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Hellfest 2022 - Jour 4 Clisson

Nous avons eu à peine trois jours à peine pour se reposer. Il faut rattraper plusieurs heures de sommeil perdues, décuver de trois ou quatre jours de fêtes, manger quelques légumes pour se remettre un peu en forme, prendre des douches et laver quelques fringues... Les villes aux alentours de Clisson ont d’ailleurs été prises d’assauts par des festivalier.e.s qui se reposent et tentent de récupérer quelques points de vie entre deux weekends de musiques extrêmes si bien que nous aurions pu titrer l’article “marée de t-shirts noirs à Pornic” si nous bossions à Presse Océan.

Mais à peine le temps de se remettre un peu en forme, qu’il faut déjà repartir au front pour ce second weekend du Hellfest à la programmation gargantuesque. Le temps s’annonce plus clément que le weekend dernier, au moins on ne cuit pas en plein soleil, mais on subit tout de même quelques averses. Place désormais à la musique avec un jeudi qui commence plus tard que les autres jours (merci !) mais qui n’est pas avares en belles têtes d’affiche comme Wardruna ou Heilung et en jolies claques comme Lowrider, Slope ou encore Insomnium et Hangman’s Chair. Mais on vous détaille un peu plus cette journée dans la suite, avec ce second tour au Hellfest : coalition des musiques extrêmes !


Lili Refrain
Une amie m'avait dit d'aller voir Lili Refrain au Hellfest après l'avoir découverte au Roadburn il y a quelques mois. Grand bien m'en fasse et merci à elle parce que c'était une superbe découverte. La musicienne construit de longues pièces au fur et à mesure en utilisant ses machines, pédales d'effets, percussions tout en samplant et en faisant boucler ces différents éléments. Les morceaux se dévoilent peu à peu, minimalistes au départ, plus complexes et nourris à l’arrivée, mais surtout très prenants et envoûtants. On se retrouve entre musique Drone, côté Indus Martial et Ambient rituel avec une voix qui semble lancer des incantations. Au final on est pas loin d’une musique proche d’Heilung dans l’approche même si le rendu est différent et surtout, la musicienne fait tout, toute seule ! Elle remercie d’ailleurs chaleureusement le public qui est venue la voir avec Temple remplie et elle s’étonnera qu’il y ait autant de monde pour elle. Mais Lili Refrain mérite complètement et il y a de fortes chances que ça soit une artiste qui monte. Encore une fois, une bien belle découverte.

Phil Campbell And The Bastard Sons
On arrive à la fraîche sur les coups de 15h, direction la Mainstage pour aller voir papa Campbell et son clan (oui, elle est facile). Au programme, pas de grosse mise en danger : le groupe a dégainé les reprises de Motörhead, et tant qu’à faire les grands classiques. Ace Of Spades, Bomber ou Going To Brazil font leur petit effet mais le son laisse à désirer, et le chant impersonnel empêche de rentrer complètement dans le set. Une révision des bases en somme, mais les absents n’ont rien raté.

Tyler Bryant And The Shakedown
Rien de convaincant sur aucune des scènes ? C’est jamais vraiment un problème au Hellfest, on se pose au calme, on écoute de loin en suivant ce qui se passe sur les écrans. En ce début de festival, c’est devant les mainstages qu’on choisit de s’échouer passivement, et on tombe sur Tyler Bryant&The Shakedown. On n’en retiendra rien. Ca joue du blues-rock de boomer (même si les membres n’ont pas l’air si âgés), sans rien qui ne fasse sortir le groupe du lot. Le dernier quart d’heure ressemble même à une sorte d’outro qui n’en finit pas de finir, comme une espèce de conclusion de chanson mais qui n’aboutit jamais. Bref. Au prochain créneau “à vide”, on ira se poser devant la Valley.

Los Disidentes Del Sucio Motel
Arrivés un peu en retard, on retrouve une Valley envahie par les voix aériennes de Los Disidentes Del Sucio Motel, un trio vocal franchement envoûtant qui fait vite rejoindre les hautes sphères, on en aurait redemandé. Ça tombe bien, les projections visuelles oniriques aident à rentrer dans l’ambiance (bon, le passage zombies/série B était quand même inattendu). Les rythmiques appuyées Stoner fonctionnent plutôt bien, et le groupe tente même de les calquer sur une reprise d’Immigrant Song finalement assez personnelle. Les français vont même jusqu’à réclamer un circle-pit sous la Valley, demande que le public honorera avec plaisir.

