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Oxbow, Isis Le 04/06/2007 - Montpellier (Rockstore)

C'est non sans une forte appréhension que j'attendais de pouvoir apprécier Isis défendre leur dernier album sur les planches. L'ambitieux (?) In The Absence of Truth est en effet loin de faire l'unanimité et je me trouve à vrai dire dans la catégorie des déçus au même titre que la petite délégation metalorgienne qui s'était déplacée pour l'occasion : déçu par une production lisse, déçu par une intensité délaissée pour une souplesse malvenue et encore déçu par des compositions impénétrables qui ont peine à marquer les esprits. Quant à Oxbow, complètement acquis à leur cause sur disque, je n'avais qu'une envie, encaisser leur rock bruitiste et cinglé possédé par les vocaux d'Eugène, frontman imposant, sans aucun complexe et sérieusement atteint des neurones.

Actif depuis plus de 15 ans, les San Franciscains de Oxbow prennent d'assaut la scène du Rockstore devant un public à demi attentif mais déjà intrigué par l'entrée fulgurante d'Eugène en costard cravate, les orbites écarquillés et la sueur déjà dégoulinante. Au fil des compositions terriblement rock'n roll mais également fortement marquées par une noise décadente, Eugène déverse toute l'étendue de son talent de vocaliste entre chuchotement et cris puissant, porteurs de folie autant que de rage. Comme à son habitude, le charismatique frontman ôte un à un ses vêtements pour rapidement se retrouver en slip devant un public sidéré, amusé et touché par un des groupes les plus atypiques de la scène noise rock. Les guitares progressent par saccade dans la douleur, la batterie tribale et versatile alterne entre fluidité et séries de frappes déconnectées. Oxbow apparaît comme un animal imprévisible, difforme et sans pareil, puissant et surprenant qui finira sa course le torse bombé après une bonne demi-heure de cabrioles. Difficile d'accès pour les amateurs de musique aux angles bien rabotés, Oxbow n'en reste pas moins une formation bourrée de talent.

La bande d'Aaron turner ne se fait pas attendre et installe rapidement tous les outils nécessaires à l'élévation de leur mur sonore : trois guitares, une basse, un sampler / synthétiseur, un amoncèlement de futs et de cymbales puis un magnifique petit clavier KORG des familles toute dernière mode. Autant le dire tout de suite, "1000 Shards", ouverture du set et premier morceau de In The Absence of Truth a immédiatement mis les choses à plat quant à la forme des gaziers. Il va s'en dire que sur scène les morceaux prennent toute leur ampleur et toute leur mesure, chose que le mixage a largement bridé sur leur dernier disque. Les passages aériens longuement développés hypnotisent tandis que les montées en puissance, intensifiées par la voix abrasive à souhait d'un Aaron Turner en pleine forme, obligent le public conquis à courber l'échine. Pendant plus d'une heure, Isis démontre que leur sujet est maitrisé de bout en bout. Le quintet revient même sur les longues et massives compositions de leurs premiers efforts lors d'un rappel dantesque de plus d'une demi-heure poussant la durée du set à presque 2h.

Ce sont les oreilles rougies que l'ont ressort de la houle titanesque et renversante produite par Isis, ce qui me rend encore davantage perplexe quant à In The Absence of Truth mais qui laisse espérer encore bien de belles choses pour l'avenir.

Senti (Juin 2007)

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