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Hellfest 2022 - Jour 7 Clisson

Grosse et dernière journée à Clisson Rock City : il y a des groupes intéressants dès le petit matin, et on va quand même tenter de voir un bout de Metallica le soir histoire de pas mourir cons. Heureusement, le temps s’est calmé, la boue n’est plus qu’un lointain souvenir (comme disait Georges Brassens, les copeaux d’abord). Il ne reste plus qu’à prier pour que nos jambes nous portent toute la journée car l’affiche est sacrément alléchante aujourd’hui.

20 Seconds Falling Man
Premier concert de la journée et première douille Post-Metal / Hardcore administrée par les Nantais, porteur d’un album (VOID) excellent et idéalement retranscrit, et lorsque le morceau A Way Out fait éclater son groove dantesque c’est l’apothéose. Avant ça, la reprise de The Cure A Forest fait vibrer la Valley et le public vient remplir les lieux au fur et à mesure, attiré par les gros riffs. Une prestation exécutée avec passion et détermination, qui place clairement le groupe dans le haut du panier du genre, mine de rien.

Spiritbox
A chaque jour son petit stress. Après Obscura vendredi puis Igorrr hier, c’est au tour de Spiritbox d’avoir un peu de retard. A peine un peu plus de cinq minutes, mais sur un set d’une demie-heure, ça se sent. Et même après le top-départ, les Canadiens ont de légers soucis de grésillement à quelques occasions. En dehors de ça, le son est très bon et le quatuor est en pleine forme, ça joue très très tight et la chanteuse est aussi talentueuse que ses playthroughs le laissent penser sur YouTube. Spiritbox sont les premiers à profiter de l’extension de la MainStage 1 (requise par Metallica qui jouera plus tard sur la même scène), et n’hésitent pas à venir se balader au plus près de leurs fans venus en masse en dépit de l’heure matinale. Bien que l’équipe de Courtney LaPlante ait sorti un EP quelques jours avant leur prestation, aucun titre n’en sera joué et la courte setlist sera axée sur leurs tubes (Circle With Me, Blessed Be, Holly Roller…). On saluera la jolie addition au line-up que représente Josh Gilbert à la basse, qu’on entendra aussi chanter dans les refrains de Yellowjacket.

Sordide
Les Punk Blackeux de Sordide ont dégueulé sur la Temple les excellents titres de leur dernier album Les Idées Blanches, malgré un rendu toujours compliqué en ces lieux. Grosse présence scénique du trio Rouennais, carnassier, réussissant à convaincre le faible auditoire du matin, grâce notamment au grain et aux riffs d’une guitare sous-accordée. On aurait quand même aimé une sono à la hauteur de la qualité des morceaux comme Je N’ai Nul Pays, Ne Savoir Que Rester ou Le Silence Ou La Vie. A revoir dans de meilleures conditions, en salle.

Novelists
Les français (et allemand) de Novelists nous proposent depuis 2020 un style sensiblement différent de leurs anciens albums. C'est sans ambiguïté qu'ils ont fait le choix de le mettre en avant avec une setlist essentiellement composée de morceaux récents. On en retiendra des titres efficaces et un jeu de scène convaincant. Point d'honneur aux 2 guitaristes, Florestan Durand et Pierre Danel qui nous offrent un niveau de guitare rare, et des solos délicieusement composés. La fin du set sur le solo de Lost Cause en est l'exemple parfait. On aurait aimé entendre certains tubes comme Gravity, The Light The Fire ou encore Headrush mais force et respect au groupe de pousser leur nouvelle direction musicale sur un show de 30 minutes. On saluera aussi une prise de position assumée, incitant entre deux morceaux à lutter ensemble contre le racisme et l’homophobie. Tout le monde est d’accord, mais très peu de groupes l’ont dit à voix haute ce week-end (en tout cas sur les Main Stages), et ce qui va sans dire va toujours mieux en le disant.

