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Oranssi Pazuzu, Deafkids, Sturle Dagsland le 13/05/22 Rennes (Ubu)

A l’origine la tournée d'Oranssi Pazuzu avait été annoncée pendant le premier confinement de mars 2020 et fixée à octobre 2020. Deux reports plus tard, nous voici deux ans plus tard en mai 2022 pour un groupe qu’on espérait même plus trop voir par chez nous. Mais les finlandais sont bien là pour présenter leur « nouvel album » Mestarin Kynsi paru lui aussi il y a deux ans.



En ouverture de cette soirée, Sturle Dagsland, un norvégien accompagné sur scène par son frère Sjur. La découverte est… étonnante. Mais plutôt dans le bon sens du terme. La première surprise vient de sa voix très aiguë, androgyne, quelque part entre Jónsi de Sigur Ros et Björk. Il va peut-être demander la nationalité islandaise finalement ? Musicalement, là aussi le duo brouille les frontières en présentant des titres parfois très posés (le public qui commence à arriver s’est assis dans les marches de l’Ubu) et d’autres beaucoup plus épileptiques. On pense parfois à du Wardruna, très Ambient donc qui se mue en beat techno / indus très énergique. Encore une fois le rapprochement avec l’univers barré de Björk va de mise entre Art Pop, Folk et musique électronique. Le musicien s’amuse sur scène, présente le titre des morceaux en faisant des borborygmes aigus (tout comme dans les paroles), plus proches de bruits de créatures échappées de films Ghibli que d’une véritable langue, saute dans la foule sans prévenir comme un Golum sous prod, gesticule dans tous les sens ou bien se pose et semble piégé dans un monde ailleurs. Il utilise aussi quelques instruments étonnant et originaux qui ajoutent une couche supérieure à l’étrangeté de la musique, son frère s’occupant essentiellement des machines et rythmiques. Au final Sturle Dagsland c’est un grand écart stylistique, inclassable dans un genre précis, un quelque chose d’un peu fou ou dérangeant parfois, à deux pas de tomber dans le grotesque, mais qui finalement se révèle captivant et une excellent découverte en ce début de soirée.



Quelle bonne idée de mettre Deafkids sur le même plateau qu’Oranssi Pazuzu puisque les deux groupes semblent se rapprocher sur le plan stylistique, disons, avec de gros guillemets, des musiques « Rock » expérimentales et psychédéliques. Sauf que le trio brésilien, sur un format guitare / basse / batterie, adopte une posture plus noise et tribale que les norvégiens. Ceci étant, le résultat sur scène reste aussi de nous provoquer des triples axel à notre cerveaux. Difficile de sortir un passage plutôt qu’un autre sur Deafkids tant l’ensemble du set se prend dans son intégralité, comme un set Techno finalement. Et c’est d’ailleurs là toute la force du trio, de nous emporter (ou non, on comprend que ça laisse certain.e.s sur le bord de la touche) dans son trip de percussions martelées à l’envie et d’effets noise de descentes psychédéliques. Certaines parties les plus énervées font vraiment Techno Hardcore, mais joué par un groupe de Punk / Noise et qu’est-ce que c’est libérateur. Je n’arrive toujours pas trop à savoir comment ils arrivent à avoir ce son, le fait est que pendant presque une heure, on est obsédé par leur musique et le corps danse comme séparé de toute conscience et ce n’est qu’à la toute fin, assez abrupte on doit dire, que l’on retrouve ses esprits. On en aurait bien repris pour une heure de plus tellement c’était fantastique et captivant. Et quel batteur !



Deux ans qu’on attendait la venue d’Oranssi Pazuzu et de voir ce que donnait leur nouvel album en live. Cinq ans aussi, qu’on attendait de les revoir depuis leur dernière venue dans les parages au Ferrailleur de Nantes en 2017 (qui a d’ailleurs été capté par ici). Donc forcément, le set commence par les trois des premiers morceaux de Mestarin Kynsi, beaucoup plus axé sur les claviers, machines et effets électroniques en tout genre. Il est d’ailleurs un peu dommage qu’on n’entende pas assez toutes ces nuances qui semble un peu se dépatouiller entre les couches de guitares / basse / batterie / chant. Mais lors des passages plus énervés, c’est la que prend toute l’ampleur que prend la musique des finlandais quitte à rendre fou la fosse notamment sur le morceau Uusi Teknokratia plus sombre et entêtant du dernier album surtout vers la bascule en milieu de titre qui devient complètement diabolique. Deux morceaux sont tirés de l’album précédent, Värähtelijä, avec le plus doux et hypnotisant titre éponyme où l’on se prend à fermer les yeux pour amener au plus bruyant et tempétueux Saturaatio, sans doute l’un des meilleurs morceaux d’Oranssi Pazuzu qui allie le côté psychédélique avec le grondement et l’efficacité des riffs de guitares et cette voix colérique, presque maléfique qui surnage du tumulte. Les finlandais nous laissent hagards, mais reviennent pour nous en remettre un coup supplémentaire avec deux morceaux issus de Mestarin Kynsi, ce qui fait que le groupe aura joué l'album dans son intégralité.

En définitive, on se retrouve face à un super concert d'Oranssi Pazuzu, des musiciens qui ont envie et transmettent leur énergie sur scène, mais surtout une très très belle soirée dans sa globalité avec un plateau de trois groupes franchement assez incroyable.

Pentacle (Juin 2022)

Merci à Garmonbozia pour l’invitation
Les photos sont d'Anne-Laure Deylaud. Plus de photos de la soirée par ici et par là.

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