The Ruins Of Beverast
Avec bon nombre d’albums qualitatifs et denses, The Ruins Of Beverast est un nom du Black/Doom que l’on aimerait voir briller sur scène. Malheureusement, les allemands ont plutôt une piètre réputation live, et cette prestation au Hellfest ne fera pas exception. Alors on se déplace, on cherche un son correct, mais les passages Black Metal énervés restent souvent illisibles niveau guitares. La dynamique Doom peine elle aussi la plupart du temps : exception faite pour Anchoress In Furs, les séquences alourdies perdent en puissance. Dommage car le groupe proposait quelques titres de leur fort recommandable dernier album, The Thule Grimoires.

Tribulation
Tribulation entre sur scène sur un sample de La Vie En Rose d’Edith Piaf et c’est tellement Metal ! En fond un backdrop immense et deux panneaux avec des crânes sur les côtés. C’est la première fois qu’on assiste à un concert de Tribulation sans Jonathan Hultén qui a quitté la formation en 2020 mais qui a tout de même participé au dernier album de la formation, Where The Gloom Becomes Sound paru en 2021. Les deux premiers morceaux lui seront d’ailleurs dédiés avec le nouveau guitariste, Joseph Tholl dans les rangs et même s’il n’a rien à envier à l’ancien guitariste, on aura un petit regret à ne pas voir le charisme de Jonathan sur scène. Ceci étant dit, le concert de Tribulation sera très bon, malgré une sonorisation qu’on aurait aimé plus claire et distincte. Les meilleurs moments du set seront le tubesque Melancholia, Nighbound génial dans sa mélodie imparable et son groove pour danser sur des pierres tombales ou encore le formidable et funéraire Strange Gateways Beckon. On appréciera moins qu’un agent de sécurité demandes des slammers pendant ce genre de musique et qui viennent casser l’ambiance, mais en dehors de ça, c’était un beau concert pour nourrir notre coeur noir.

Steve Vai
Steve Vai au Hellfest 2022, c’est mi-triste, mi-fun, re mi-triste derrière. La plus grosse déception était bien entendu l’absence de l’Hydra, l’improbable instrument autour duquel le dernier album du guitar-hero est axé (Steve Vai a récemment subi une intervention chirurgicale dont la convalescence l’empêche de porter un machin si lourd). Pour le reste, l’Américain offre un set divertissant, mais pas pour ce qu’on pourrait penser : les mimiques sont risibles à chaque bend, les musiciens semblent tous sortis de groupes différents, le roadie qui intervient sur scène pour les changements de guitares semble avoir 90 ans… On notera quand même le célèbre For The Love Of God, joué en fin de set, qui fera relever quelques têtes.

Slope
Arrivé enthousiaste sur la Warzone sur les coups de 19h suite à une performance subjectivement approximative de Tribulation, les lieux étant étrangement peu peuplés à cette heure, bien que le groupe allemand ait remplacé au pied levé Turnstile, prévu à la base sur ce créneau. Malgré tout grosse performance Hardcore Fusion 90’s comme on en fait trop rarement. Ambiance positive, peu importe l’averse de pluie (fine) qui s’est abattue à ce moment-là, belle communication entre les deux chanteurs et le public, malheureusement pas toujours réceptif. Néanmoins grosse énergie qui a emporté un paquet de gens qui ne connaissaient manifestement pas la chose. L’une des meilleures performances de la journée, à l’aise. La fête du Slope.

Zeal And Ardor
C'est dire si Zeal&Ardor était attendu au Hellfest. Déjà avant que le concert commence le public était présent en grand nombre et la Temple était difficile d’accès alors même que Tribulation qui jouait à côté n'avait pas terminé. Ce projet initié par Manuel Gagneux qui s’est ensuite entouré de plusieurs musiciens alors que le groupe commençait ses premières tournées en 2017 a depuis engrangé de l’expérience scénique, et cela se ressent. En prenant le pari de vouloir mêler des sonorités Black Metal à de l’Avant-Garde, de l’Electro et du Blues, Soul et Gospel pour les influences qui entourent le concept, le groupe réussit à la fois à exploser les barrières musicales d’un genre trop souvent ancré dans ses acquis et traiter des thématiques comme le racisme, les violences policières ou l’héritage de l’esclavage. Si vous êtes passés à côté de cet OVNI, il est encore temps de vous y intéresser de plus près et de vous pencher sur leur discographie notamment à travers leurs albums Stranger Fruit et Devil Is Fine.

Insomnium
Pour être franc, le line-up d’Insomnium est relativement obscur pour nous : depuis quelques années, avec l’arrivée de Jani Liimatainen, le groupe est supposé être un quintet ; mais apparaît parfois en quatuor dans ses clips… et sont quatre aussi sur scène aujourd’hui. Qu’à cela ne tienne, ça suffit à transposer en live leur Death Mélo ultra mélancolique, presque du “Post Death Mélo” en quelque sorte. Les morceaux récents (surtout ceux de Heart Like A Grave) sont poignants dans leur justesse, leurs mélodies, et finir le set avec le titre éponyme Heart Like A Grave est un climax incroyable. Le tube While We Sleep est évidemment aussi de la partie un peu avant la fin du concert. Tout était cool, juste trop court.