Bokassa
Découverts il y a quelques années en première partie de Metallica et Ghost, les Norvégiens avaient un merch ironique affichant « who the fuck is Bokassa? ». Trois ans plus tard, c’est encore d’actualité : le stoner-punk (si si) de la formation est toujours anecdotique et le public est clairsemé devant leur MainStage. En revanche, le chanteur est très lucide sur ça et s’en amuse entre les titres, à l’image du slogan de leurs t-shirts vu en 2019. Parmi les conseils avisés qu’il nous transmettra, on retiendra par exemple de ne pas sortir d’album au milieu d’une pandémie (ce qui est une situation qui pourrait arriver à n’importe qui, heureusement qu’on est désormais prévenu.e.s).

Year Of The Knife
Arrivée sur une Warzone clairsemée, le quintet du Delaware casse des gencives par dizaines, le pit s’enflamme vite et ça mouline direct, en plus d’un pogo de folie. Leur album Internal Incarceration résonne et fait cracher son Hardcore / Death, jusqu’à Virtual Narcotic d’une puissance monumentale. Madison Watkins, la hurleuse, en impose et nous montre l’étendue de son jeu de scène. Le groupe a mis tout le monde d’accord, même si l’affluence n’était pas dingue à 11h40.

Alien Weaponery
Le groupe remercie les Belges de Carnation (qui ont joué plus tôt ce matin) qui leur prête leur guitare et basse : effectivement, les Néo-Zélandais ont eu une galère d’aéroport qui les prive de leur matos habituel sur le début de leur tournée, dont leur intervention au Hellfest. Mais même sans leur équipement, Alien Weaponery envoie la bagarre comme à son habitude, et le Groove Metal tribal “à la Soulfly” du trio fait mouche, la foule devant la Main Stage est bien plus convaincue que par Bokassa

Year Of No Light
Si 30 minutes c’est peu pour la plupart des groupes qui jouent en début de journée au Hellfest, ça l’est d’autant plus pour un groupe comme Year Of No Light au vu de la durée de leurs morceaux. Que cela ne tienne, l’apparition sur scène des Bordelais est suffisamment rare pour à elle seule justifier de se lever tôt ce dernier jour malgré la fatigue. L’entièreté de la setlist sera tirée du nouvel album Consolamentum paru chez Pelagic records l’année dernière, leur premier en neuf ans. Une montée en puissance dont on ne voudrait jamais avoir à atterrir. Les musiciens, qui n’avaient pas joué au Hellfest depuis 10 ans, étaient vraisemblablement heureux d’apporter leur pierre à l’édifice de cette édition extraordinaire du Hellfest.

Demilich
Aujourd’hui particulièrement en Temple et Altar, c’est la régalade de l'extrême. On arrive malheureusement à la bourre pour Demilich (on a donc vu qu’un quart de -lich…) qui bénéficie néanmoins d’un son tout à fait honorable (règle qui se vérifiera sur pas mal de shows aujourd’hui). Le groupe introduit un de ses héritiers, Blood Incantation, à venir sur l’Altar après eux.

Blood Incantation
Le nombre de t-shirts Blood Incantation sous la Altar annonce la couleur : les gars de Denver sont attendus de pied ferme. Et heureusement, ils ne nous ont pas déçus. Le son est aux petits oignons et le backdrop reprenant l’artwork de Hidden History Of The Human Race nous plonge dans cette esthétique de vielle science-fiction qui inspire les quatre américains. Sur scène, on prend conscience que leurs compos Death-Prog marchent du tonnerre : les mélodies torturées et passages clean nous font visiter des planètes lointaines, puis les break emplis de méchanceté nous refoutent la tête dans le trou noir. On pense à la deuxième moitié de carrière de Death, à Morbid Angel aussi, tout en évitant l’écueil d’une musique qui recherche uniquement la sophistication par principe. Ce genre de prestation, on en redemande, et si possible encore plus haut sur l’affiche la prochaine fois.

Midnight
Après le voyage spatial de Blood Incantation, le cocktail Black/Speed/Rock ‘n’ Roll de Midnight a secoué la Temple un bon coup. Lookés comme des bourreaux option blouson de cuir, les trois jeunes loups ont dégainé un set suffisamment Punk pour passer en Warzone. Le public l’a bien compris et ne se fait pas prier pour organiser un circle pit au son de Evil Like A Knife. Néanmoins, la formule s’épuise assez vite, et à moins d’être venu pour la bagarre, on a fait le tour du bousin au bout d’une vingtaine de minutes.

