

 

Chapitre 3 : des clins d'oeil à la scène extrême suisse...

Kruger : c'est devant une assistance captivée que Kruger balancera son sludge à la fois enragé et hypnotique, jouant à fond sur les poussées d'adrénaline et le développement de morceaux en crescendo. Le chanteur, lui aussi captivé, passera la moitié du concert (notamment sur les montées en puissance instrumentales) en haut de la structure métallique supportant la scène.

Cataract : metalcore très hardcore dans l'âme, très efficace et qui permettra au public de se lancer dans une petite démonstration de danses hardcore. Dommage que le groupe ne bouge pas plus sur scène car le style musical pratiqué (surtout les breaks et les mosh parts), s'y prêtent idéalement.

Notons également les prestations des punk à roulettes de MyBand et Downless, plutôt sympathiques mais pas franchement retournantes.

Il est tout de même regrettable que ces groupes suisses soient placés sur la scène FMR hors du site du festival (à proximité du camping) et en plein pendant les grosses têtes d'affiche, ce qui réduit évidemment leur chance de capter des publics différents et nouveaux.

 

Chapitre 4 : quelques déceptions...
En effet, petite déception pour le concert d'Arctic Monkeys. D'une part, le groupe ne semble encore pas taillé pour tenir la grande scène d'un énorme festival comme le Paléo et parait terriblement pas à l'aise. Et d'autre part, le quatuor semble stagner et n'a pas vraiment progressé depuis son premier disque qui les a fait exploser.

De même, Clap Your Hands Say Yeah délivrera un concert un peu fade, un indie-rock monotone sans beaucoup de relief même si quelques morceaux émergent du set (Tidal Wave). On attendait plus de ce bon groupe sur disque.

 

Chapitre 5 : du stand up dans un festival de musique ?!?...
Deux types de stand up : du stand up musical avec Grand Corps Malade et du stand Up comique avec Gad Elmaleh.
Grand Corps Malade : grosse surprise. Le slam de Fabien passe parfaitement l'exercice du live et parvient à capter son auditoire de manière continue. Pour les non initiés, le slam c'est de la poésie moderne vocale sur laquelle Grand Corps Malade a rajouté des petits arrangements musicaux. Ses textes sont terriblement bien écrits, parfois drôles, parfois amers mais toujours touchants. Ajouté à cela l'énorme ovation que recevra Grand Corps Malade du public suisse (de longues minutes d'applaudissements à la fin du set, des olas, …) et vous comprendrez la charge émotionnelle de ce concert (il faut parfois de se retenir de ne pas verser une petite larme). Beaucoup de textes sont extraits de son premier disque (Le Jour Se Lève, Saint-Denis, Je Dors Sur Mes Deux Oreilles, Ca Peut Chémar, Chercheur De Phases, Les Voyages En Train) et d'autres sont fraîchement écrits (un texte sur les chambres de célibataires [drôle et véridique], un sur l'amour, etc.). Peu importe les détracteurs qui pensent que ce n'est pas de la musique, Grand Corps Malade apporte quelque chose de neuf et de frais: longue vie à lui et aux musiciens qui l'accompagnent.

Gad Elmaleh : après Jamel Debouzze en 2004, le Paléo réitère l'expérience du one man show en festival. Et cette fois c'est à Gad Elmaleh que revient cet honneur. Visiblement très impressionné de se retrouver devant 30 000 personnes, celui-ci aura un peu de mal à reprendre la main après les dix minutes d'applaudissement qui ont suivi son entrée sur scène. Mélange d'anciens et de nouveaux sketchs, Gad et le public présent ce jour là vivront un moment unique.

 

Chapitre 6 : le rock pluri-générationnel ...
...avec l'ancienne génération (Robert Plant), le nouveau mastodonte (Muse) et la relève (Arcade Fire).
Robert Plant : en tant qu'ancien chanteur du grand Led Zeppelin, Robert Plant est une icône. Mais sa carrière solo n'est pas mal du tout. Accompagné de son excellent groupe, les Strange Sensation, il délivrera un très bon concert, démontrant une fois encore toute sa classe. Si les morceaux issus de la période Zeppelin sont forcément les plus applaudis (Black Dog, Baby I'm Gonna Leave You, Whole Lotta Love), le reste ne dépareille pas et montre toute l'étendu de son aura, passant de passages arabisant et des vibes presque electro.

