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Magma le 04/03/20 - Nantes (Stereolux)

Je ne suis pas un fan de Magma. Tout juste ai-je écouté certains albums comme Mekanïk Destruktïw Kommandöh que j'apprécie sans forcément en comprendre les tenants et les aboutissants ou plus récemment Attack et Üdü Ẁüdü. C’est leur passage au Hellfest en 2016 qui m'a fait prendre conscience de tout le potentiel créatif et émotionnel de leur musique, et ce, particulièrement sur scène. Depuis, je les ai vu plusieurs fois en festival, ou en salle à Rennes ou Amsterdam et à chaque fois c’était une nouvelle expérience bouleversante. C'est donc avec plaisir que je retrouvais la bande à Christian Vander en ce mois de mars au Stereolux de Nantes pour fêter les 50 ans de la formation.

Comme souvent avec Magma, il n’y a pas de première partie ce soir, et pour cause, le groupe va jouer pas loin de deux heures de set. Le premier titre a déjà largement de quoi enchanter les oreilles, 45 minutes d'un voyage sur les rives de l’incroyable Ëmëhntëhtt-Ré. Les chœurs ont tôt fait de m’emporter. Je retrouve ce que j’adore dans leur musique, ces voix envoûtantes, ces notes répétitives de claviers jusqu’à l’obsession, jusqu’à ce qu’elles ne soient presque plus qu’imperceptibles, comme ingérées mentalement, la voix grave d’Hervé Aknin trône au milieu, majestueuse. Il faut noter que pour cette tournée, en plus des chœurs / chants féminins habituellement assurés par Stella Vander et Isabelle Feuilledebois, trois femmes chantent également les chœurs et Sandrine Destefanis, Sylvie Fisichella et Maura Guarrato apportent clairement une autre tonalité, une autre couleur aux compositions de Magma et notamment sur ce morceau fleuve d’Ëmëhntëhtt-Ré. L’autre chose que je trouve géniale à chaque fois que je revois Magma sur scène, c’est que chaque concert est différent, d’une part parce que leur répertoire est largement fourni en 50 ans de carrière, mais aussi parce qu’ils se laissent libres de toute improvisation, et réinterprétation de leurs morceaux, ce qui fait qu’aucun de leur concert, n’est réellement semblable à un autre (du moins dans ce que j’ai pu vivre en 3/4 ans). Un riff obnubilant dans le mouvement III me rappelle ce que peuvent faire Aluk Todolo ou Oranssi Pazuzu, cette espèce de chose informe psyché / étrange peu rassurante : Magma dans toute sa splendeur mystique. La plupart des musiciens sortent de scène mais restent les deux claviéristes et le guitariste pour jouer un morceau composé par Michel Graillier nommé Auroville. On dirait du Jean Michel Jarre façon SF 80’s avec des sonorités bien cheap et comme d’autres personnes, je sens l’entracte venir et décide de faire une pause prolongée, tant ce passage me semble à mille lieues de Magma et ne me convainc absolument pas.

Pour cette seconde heure, Magma interprète un medley avec des bouts de morceaux constitués de Theusz Hamtaahk, Wurdah Ïtah pour finir sur le bien sûr culte Mekanïk Destruktïw Kommandöh. Les voix aiguës de Theusz Hamtaahk sont folles, ce que chante Stella Vander est tout bonnement incroyable, on dirait un chant d’oiseau ! Une technique vocale de fou et c’est mélodieux et beau. Elle est soutenue plus tard par Hervé Aknin impérial et d’une justesse implacable. C’est ça qui est fou, quand tu écoutes et vois Magma sur scène, tu comprends que c’est super technique, que tout demande du travail, de la prestance, de la précision, mais jamais cela ne vient à l’esprit. Ou alors subrepticement. Car ce qui reste comme impression c’est que tout est fluide, semble couler de source, sans effort et sans forcer. Tout le travail de réinterprétation est là, avec cette part d’improvisation toujours bienvenue qui en font un concert comme aucun autre. Mais surtout, ils ont cette manière de jouer tellement éloignée des groupes Jazz / Prog chiant à crever, engoncés dans leurs modèles techniques prétentieux. Magma s’en démarque à tous les étages, et c’est sans doute pour ça que j’aime autant voir ce groupe sur scène, parce qu’il n’est jamais pompeux, prétentieux ou à mettre sa technique en avant. Un mot tout de même sur Christian Vander qui impressionne derrière ses fûts, tantôt plus discret, à d'autres moments créateur de l'étincelle qui donne une nouvelle impulsion au titre. Il chante même par instants, complétant à merveille le timbre de voix des chanteurs / chanteuses. Pour rappel nous n’aurons qu’un bout de Üdü Ẁüdü avec Tröller Tanz, quatre minutes groovy qu’on dirait issu d’un générique de dessin animé avec le thème du méchant. On s’attendait à plus et étonnamment, ces deux heures de concerts nous ont tellement captivé, mais on en ressortirait presque avec cette sensation de trop peu. Mais à chaque fois il y a tellement cette libération, cette joie, ce bonheur dans leur musique qui fait qu'on n'a pas envie que ce moment s'arrête. 

Pentacle (Mars 2020)

Merci à K Productions pour l'invitation.

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Commentaires

davbassLe Mercredi 11 mars 2020 à 19H13

Bande de petits veinards

scandiskLe Mercredi 11 mars 2020 à 09H43

Très bon concert+++

mais je regrette l’absence de DE FUTURA, que décidément je ne verrai jamais en live (si ce n'est sur YT), c'est pourtant la 5ème fois que je les voyais et il l'ont joué en 2019...; et auroville m'a un peu ennuyé....