Ufomammut
On arrive un peu à la bourre pour tenter voir un bout d’Ufommamut, mais les Italiens ont grassement fait le job en plein après-midi sous la Valley, basse énorme, racleuse de terre et batterie pachydermique font claquer les esgourdes d’un auditoire conquis d’avance. Fenice, dernier album sorti chez Neurot Recordings fut à l’honneur bien sûr avec notamment Psychostasia ou Empyros qui ont cassé quelques nuques dans les règles, en plus de faire trembler nos organes internes.

Vltimas
On ne va pas se mentir, ce début de concert d'Vltimas a ce quelque chose d'un peu risible. Entre les backdrops avec des aigles phénix, les flammes cachées sur le devant de la scène et les fringues + capuche et mèche du bassiste, tout cri mayytalee. Difficile de garder un peu sérieux devant un tel amoncellement de clichés. D'autant plus lorsque David Vincent, jusqu'alors invisible, commence à chanter dont on sait où, avant de l'apercevoir sur un côté de la scène en train de déambuler au ralenti comme un mauvais cosplay du catcheur Undertaker. Puis, passé deux morceaux d'acclimatations pour se rendre compte que le concert va être volontairement théâtrale, surtout aux vue des interventions de David Vincent qui nous narre des poncifs sur le fait que l'espèce humaine détruit tout sur la planète, que la mort est omniprésente et qu'il faut vivre le moment présent, on commence par accepter le truc et rentrer dedans avec des titres tels que Everlasting, Total Destroy! ou Truth And Consequence. En définitive on passe un bon moment et mention spéciale au bassiste qui semble se guérir d’un scoliose en se contorsionnant dans tous les sens.

Cult Of Fire
Lorsque le rideau placé devant Cult Of Fire tombe, on découvre une scénographie époustouflante : icônes indiennes, bougeoirs et chandelles tout du long de la scène, mais surtout les deux guitaristes en posture assise en dessous d’un énorme cobra de part et d’autre de la scène et un chanteur drapé et encagoulé avec des cornes au dessus de la tête. La mise en scène est ritualiste, impressionnante et en dehors du batteur, les trois autres musiciens restent statiques et balancent un Black Metal qui se veut mélodique et véloce mais toujours avec une dimension épique et ritualiste comme sur les titres Kālī Mā, On The Funeral Pyre Of Existence ou des morceaux de Moksha. Le fait est que Cult Of Fire arrive à nous transporter uniquement grâce à leur musique, car même si la scénographie nous envoie plein les mirettes, la disposition hyperstatiques des musiciens ne donne pas spécialement de plus value au live. Toujours est-il que les Tchèques ont gagné en niveau depuis plusieurs années et que leur prestation en impose.

Bullet For My Valentine
On rajeunit de 15 ans avec les Gallois de Bullet For My Valentine. Franchement, les titres issus des deux premiers albums étaient des pépites de Metalcore (même si on ne s’en apercevait peut-être pas déjà à l’époque ?) et ont vraiment tenu la durée. Dès le début du set, Waking The Demon et All These Things I Hate (Revolve Around Me) mettent les points sur les “i”, et un peu plus tard Four Words (To Choke Upon) et l’évident Tears Don’t Fall finissent d’enfoncer le clou. Les morceaux les plus récents déclenchent moins d’émules, mais s’en sortent néanmoins avec les honneurs. Quant à la voix de Matt Tuck, elle ne vieillit pas d’un iota et sonne toujours “ado vénère”. Un chouette voyage dans le temps.

Thou
Thou qui nous vient tout droit de Baton-Rouge n’est rien de moins que l’un des projets les plus prolifiques de la scène Sludge / Doom actuelle. À un point que cela peut en être décourageant de se lancer dans leur discographie tant il y a à écouter, albums, EPs, splits, collaboration, etc… Les voir ainsi se produire au Hellfest est justement l’occasion de sauter le pas et de vous frotter au groupe. Si les musiciens peuvent donner l’impression de ne pas se prendre au sérieux par leur prestance stoïque, c’est parce que ce n’est pas dans le jeu scénique que repose d’intérêt de Thou mais bien dans leur musique. Une lourdeur qui vous prend aux tripes grâce au son de la Valley. On a beau vivre dans une bulle durant un week-end au Hellfest, souvent coupé de l’actualité, celle-ci n’est jamais loin. On envoie donc du courage au groupe que l’on sait politiquement engagé pour les droits des femmes et notamment lea guitariste KC Stafford, visiblement affecté par l’actualité de son pays de ces derniers jours.