Muse : un show grandiloquent avec de gigantesques (l'adjectif n'est pas exagéré) panneaux diffusant pêle-mêle des effets lumineux, des images du groupe en train de jouer, des paroles de chanson (notamment le "No one is going to take me alive - The time has come to make things right -  You and i must fight for our lives - You and i must fight to survive" de Knights Of  Cydonia). Le groupe enchaîne les tubes comme Bud Spencer enchaîne les paires de baffes dans ses films : Knights Of Cynodia, Starlight, Time Is Running Out, New Born, Stockolm Syndrome, etc. Bien évidemment, celui qui attire tous les regards c'est Mathew Bellamy, le guitariste chanteur : il passe du piano à la guitare, saute, joue dans la guitare dans son dos ou couché sur le sol, ... C'est quand même assez déroutant de voir le chemin parcouru par Muse en relativement peu de temps.
Setlist de Muse :
Knights Of Cydonia - Map Of The Problematique - Hysteria - Supermassive Black Hole - Butterflies & Hurricanes - Feeling Good - Invincible - Starlight - Man Of Mystery - Time Is Running Out - New Born - Plug In Baby - Stockholm Syndrome- Take A Bow

Arcade Fire : concert assez proche de celui des Eurockéennes dans la qualité de l'interprétation (absolument irréprochable) et dans la setlist. Les Canadiens rajoutent néanmoins d'une reprise de Poupée De Cire Poupée De Son. Le concert se conclura sur Wake Up en guise de rappel accompagné de l'ensemble de cordes et de cuivres de Bjork que l'on a malheureusement pas assez entendu.
Setlist Arcade Fire :
Black Mirror - No Cars Go - Haiti - Poupée De Cire, Poupée De Son - Neighborhood # 2 (Laika) - Antichrist Television Blues - Intervention - Ocean Of Noise - Neighborhood # 1 (Tunnels) - Neighborhood # 3 (Power Out) - Rebellion (Lies) - Keep The Car Running / Wake Up

 
Chapitre 7 : les ovnis...
Air proposera encore un concert très féerique. Le duo, ainsi que les musiciens les soutenant,  semblent dans une bulle, dans un cocon et sa musique nous ouvre les portes de cette bulle. La fin du show sera consacrée à Moon Safari, le premier et meilleur album de la discographie du groupe.

Les Young Gods : presque 20 années que les Suisses parcourent les scènes européennes pour propager leur indus metal. Sur un format batterie, chant et synthé (pas de guitare, pas de basse, tout est joué au synthé), les Young Gods ont toujours fait figure d'ovni dans le paysage musical international. La prestation du Paléo 2007 sera comme toujours ultra malsaine et trippante. Et puis balancer un morceau de la trempe de Kissing The Sun en début de set est une manière idéale de mettre tout le monde d'accord.

 

Chapitre 8 : quelques grandes gueules...
Pink : la mégastar planétaire Pink assurait la tête d'affiche du jeudi. Et là où je m'attendais à un gros show ultra visuel (american style), la belle livre un set plutôt classique, un peu comme on va à l'usine. Fort de ses collaborations avec Tim Armstrong de Rancid et Travis Barker de Blink182, Pink envoie quelques bons morceaux rock comme Just Like A Pill et surtout U And Ur Hand au milieu de trucs plus ... discutables. On notera également les reprises de What's Going On des Four Non Blondes et du Janie's Got Gun d'Aerosmith (je pense qu'on était à peu près 12 à avoir reconnu ce titre).

JoeyStarr : placé tard dans la grille de programmation (début de concert à 1H45) JoeyStarr et son crew (composés de zikos d'Enhancer et de DJ's de BOSS) ont pourtant réussi à réveiller l'assemblée grâce à un concert plein d'énergie. Assez proche de celui des Eurockéennes, il rajoute néanmoins des titres d'NTM pas joués à Belfort (Laisse Pas Traîner Ton Fils, Tout N'Est Pas Si Facile).


Chapitre 9 : les petits à-cotés...
Quoi dire d'autres ? Pas grand chose.. des bricoles : Naast qui se prend des fourchettes en plastique, Laurent Voulzy qui rallonge son Rockollection en ajoutant du Deep Purple, du Kinks, du Blondie ou encore du Police, Arno qui joue au mec bourré sous le Chapiteau (joue t-il?...), Sanseverino qui finira habillé en pute de luxe puis cul nu sur la grande scène, etc.
Ce qui frappe par ailleurs, c'est à quel point le son est faible. Il m'est même arrivé d'être dérangé par des gens (relous au possible) discutant à coté de moi ! Il faut dire que la réglementation suisse sur les niveaux sonores est assez stricte. Dommage, un poil plus de patate aurait fait du bien sur les concerts les plus rock.
Quoi qu'il en soit, l'organisation est en tout point sans faille : plan pluie activé immédiatement, bouffe excellente et très variée, temps d'attente extrêmement limité aux toilettes, un réseau de transport en commun ultra développé, des points d'information partout, etc. Petit point de détail cependant : je suis assez sceptique sur la tradition qui veut qu'une personne monte sur scène avant chaque concert pour faire un petit speech introductif sur le groupe à venir. On se croirait beaucoup plus sur un plateau télé (genre samedi soir avec Michel Drucker) qu'à un concert de rock...


Epilogue :
Bjork en état de grâce et un festival plein de bons moments qui laissera son lot de belles images dans nos mémoires... et rien que pour ça, on reviendra !


 

Damien Pontus (Septembre 2007)

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