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Coco Modesto Festival Part. 1 le 28/03/07 - Paris (Batofar)

Pour cette première soirée de l’édition 2007 du Coco Modesto (édition 2005), c’est une affiche entre Expérimental et Post-Rock qui nous attend au Batofar.


Sans attendre, Breezing Days Band paraît clairement appartenir à la première catégorie. Posés à même la fosse, un semblant de batterie et deux guitares avec de petits amplis composent toute la logistique. Quant à l’aspect musical, les premiers instants confirmeront  ce que sera le show, de l’expérimental par excellence. L’ensemble semble totalement décousu, les guitares sortent des suites de notes sans construction évidente, que la batterie ne suit pas vraiment, difficile dans ces conditions d’être captivé. Cependant l’intérêt se dégage de ces trois membres vivant leur musique avec une réelle intensité.  En effet, impossible de rester de marbre face au visage et aux mimiques du batteur, tapant sur ses fûts si frénétiquement qu’il en projette tout son attirail aux quatre coins de la scène ; ou encore à l’écoute de ce duo de voix à capella, sans micro, qui vient s’inviter au milieu de ce qui pourrait être qualifié d’expérience. Cette prestation durera une petite demi-heure, et laissera une bonne partie de l’auditoire assez circonspect.


Le groupe suivant prend place sans s’attarder, et s’annonce pour le coup plus classique. Il s’agit d’Ostinato, originaire de Washington Dc. Formé de quatre membres : batterie, guitare, basse et violon, parfois accompagné d’un doux chant, cette formation Post-Rock débute son set par de calmes et mélodiques parties instrumentales. Si ce style de musique souffre systématiquement de la comparaison avec Mogwai, Ostinato s’éloigne pourtant du combo écossais de part la simplicité de son line-up, mais également par le style de jeu de ses musiciens. En effet, la guitare propose  principalement arpèges et leads, accompagnée par une puissante batterie tout en roulements, qui n’est pas sans rappeler Race Car Riot ou les passages instrumentaux d’un Texas Is The Reason. Si la construction des morceaux, composée d’une alternance de passages calmes et énergiques, reste somme toute classique, l’apport de ce subtil violon qui accompagne à merveille les parties rapides en aller-retour de la guitare ne donne que plus d’ampleur et de profondeur aux accélérations. Et lorsqu’au bout de trois-quarts d’heure de show, le bassiste obtiendra enfin la lumière souhaitée afin d’exploiter pleinement les possibilités offertes par sa fretless – pour le plus grand plaisir des techniciens – c’est devant un public pleinement acquis à sa cause, que le combo clôture son set sur "Jagganath" (en écoute ici) titre puissant et mélodique, parfaite représentation de la musique d’Ostinato.


La soirée se poursuit avec les très attendus Maserati. Officiant également dans le registre Post-Rock, le groupe Nord-américain, semble avoir un nombre certain d’amateurs dans le public parisien. Musicalement plus proche d’un… Mogwai qu’Ostinato, leur musique peut se décortiquer d’une manière simple,  une succession interminable de riffs et de plans auxquels s’applique la règle de la surenchère : chaque boucle se voit agrémentée d’une ou plusieurs notes jusqu’à une explosion finale. La partie rythmique quant à elle demeure assez particulière, lorsque les guitares résonnent sous de nombreux effets, le talent et la justesse du batteur suffisent à la singulariser. Avec une régularité effarante Jerry Fuchs  enchaîne des rythmiques presque dance avec d’autres carrément Punk, n’ayons pas peur des mots ! Le tout se marie dans une véritable exploration musicale, chaque boucle éveille la curiosité afin de savoir ce qui se trame pour la suivante, la longueur des morceaux étant ainsi une force. Le set, lui aussi de trois-quarts d’heure, ne compte donc que cinq ou six morceaux, dont le fameux "Synchronicity IV"  et se terminera certes sur un coup de force du métronome humain, mais également de manière quelque peu nonchalante. Il leur sera offert l’opportunité de jouer un dernier titre, mais la proposition sera déclinée… Manque de motivation ou de compositions (le line-up étant très flexible, il se peut que la totalité des morceaux préparés aient été jouée) là est la question.


Comme pour encadrer les formations Post-Rock, le dernier artiste de la soirée sera incontestablement Expérimental. Il s’agit de Thomas Bonvalet alias L'Ocelle Mare, guitariste officiant d’ordinaire dans Cheval de Frise . De prime abord paraissant tel un mélange d’homme orchestre et de chanteur Folk, les premiers instants de la prestation offriront un autre visage : celui  de la performance. Chaque morceau – uniquement nommé par un numéro – échappe à toute structure, le but de la composition semblant être de sortir un rythme avec son ou un note à un instant T. Cet ensemble incroyablement technique de titres minutieusement préparés et interprétés, apparaît  particulièrement homogène là où cette homogénéité peut faire défaut au sein de chaque courte partie.
Une ambiance très intimiste et feutrée – mais qui souffre du moindre chuchotement – se dégage d’un public curieux ou conquis, qui ne peut tourner les yeux face à cet artiste habitant littéralement SA musique. Que ce soient les rythmes tapés au pied et amplifiés, les coups de sonnette, les passages d’harmonica ou les successions de notes et de plans à la guitare et au banjo, tout est exécuté avec exaltation dans une transe significative. Et si musicalement l’ensemble peut être assez rebutant, l’artiste en lui-même sera salué de tous. Ainsi lorsque ce dernier sortira sous un tonnerre d’applaudissements, il sera le seul à revenir pour jouer un dernier titre, une dernière performance.

 

Undone (Avril 2007)

Merci à Djou, au Batofar et à Heritage.

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