Lowrider
Après s’être alimenté convenablement vient l’heure de Lowrider, déjà expérimenté en 2015 à ce même Hellfest, en découverte personnelle et accessoirement grosse mandale de groove Stoner aux guitares surpuissantes. Ainsi, suite à un premier album sorti en 2000 (Ode to Io), les Suédois ont réussi à pondre un excellent split avec Nebula, précédé d’années de silence discographique jusqu’au dense Refractions sorti en 2020, parfaitement et partiellement retranscrit sous la Valley, ici-même jouissant d’un rendu exceptionnel comparé aux autres performances de la journée. Sans exagérer tout s’est écoulé de manière extrêmement fluide, naturelle, les guitares transperceraient nos âmes comme si de rien n’était. Clairement une des grosses claques du jour.

Solstafir
Les cow-boys islandais sont de retour à Clisson cette année dans une atmosphère fraîche à la tombée de la nuit, bien plus propice que le week-end dernier à apprécier leur mélodies de musiciens écorchés par la solitude de leurs contrées isolées. Si vous êtes de ceux déçus par leurs deux derniers albums, et je sais qu’ils sont nombreux, vous auriez eu l’agréable surprise de vous apercevoir que la setlist esquivait complètement ces récentes sorties pour se concentrer exclusivement sur la trilogie qui a fait la grandeur du groupe : KöldSvarti Sandar et Otta. Avec le plaisir de retrouver en clôture du concert le grandiose Goddess of the Ages qui nous fait presque oublié un mixage sonore parfois maladroit qui insistait trop sur le chant.

Helloween
La batterie repose sur une citrouille géante, le début du set commence avec une animation kitschouille façon graphismes PS2, pas de doute on est bien devant Helloween. Les allemands sont visiblement ravis d'être là et ont sorti l'artillerie lourde : 3 guitares sur scène, et deux chanteurs aux voix impeccables. Le duo se montre complice, Hansen (de retour dans le groupe après des années), est présenté en grande pompe par son acolyte, mais les vocalistes se laissent tour à tour la place selon les titres. On aura le droit à des classiques (Eagle Fly Free), du neuf (l'imparable Best Time) ou de la ballade épique rythmée par les flammes environnantes. Les poings sont levés, les chœurs du public sont habités. Les teutons oranges semblent avoir remporté l'adhésion de la foule à leurs pieds.

Hangman’s Chair
C’est simple, Hangman’s Chair vient de casser la Valley. Jamais on n’avait entendu un son aussi mastoc, froid et plombant. Pourtant on connaît, on les suit depuis des années et même récemment on a pu les voir dans des petites / moyennes salles en France, mais là l’ampleur est colossale. Le light show impressionne également, très classe et plutôt sobre. Hangman’s Chair vient de franchir un grand pas en termes de prestations de ce qu’on a pu voir jusqu’alors. Pas mal de morceaux de A Loner sont joués ce soir : Cold&Distant, Who Wants To Die Old, Storm Resounds, pour ambiance froide et Goth, toujours d’une classe et de moments frissonnants. Mais on aime aussi leurs passages bagarre venus de l’album Banlieue Triste (Sleep Juice, 04/09/16…) Hangman’s Chair conclut un set d’un perfection sonore et d’une présence qui force le respect avec Loner et surtout A Thousand Miles Away, le titre le plus Doom de leur dernier album qui permet d'assommer tout le monde. Hangman’s Chair a prouvé ce soir qu’ils étaient les patrons dans un style à la frontière du Doom, de la scène Goth et Coldwave et au delà d’une vraie personnalité dans la musique qu’ils pratiquent qui ne ressemble à aucun autre, une démonstration de force assez ahurissante. Quel concert !

Septicflesh
Septicflesh c’est toujours pareil et c’est pourtant pas grave. Lorsque des titres issus du récent Modern Primitive sont joués, quel.le novice du groupe pourrait dire qu’ils sont éloignés stylistiquement des tubes d’il y a quinze ans ? Communion, Anubis, Pyramid God, The Vampire From Nazareth, les vieux succès trouvent écho chez le public de l’Altar qui ouvrira de nombreux pits et walls of death. Quant aux titres récents, comme on le disait, la recette reste la même, mais puisqu’elle marche, on laisse faire avec plaisir. La même ? Pas tout à fait : chose rare, un cinquième membre est présent pour officier sur les chants clairs, d’ordinaire samplés. Grâce à un flegme plein d’assurance, un jeu de scène débordant de charisme, le vocaliste ajoute un aura supplémentaire à une prestation déjà visuellement dingue. Seul regret : des transitions un peu longues entre les morceaux, mais chaque début de titre nous replonge très facilement dans le bain.

