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MSA Fest 24, 25 et 27/06/06 - Toulouse / Vents du Sud

1° journée

Malgré l'assommante chaleur et le créneau coincidant avec la tenue en même temps du Hellfest 2006, les organisateurs devaient certainement attendre beaucoup plus de monde que la poignée de furieux venue s'enthousiasmer pour ce qui s'avérait être la plus alléchante affiche hardcore sur la ville rose depuis dix ans.

C'est à Another Bleeding Season qu'échoit la lourde tâche d'ouvrir les hostilités. La formation toulousaine propose un set à peu près carré, orientée metalcore, assez efficace malgré le manque d'originalité et sa brièveté. Un petit quart d'heure de concert et Another Bleeding Season, qui, apparemment, effectuait ce soir-là son dernier concert, laisse la place à Hate Me Tender, autre formation toulousaine. Auteur d'une très bonne prestation en mars dernier en première partie de Most Precious Blood, le groupe doit faire face ce soir à des problèmes de matos qui minent quelque peu l'intégrité d'un concert qui, au final ne restera pas dans les annales.

L'arrivée d'Amen Ra permet au festival d'atteindre enfin la dimension à laquelle il prétendait. Son premier album Mass III sous le bras, le groupe belge s'avère être le champion du merchandising. Dans une atmosphère des plus obscures où seuls des néons couchés apportent une terne luminosité, "The Pain It Is Shapeless" s'abat sur les Vents du Sud, matérialisant un mur sonore d'une agressivité dantesque à laquelle Colin apporte une touche des plus effrayantes. Jouant quasiment le dos au public tout le long, le frontman d' Amen Ra campe un personnage des plus tourmentés, fil du micro enroulé autour du bras, esquissant des mimiques aux allures rituelles, contribuant à donner à l'atmosphère un caractère malsain qu'illustrent bien les deux moments forts de la prestation, "Am Kreuz" et "Le Fils des Faux". A coup sûr le concert de cette première journée.

A côté d'Amen Ra, les finlandais de Endstand font figure de joyeux drilles, mais leur punk hardcore assez enjoué et efficace, ne parvient que difficilement à faire bouger une assemblée visiblement encore sous le choc de la prestation précédente.

L'ambiance augmente encore d'un cran avec la venue de Maroon. On peut ne pas apprécier la musique des germains, ce qui est mon cas, force est de reconnaître l'aisance et l'enthousiasme dont le combo fait montre pour déclencher les mosh parts.

Born From Pain est manifestement le groupe le plus attendu de la journée. Ici, les seuls premiers accords suffisent à faire exploser l'enthousiasme d'une assemblée entièrement acquise à sa cause. Les classiques "The New Hate", "Here Lies Civilisation" font mouche au milieu d'une prestation, certes assez classique, mais qui produit toujours son petit effet.
   
2° journée

Malheureusement aussi peu de monde qu'hier pour accueillir les toulousains de Stanley Milgram et leur hardcore chaotique. Le chanteur tient bien la scène pour un groupe oeuvrant dans un style assez bruyant, efficace et assez inspiré dans ses constructions à défaut d'être original.

On supporte comme on peut la chaleur suffocante, cherchant les courants d'air tout en sirotant une bière - toute sortie est définitive - en attendant que Season of Lies achève son soundcheck. Composé, entre autres, de membres de Slideway, la musique des bordelais n'a rien à voir avec le style des précités naviguant dans un hardcore proche de l'émo qui recueille de bons suffrages, pas suffisamment cependant pour sortir le public de l'apathie. Et ce n'est certes pas avec Sed Non Satiata que celà va s'arranger. Perdu quelque part entre Isis et Cult of Luna, les compositions laissent, certes, entrevoir un certain potentiel, malheureusement trop vite noyé par les trop nombreuses phases mélancoliques qui font traîner le set en longueur.

