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Throwback concerts part 2 - Tom Morello + The Smashing Pumpkins Accor Arena, Paris, 16 juin 2024

Alors même qu’en 25 ans de concerts je n’y étais jamais allé, le sort a voulu qu’en l’espace de 11 jours je me rende coup sur coup à Bercy pour deux concerts « vintage » : Tool le 5 juin puis The Smashing Pumpkins le 16 juin. Le fait que je n’ai jamais mis les pieds dans une salle comme le POPB, pardon l’Accor Arena, ne relève bien entendu pas totalement du hasard. Je ne suis globalement pas très adepte des grandes salles et des gros festival où l’on passe plus son temps à regarder un écran qu’autre chose. C’est donc un peu sceptique que j’ai fini par me décider à prendre des billets (en seconde main), me disant qu’il ne me resterait peut-être plus beaucoup d’occasions de voir ou revoir ces formations.
Moins de deux semaines après une expérience mitigée, me voici de retour à Bercy, cette fois en fosse et ça, ça change pas mal la donne.



Le set de Tom Morello est un melting pot de titres issus de sa carrière solo, de reprises de classiques (Kick Out The Jams des MC5, The Ghost of Tom Joad de Bruce Springsteen, Power to the People de John Lennon) et de reprises instrumentales de titres de ses anciennes formations, Audioslave et Rage Against the Machine. Sans surprise, ce sont ces dernières qui rencontrèrent le plus franc succès : le medley Bombtrack / Know Your Enemy / Bulls on Parade / Guerilla Radio / Sleep Now in the Fire / Bullet in the Head puis le cultissime Killing in the Name en entier. Niveau attitude, engagement, présence scénique, rien ne peut être reproché à Tom Morello, visiblement très heureux d’être là. Mais, comment dire… sur pas mal de titres il faut bien reconnaitre que quelque chose semble manquer et le reste ne repose que sur un recours à la nostalgie. On retrouve bien ses riffs si caractéristiques (d’ailleurs parfois cela frôle l’auto-plagiat…) mais les morceaux les plus récents ne décollent pas vraiment. Niveau chant, les parties de son guitariste (je n’ai pas trouvé le nom) donnent une tonalité très rock FM à certains titres, ce qui n’est pas pour arranger les choses. Et puis, quitte à passer pour un rabat-joie, je ne vais pas forcément à un concert pour entendre mes voisins beugler avec plus ou moins de talent « Fuck you, I won't do what you tell me »…

Les Smashing Pumpkins sont LE groupe qui a marqué mes années collège. Si j’écoute aujourd’hui du Metal, c’est certainement parce qu’un jour de 1995, sur Skyrock (et oui…), je suis tombé sur Bullet with Butterfly Wings. Pendant des années, la bande à Billy m’a obsédé jusqu’à la séparation de 2000. Le retour en demi-teinte avec Zeitgest en 2007 marqua, comme pour une grande partie de la fanbase, la rupture définitive. De façon plus ou moins présente, les Pumpkins font ainsi partie de mon paysage musical depuis quasiment 20 ans. Et pourtant, il a fallu attendre jusque 2024 pour que je les voie en live : trop jeune, pas à Paris ou alors passé à côté comme en 2013 ou en 2014, derniers passages des américains dans la capitale.
Pour jouer franc jeu, je n’y serai pas non plus allé cette année sans quelques assurances au niveau de la setlist. Quand j’ai vu qu’ils jouaient un bon 2/3 d’anciens morceaux je me suis lancé et je peux dire que je ne l’ai pas du tout regretté. Depuis Gish jusqu’à Machina/The Machines of God en passant surtout par Siamese Dream et Mellon Collie and the Infinite Sadness, tous leurs albums significatifs furent passés en revue lors de ces 2h de concert. Quels frissons au moment d’entendre les premières notes de Today ! Au-delà de leurs « tubes » (Bullet With Butterfly Wings, Tonight Tonight, 1979, Cherub Rock, Zero…), je fus surpris de la présence d’autres titres que je n’aurais jamais pensé entendre en live (Thru the Eyes of Ruby, Jellybelly, Rhinoceros). 
On ne va pas se mentir, les Smashing Pumpkins sont depuis un moment entrés dans la phase « Best Of » de leur carrière. Cependant, Billy and cie ne se limitent pas à leur anciens succès et jouent également une portion non congrue de titres plus récents. Si une bonne partie d’entre eux ne rencontrent pas l’adhésion totale du public, d’autres passent au final plutôt pas mal, leur interprétation live laissant plus de place à la distorsion. Le final « The spaniards » de la face B de Zeitgest Gossamer en est l’illustration parfaite avec le superbe solo de guitare de Billy. En revanche, le moment le plus bizarre du set aura lieu avec l’arrivé sur scène des deux filles de Corgan qui se mettront à danser sur Beguiled. Mignon ? Gênant ? Je laisse chacun décider…
Au-delà de la balance entre titres anciens et récents, ce que j’ai le plus apprécié c’est que les Pumpkins ont décidé de continuer à proposer des concerts organiques, ce qui est tout à fait autre chose que de jouer sur une scène. Corgan semble être très heureux de jouer en live, dansant et échangeant avec le public. Se prenant un four avec une blague ratée à propos des JOP, il se mit à chambrer James Iha sur la qualité de son français lorsque celui-ci déclara que Siamese Dreams a remporté la médaille d’or des albums « tristes » (en français dans le texte) avant de conclure « voici ce qu’aiment les français : Mayonnaise. Retranscrit ainsi, cela parait être anecdotique mais c’est cette humanité qui fait également la qualité d’un concert. La capacité à réinterpréter certains titres et à ne pas nécessairement chercher la plus fidèle retranscription de l’enregistrement studio en fait également partie. La version « musclée » d’Ava Adore proposée ce soir-là en est un parfait exemple.
Les Smashing Pumpkins se font plutôt rares chez nous mais je ne peux que conseiller tout un chacun qui les a appréciés à les voir. Peu importe la qualité des albums récents, la valse des musiciens ou la présence d’une choriste sur scène. La distorsion, l’engagement et la rage n’ont pas entièrement disparu de l’univers musical des américains qui reste définitivement schizophrénique.

rwn (Juillet 2024)

Setlist Tom Morello :
Soldier in the Army of Love  Vigilante Nocturno  
One Man Revolution (The Nightwatchman)  
Secretariat  
Where It's At Ain't What It Is  
Let’s Get the Party Started  
Hold the Line  
Kick Out the Jams (MC5)  
Bombtrack / Know Your Enemy / Bulls on Parade / Guerilla Radio / Sleep Now in the Fire / Bullet in the Head / Cochise (Rage Against the Machine)  
Like a Stone (Audioslave)  
The Ghost of Tom Joad (Bruce Springsteen)  
Killing in the Name (Rage Against the Machine)  
Power to the People (John Lennon)  

Setlist Smashing Pumpkins 

Atum 
The Everlasting Gaze
Doomsday Clock
Zoo Station (U2 cover)
Today
Thru the Eyes of Ruby
Spellbinding
Tonight, Tonight
That Which Animates the Spirit
Ava Adore
Disarm
Springtimes
Mayonaise
Bullet With Butterfly Wings
Empires
Beguiled
1979
Birch Grove
Panopticon
Shame (1st couplet)
Jellybelly
Rhinoceros
Gossamer/ The Spaniards
Cherub Rock
Zero (avec l’intro de Where Boys Fear to Tread) 

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