Archgoat
Qu’attend-on d’un set d’Archgoat d’une heure ? Que ça soit trop long vu le genre pratiqué, certes. Mais si tu arrives au milieu, eh bien ça marche, surtout que le groupe joue sur du mind-tempo et que t’es pas forcément obligé de te farcir du blast en continu. En fait, les finlandais jouent plutôt un Black n Roll agressif, méchant, mais somme toute lisible, ce qui change pas mal de leurs derniers concerts. Et c’est pas mal appréciable, ça évite de se bouffer du blast en continue pendant une heure et rendre le truc indigeste. Donc là, on avait un concert d’Archgoat un peu crétin, mais pas tant et largement appréciable.

Bring Me The Horizon
Le premier aperçu du concert de Bring Me The Horizon, c’est, tout de suite, de se moquer du style d'Oliver Sykes. Le gars est ultra-tatoué de partout, mais porte un haut couleur chair imitant des contrefaçons de tatouages recouvrant ses propres tatouages. Inception donc.
Passons, la mise en scène est dingue avec un full pink et puis Bring Me The Horizon ouvre sur Can You Feel My Heart qui met tout le monde d’accord. Oliver est impressionnant au chant et va mener le set à la baguette, même si on aurait aimé être dispensé de fuck / fucking accompagnant chacune de ses phrases.La setlist fait la part belle aux tubes du groupe comme Teardrops, Dear Diary, Parasite Eve. Le chant clair d’Oliver est impeccable entre hurlement screamé et chant clair plus Emo, vraiment, il fascine, d’autant plus que sa présence et son charisme sur scène est frappant. Mentionnons également les danseuses présentes sur scènes qui tous les deux titres changent de costumes et, bien sûr, de chorégraphies pour être calées sur les différents morceaux de la formation. Même s’il manquait un petit Ludens pour que ça soit parfait, Bring Me The Horizon, avec un chanteur qui est capable de nous émouvoir aux larmes sur une mainstage, tout en passant sur les premiers rangs pour faire des câlins, a assuré grave. Final sur Throne, merci au revoir. On est sur un des gros groupes maintream capable de tout rafler ses prochaines années. Et qu’on ne me parle pas de Ghost.

Pentagram
Cette fois accompagné du chanteur Bobby Liebling, Pentagram a refait un passage par le Hellfest pour offrir une setlist du plus bel effet. C’est simple : vous prenez quasiment tous les morceaux de l’excellente compilation First Daze Here et vous avez tous les numéros du loto dans le désordre. Bobby lui est en forme vocalement, bien que son jeu de scène peu conventionnel laisse perplexe (petits pas de papi gâteux, danse de gibbon...). Et son équipe ne démérite vraiment pas. La tente ronronne d’un son de basse plein, la guitare en tapisse les parois. Leur son est résolument Metal, mais armé de son groove 70’s, Pentagram s’empare des corps pour ne plus lâcher. Ca se voit dans la fosse de pasionné.e.s qui semble complètement en son pouvoir. Pentagram a réussi à nous hypnotiser et c’est ce qu’on demandait. Un des moments marquants de cette Valley 2022.

Napalm Death
Si vous êtes de ceux qui trouvent que la programmation de la Altar cette année manquait de Grindcore, vous n’avez sûrement pas manquez le retour des maîtres du genre avec dans leurs bagages un nouvel album : Throes of Joy in the Jaws of Defeatism.
Mais qu’attendre d’un énième concert de Napalm Death au Hellfest ? Absolument rien de moins que ce que les anglais savent faire de mieux, et puis ça reste un groupe qu’on prend beaucoup de plaisir à retrouver. Surtout après ces longues années de pandémie qui ont logiquement impacté l’actualité du groupe avec des reports et annulations de tournées. Une chose est sûre, c’est qu’on peut toujours compter sur Barney pour donner de la voix à ceux qui n’en ont pas et que le système cherche à écraser : « refugees welcome ! » « defend the right of women to do whatever they want of their bodies » « all war is fucking bullshit » auront été les grandes thématiques abordées ce soir, au grand dam de tous ceux qui voudraient nous faire croire que la politique n’a pas sa place dans la musique ou au Hellfest.

