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Wardruna, Kalandra le 26/03/22 Rennes (Le Liberté)

Pour le passage de Wardruna en ce samedi soir de mars à Rennes, la salle du Liberté a été réquisitionnée en configuration assise / debout. Seule la moitié de la salle est ouverte (ce qui est déjà très grand) permettant à pas loin de 2000 personnes d’assister au concert qui affiche complet ce soir. Le parterre est déjà très bien rempli avant que Kalandra ne monte sur scène et les places dans les gradins sont toutes occupées, les gens s’étant déjà positionnés sur les « meilleures places » ou du moins mieux voir Wardruna en hauteur.

20h30, pas une minute de moins ou de plus, Kalandra monte sur scène sous les applaudissements nourris du public pour entamer Borders, le titre d’ouverture de leur album The Line qui est une parfaite entame pour la musique des norvégien.ne.s, tout en retenue, très ambient, portée par la magnifique voix de Katrine Stenbekk. Sa performance vocale, entre douceur et puissance est également mise en lumière sur les deux prochains titres, The Waiting Game et surtout Slow Motion avec un joli moment d’émotion sur le refrain et sa montée si exaltante lorsque Katrine pousse sa voix à la frontière du lyrisme.



On monte un peu en pression avec le dansant Ensom plus Rock dans son approche ou Brave New World, chose contrebalancée par le difficilement prononçable Virkelighetens Etterklang beaucoup plus Folk et très harmonieux dans ses arrangements gracieux. 21h, six titres exécutés et Kalandra s’en va après une petite demi-heure de set, pas plus, pas moins. Dommage pour celles et ceux qui comme moi auraient voulu en entendre d’avantage, mais il faut laisser place au gros morceau de la soirée et sur ce genre de tournée, on sent bien que tout est calculé avec la précision d’un métronome.

21h30 donc, c’est au tour de Wardruna très fortement acclamé par la foule qui se presse dans la fosse. La mise en scène est sobre. A part quelques drapés blancs derrières les musicien.ne.s et sur la côté de la scène, rien ne orne le plateau en dehors de leurs instruments. L'étoffe de Wardruna réside justement dans cette sobriété à l’inverse d’Heilung qui joue beaucoup sur les costumes, les maquillages, les objets folkloriques… Toute l’ambiance intimiste et solennelle est rendue grâce aux contrastes entre ombres et lumières avec des projections ou des éclairages sur les drapés blancs, mais également quelques vaisseaux lumineux qui viennent éclairer spécifiquement un.e des musicien.ne.s lorsque celui ou celle-ci est chante ou joue de son instrument, seul.e. Un joli travail sur les éclairages qu’il convient de saluer, tout comme le soin apporté au son qui est parfait et permet de bien rendre chaque instrument, du plus subtile (guimbarde, lyre, petits éléments de percussion) au plus tonitruant (flûte, trompette, lur).



On appréciera notamment les moments Drone où l’on arrive à ressentir les vibrations dans les gradins, de même que certains passages qui évoquent une transe mystique comme sur le morceau Solrigen ou les percussions côtoient vielle à roue et boucles de voix hypnotiques. Lindy-Fay Hella n'est plus la seule à assurer les chœurs puisque Katrine de Kalandra vient lui prêter main forte durant l’intégralité du set. Grosse performance de sa part d’assurer deux sets et près de deux heures à chanter. Leur deux voix sont complémentaires et rejoignent avec force celle d’Einar Selvik lui aussi très à l’aise dans des registres graves ou plus doux. Difficile de sortir un moment fort du set, tant les morceaux semblent couler de source et s’enchainer avec faciliter les uns au autres, même si j’ai adoré l’ouverture sur Kvitravn (de l’album du même nom) ou le très percussif Grá avec ces (es)soufflements de voix. Les quatre albums (sans Skald - un peu à part de la discographie) sont bien représentés à égalité ou presque avec des titres comme Raido (joli moment Folk avec la voix grave d’Einar), Tyr, Fehu ou bien Bjarkan.

C’est une heure et quart de concert qui passent comme une lettre à la poste avec entre chaque titre de forts applaudissements chaleureux et clameurs dans la foule. Et si c’est effectivement très appréciable que le public témoigne à Wardruna un accueil aussi enthousiaste, on ne pourra pas s’empêcher de penser que cela rompt avec l’ambiance de recueillement et de voyage propre à leurs compositions ritualistes. On en arriverait à souhaiter de les voir seul.e ou avec un petit groupe de personnes, perdus au milieu de la forêt, en se laissant transporter par des morceaux de trente minutes qui auraient une réelle allure de cérémonie païenne.



Nous avons cependant eu ce soir un set assez court d’une heure trente en comptant Helvegen en conclusion et Einar silencieux jusqu’alors, revenir seul sur scène pour discuter un peu avec le public, faire quelques traits d’humour et jouer avec sa lyre Snake Pit Poetry. Un dernier titre pour nous faire redescendre de nos émotions tout en douceur pour un concert de Wardruna qui aura été plutôt émouvant et assez intense.

Pentacle (Avril 2022)

Photos par Anne-Laure Deylaud.

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