Ayant été, comme beaucoup, bluffés par le premier album sorti en septembre 2005, on attendait avec impatience la prestation de Cortez qui avaient du s'enquiller le voyage depuis Clisson, étant à l'affiche du Hellfest. De fait on n'a pas été déçu. Visiblement les suisses gagnent de l'assurance à chaque sortie et compensent la brièveté du set - 30 minutes - par une réelle intensité qui atteint son paroxysme sur les excellents "Mine de Rien" et surtout le somptueux "El Vetic". JR se donne toujours autant si ce n'est plus qu'à son habitude, passant les trois quart du set plié en deux, hurlant tel un damné pendant que Samuel et Grégoire maltraîtent leur instrument comme jamais.

A côté de la prestation des helvètes, Damnation AD fait figure de parent pauvre. Même aidé de Sean MacCann, batteur de Most Precious Blood, les ricains ne réussissent qu'à nous proposer un set terne et sans saveur. Constat identique pour Ringworm qui, même s'il parvient à donner un petit coup de fouet à l'assistance, donne également trop l'impression d'expédier les affaires courantes.

Aussi, Most Precious Blood n'a pas à forcer son talent pour tenter de relever le niveau. Toujours débordant d'enthousiasme, la bande à Rob Fusco permet aux kamikazes du pit d'exercer leur art au milieu des nombreuses mosh parts qui parsèment le set. La prestation n'atteint certes pas l'intensité de celle proposée au Caravan Sérail quelques mois plus tôt mais permet de clôturer la soirée de la plus belle des manières.

3° journée

A croire que le old school mobilise davantage les troupes, la journée de repos du lundi ainsi que l'orage du mardi semblent avoir fait le plus grand bien aux organismes et davantage incité les gens à assister à la dernière journée de ce MSA Fest, comme en témoigne l'assemblée sensiblement plus nombreuse que les deux jours précédents.

Profitant des derniers instants de relative fraîcheur, on arrive à la salle juste pour la prestation de 8 Control. Sans être spectaculaires, les pensionnaires de Disagree livrent, comme à leur habitude, un set sérieux, sans retenue et assez efficace qui consolera les amateurs de hardcore métal quelque peu refroidis par les pétards mouillés assénés le samedi par Ringworm et Damnation AD.

Dirty Fonzy, qui prend la suite de 8 Control, fait figure d'ovni dans ce festival où le hardcore aura régné en maître. Sans se poser des questions, le groupe albigeois expédie un set ultra énergique, gorgé d'enthousiasme, qui constitue un très bon échauffement pour le plat de résistance de la soirée.

S'il fallait un vainqueur à ce festoche, ce serait assurément Raised Fist. Dès leur entrée en scène, les suédois, manifestement heureux de jouer, mettent le feu à l'arène par leur hardcore old school, provoquant des parties de pogo endiablées. Alexander est survolté, faisant les cent pas, sautillant comme un cabri, arranguant une foule qui semblait n'attendre que ce moment pour se réveiller. La prestation se conclue sur une cover d'anthologie de "New Direction", de Gorilla Biscuits, assurément le point d'orgue de ce festival.

La première édition du MSA Fest s'achève sur un bilan globalement positif, du moins sur le plan des groupes proposés. Dans l'ensemble, les têtes d'affiches Born From Pain, Most Precious Blood et surtout Raised Fist, sans en faire des tonnes, ont bien tenu leur rôle, admirablement secondés - voire plus - par Cortez et Amen Ra qui, par la qualité de leurs prestations respectives, confirment leurs prétentions sur la scène hardcore européenne. Mais ce festival aura surtout été l'occasion de démontrer, malgré les errements légitimes inhérents à une première organisation, qu'il existait une place et les énergies pour une manifestation de ce type dans le Grand Sud. Après tout, ni Rome ni le Fury Fest ne se sont faits en un jour...

Fragone (Octobre 2006)

Remerciements à l'organisation MSA et tout particulièrement Wilo.

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