Sabaton
Bon, Sabaton, ça lasse. On y est passé quand même, mais sans conviction. Le groupe semble d’ailleurs un peu en berne : on sent que les transitions entre les chansons sont loooonnnngues, Primo Victoria est jouée trop vite, le guitariste prend le temps d’expliquer l’anecdote de l’annulation de Manowar en 2019 vue par le groupe mais ça prend des plombes… Bref, on n’est plus vraiment convaincus par Sabaton, mais il fallait bien encaisser leur concert pour attendre la tête d’affiche…

Mercyful Fate
Le concert de Mercyful Fate est un petit événement en soi, étant donné le statut culte du groupe qui est revenu à la vie en 2019. Dévoilée par un lever de rideau, la scénographie spectaculaire de King Diamond et son orchestre a posé une ambiance théâtrale dès le début : de grandes marches en marbre, une tête de démon au dessus du batteur, et un chanteur qui a dévoilé sa garde robe (masque cornu, maquillage, haut de forme,…). Côté son, on est plutôt gâtés, les guitares de Hank Shermann sont brillantes, elles semblent sortir tout droit d’un brasier incandescent. Les danois joueront un nouveau titre nommé The Jackal Of Salzburg, dévoilé en live uniquement et annonciateur d’un album à venir. Tout est bien en place donc, mais le vrai tournant du set a lieu lorsque des titres plus tubesques (A Dangerous Meeting, Evil, Come To The Sabbath) sont joués. Malgré un concert vraiment recommandable, un petit Egypt ou Melissa auraient été bienvenus au lieu de morceaux plus longs et moins fédérateurs.

Metallica
C’est le plus gros groupe de Metal du monde, tout simplement. Évidemment, c’était un événement qui nécessitait de faire des choix dans son planning si vous vouliez voir Metallica dans des conditions décentes. Et entre la fatigue de fin de double week-ends, l’envie de préférer des groupes comme Mercyful FateOrange Goblin ou Triptykon et ne pas vouloir supporter Sabaton en campant devant la Mainstage pour attendre Metallica, l’hésitation peut se comprendre. Pour notre part, on y est allé quand même et on ne regrette pas : le show est carré, le son est très propre, le début de la set-list a un faux air de vrai best-of (Whiplash, Creeping Death, Enter Sandman…). L’engouement se calme un peu lorsque les Four Horsemen dépoussièrent des titres moins attendus (Harvester Of Sorrow ou encore No Leaf Clover), et le doute s'immisce carrément lorsque commence Dirty Window (issu de St Anger), qui sera un peu remanié pour l’épreuve du live. Heureusement, le tir sera corrigé avec quelques classiques de plus (For Whom The Bell Tolls, Nothing Else Matters, Fade To Black…), interrompus par le récent Moth Into Flame qui divisera. La toute fin, une sorte de faux rappel prévu dans le temps imparti, mettra tout le monde d’accord avec One et Master Of Puppets. C’est bien beau tout ça, mais en dehors de la set-list ? Bah y a pas grand chose de plus à ajouter. Il n’y a pas vraiment de mise en scène, pas de surprise, pas de décor… Le seul détail rigolo sera James Hetfield qui nous remercie “pour notre compréhension” après avoir joué Dirty Window. Le reste, c’est bien, mais c’est “juste” bien. Metallica fait le taff “à la Metallica”, ça fonctionne encore mais ça fait quelques années que ce n’est plus sur eux qu’il faut compter pour les frissons.