Heilung
Hasard du planning, les deux figures actives les plus importantes à l’heure actuelle de la scène Neo-Pagan jouaient ce soir, l’une après l’autre. Si l’on reconnait volontiers à Wardruna le côté intime merveilleux et contenu de cette scène, le côté rituel transe sous psychotrope revient à Heilung. Pour les curieux qui n’avait jamais eu la chance auparavant de les voir sur scène, la découverte du groupe dans ces conditions n’était sans doute pas optimal, notamment sur les 20 premières minutes puisqu’il était par exemple impossible d’entendre quoi que ce soit de l’intro Opening Ceremony qui prépare son audience à la suite du rituel avec In Maidjan. Alfadhirhaiti voit une grande partie de l’équipe scénique débarquer en rôle de guerrier bouclier dans une main et lance de combat dans l’autre venant s’occuper des chœurs du morceau. Les festivaliers de passage décident alors de quitter la zone et le silence s’installe, le public abasourdi par ce qui est à l'œuvre sur scène. Il est déjà l’heure de Hamrer Hippyer, habituel morceau de clôture du groupe ou le moment où jamais pour se laisser emporter par la transe et danser frénétiquement avec eux jusqu’à en perdre l’usage de nos jambes. Au final, le temps de se laisser happer par l’aura incroyable du groupe qu’il était déjà le temps de redescendre sur terre et de se rendre compte qu’une heure c’est bien trop court. Un moment toujours spécial, un peu hors du temps.

Wardruna
Plusieurs questions me viennent à l’esprit autour de cette prestation de Wardruna en tête d’affiche de la Mainstage 2. Alors que le groupe devait commencer à 0h45 et avoir un peu plus d’une heure pour déployer leur oeuvre, l’organisation du festival a eu l’idée de dernière de prévoir un énième hommage à feu Lemmy Kilmister de Motorhead, profitant de la présence aujourd’hui sur le site de ses anciens comparses Mikkey Dee et Phil Campbell pour inaugurer la nouvelle statue à son effigie. Autour de cela, le festival prévoit également la diffusion d’une vidéo hommage sur les écrans des scène à la fin de Scorpions alors que Wardruna était censé commencer son concert, le tout impactant d’un bon quart d’heure de moins leur set… Une fois cela passé, forcé de constaté que le public drainé par la présence de ce groupe en cloture de la Mainstage juste après Scorpions, sans doute une grande partie du public déjà sur place à la fin du concert des allemands mêlée au public sortant de Heilung et venant spécifiquement voir Wardruna et on se retrouve avec un cocktail bruyant, absolument incapable de maintenir le silence nécessaire au déploiement de l’atmosphère scénique des danois. Dommage, ça avait un potentiel à être véritablement grandiose, mais impossible à apprécier à sa juste valeur dans ces conditions.

Rise Against
Débarqué en catastrophe sur la Warzone aux alentours de 23h45, lieux surblindés de manière presque indécente, étant donné le spectacle proposé, insipide, plat, mécanique, sans passion. Clairement à oublier.

Jerry Cantrell
Les fans d’Alice In Chains et, accessoirement de Jerry Cantrel, se sont tous retrouvés sous la Valley en cette toute fin de première journée. Ce dernier y jouait un mix de son répertoire issu de ses albums solo avec une bonne dose de tubes d’Alice In Chains réinterpreté pour l’occasion par un line-up repensé par Jerry lui-même. Dans ce même line-up justement on y retrouve un certain Greg Puciato (ex-The Dillinger Escape Plan) au chant qui a su insufflé une vraie prestance scénique et une performance vocale que William DuVall est bien incapable d’atteindre. Il suffisait de fermer les yeux et par moment on avait l’impression d’entendre Layne Staley revenir d’entre les morts. Them Bones, Down in a Hole, It Ain't Like That, Man in the Box, No Excuses, Would?, Rooster… un véritable best-of offert au public du Hellfest sous la Valley ce soir.

Top 3 :
Pentacle : 1. Hangman’s Chair 2. Slope 3. Lili Refrain
Méo : 1. Lowrider 2. Slomosa 3. Lowrider
Zbrlah : 1. Insomnium 2. Septicflesh 3. Solstafir
Florian : 1. Jerry Cantrell 2. Lowrider 3. Slope
Skaldmax : 1. Septic Flesh 2. Lowrider 3. Tribulation
Simon : 1. Wardruna 2. Lowrider 3. Slomosa (vive la Scandinavie)
Arnaud : 1. Heilung, 2. Solstafir, 3. Jerry Cantrell
Tang : 1. Slope 2. Lowrider 3. Hangman’s Chair
Pierre le stagiaire : 1. Septicflesh 2. Solstafir 3. Zeal&Ardor

Metalorgie Team (Juin 2022)

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