Carcass
Si vous n’étiez prévoyant·e·s pour vous caser devant Metallica, il restait les sympathiques Carcass pour terminer la soirée. Peut-être pour compenser la concurrence de la Mainstage, les anglais ont poussé le son à fond, trop à fond même, ce qui rendait les bouchons d’oreilles indispensables et a pu entacher les solis (la ligne mélodique de Heartwork, pourtant reconnaissable, était difficile à choper). Jeff Walker et sa bande ont livré un show devant un parterre assez rempli, et se sont fait connaître parmi les derniers rangs de Metallica (on vous a dit qu’il y avait du monde pour voir les four horsemen ?). C’est avec plaisir que l’on retrouve les coups de poignet thrashy, la batterie assassine et les compos de leur très recommandable dernier album Torn Arteries. Enthousiaste, Carcass tentera même de rogner sur son horaire pour déballer un dernier morceau, mais le quatuor a dû laisser la main : Triptykon attend son heure sur la scène d’à côté.

Orange Goblin
Clotûre de la Valley le Stoner Metal d’Orange Goblin a tout défoncé, affichant un jeu de scène de première classe. Tente à peine remplie de moitié mais le public présent était au taquet et manifestement connaisseur, les gobelets ont volé dans tous les sens et le groupe a aussi balancé des bouteilles d’eau pour rafraîchir un monde chaud bouillant. Les titres Sons Of Salem, Renegade (issus du dernier album The Wolf Bites Back de 2018), puis Sarumans Wish, Acid Trial, The Devils Whip, The Fog ou encore Red Tide Rising pour terminer font basculer la foule dans l’orgasme musical. Une performance peut-être encore plus forte qu’en 2018, dernier passage du groupe au Hellfest. Absolument tout le monde a décidé de se lâcher pour ce dernier concert de la Valley, c’était beau, intense, et ça permet d’aller se coucher sur la meilleure des notes.

Triptykon
Nous avions 30 minutes montre en main pour être convaincus par Triptykon. En débutant avec une version raaaaleeentiie de Procreation Of The Wicked, l’ultime groupe de la Temple nous laisse sur notre faim niveau son. La batterie empiète salement sur les guitares, et l’effet pesant que l’on pouvait espérer ne s’est pas produit. Quand la grosse caisse s’en mêle, c’en est fini des riffs, relégués à l’arrière-plan. Dommage, on laisse Tom G. Warrior à ses affaires et on décampe un peu plus tôt quitte à rater le feu d’artifice mais à éviter les bouchons. Eh oui, 7eme jour de fest mine de rien, ça commence à tirer.

Top 3 :
Pentacle : 1. Blood Incantation 2. Bring Me The Horizon 3. Pentagram
Méo : 1. Orange Goblin 2. Year Of No Light 3. Eyehategod
Zbrlah : 1. Spiritbox 2. Cult Of Fire 3. Metallica
Florian : 1. Comeback Kid 2. Regarde Les Hommes Tomber vs Hangman’s Chair 3. Terror
Skaldmax : 1. Blood Incantation 2. Pentagram 3. Mercyful Fate
Arnaud : 1. Blood Incantation 2. Year Of No Light 3. thou
Tang : 1. Orange Goblin 2. 20 Seconds Falling Man 3. Year Of The Knife
Pierre le stagiaire : 1. Spiritbox 2. Cult Of Fire 3. Bring Me The Horizon

Metalorgie Team (Juin 2022)

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Commentaires

metgopsypeth123Le Mercredi 29 juin 2022 à 18H35

C'est dommage cette façon d'analyser un concert de Metallica, les gars n'ont jamais eu de sceno ou d'artifices particuliers et ont toujours misé sur leur musique et leur énergie, ce qu'il font à merveille encore maintenant et bien mieux que tous les groupes de leur époque eux aussi en pilotage automatique (Megadeth, Anthrax, Slayer avant d'arrêter qui était d'un ennui en live..., Kreator, Testament etc).
Après bon les goûts et les couleurs ça se discutent pas, peut-être n'apprécies-tu pas autant Metallica que moi ^^

DressanLe Mardi 28 juin 2022 à 18H54

J’ai relevé une petite erreur pas bien grave: les gaillards de Blood Incantation sont de Denver/Colorado.🤓

DressanLe Mardi 28 juin 2022 à 17H21

J’ai relevé une petite erreur pas bien grave: les gaillards de Blood Incantation sont de Denver/Colorado.🤓