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Cult of Luna (+ Brutus & A.A. Williams) Le Trianon, Paris (30.11.2019)

Les fans de Cult of Luna auront longtemps attendu A Dawn to Fear. Mais l'attente en vallait la chandelle car les suédois nous ont délivré un superbe disque, potentiellement leur meilleur depuis Somewhere Along The Highway. Il était donc difficile de faire l'impasse sur ce concert parisien, notamment avec deux premières parties qui ont fait parler d'elles ces derniers temps : A.A. Williams et Brutus.


A.A. Williams

Après avoir fait sensation au Roadburn, nous retrouvons l'anglaise Alex Williams en ouverture de de la soirée. Ce qu'elle propose est un sympathique mélange de folk et de post-rock. Les compositions sont bien construites et interprétées avec application mais ont beaucoup de mal à surprendre l'auditeur. Que c'est sage nom de nom ! A.A. Williams chante bien mais on a peine à être touché par cette musique. 



Ce ressenti se retrouve également dans le son, très propre, peut être un peu trop justement. Ainsi, si quelques passages parviennent tout de même à attirer l'attention, ils ne sont pas assez nombreux pour que l'on arrive à pleinement s'immerger dans cette musique. Ceci dit, encore une fois, Alex et ses musiciens ont fait preuve d'un professionalisme qui force le respect et d'un vrai sens du détail, notamment pour les lumières qui ajoutaient un vrai plus au concert. On sent donc que la musicienne a le potentiel pour développer quelque d'intéressant, l'avenir nous dira si cela arrivera.


Brutus

Sensation belge, Brutus est partout et rien ne semble les arrêter. Il est surprenant de voir à quel point le groupe a un son différent sur scène par rapport au studio, beaucoup moins criard et plus polissé, à la fois au niveau de la guitare de Stijn que du chant de Stefanie. D'ailleurs, il est vrai qu'elle assure elle aussi bien à la voix tout en cognant dur sur son kit de batterie. Après, en étant tatillon, on pourrait tout de même préciser qu'il n'y a pas de quoi s'émerveiller non plus, parce que son jeu de batterie devient on ne peut plus anecdotique lorsqu'elle se met à chanter. Alors qu'on connaît des batteurs qui arrivent à avoiner derrière les fûts tout en proposant des parties vocales élaborées, notamment chez les groupes First Draft ou We Insist



En fait, les riffs tout en textures joués par Stijn Vanhoegaerden sont on ne peut plus post rock façon Mono, mais l'énergie brute de la batterie ajoutent une couche de punk hardcore là dessus et le mélange fonctionne plutôt bien, d'autant plus que les musiciens sont affûtés comme des rasoirs, une constante sur les trois groupes de ce soir. On peut donc reconnaître à Brutus le mérite de maîtriser leur sujet et d'avoir une bonne puissance de frappe sur scène, restent encore une fois des chansons qui manquent un peu de magie. Il y a fort à parier que le groupe en a encore sous le pied et pourra montrer une vraie progression de composition dans le futur.

Cult of Luna

On ne va pas y aller par quatre chemins : A Dawn to Fear est un monument, un monolithe qui ensorcelle l'auditeur de la première à la dernière seconde. Et c'est exactement ce que fait Cult of Luna sur la scène du Trianon. Avec une grosse puissance de feu, notamment grâce aux trois guitaristes et deux batteurs de la formation, tout le potentiel de cet album se déploie devant nos yeux et oreilles. Seul bémol : le son. Il est plutôt précis mais manque vraiment de punch. Le Trianon est une superbe salle et tout porte à croire qu'elle n'est pas adaptée pour recevoir des groupes de Metal extrême, comme on avait pu le constater lors des trois passages d'Opeth dans cette salle. Ces riffs auraient mérité d'être mis un peu plus en avant.



On peut aussi regretter que Cult of Luna joue deux titres de Somewhere Along The Highway, alors que les suédois l'ont déjà joué en entier lors de leur dernier concert à Paris, qui a d'ailleurs été enregistré pour l'album live Years in a Day. Par contre, le tir est corrigé avec Passing  Through, rare moment de délicatesse dans la discographie du groupe chanté par Fredrik Kihlberg et Kristian Karlsson en voix claire. Il est juste un peu dommage que des gens se complaisent à parler bien fort pendant que le groupe joue. Avez-vous payé pour voir Cult of Luna ou pour parler à vos amis en étant alcoolisés ?



Bref, tout ça nous amène au climax du concert : The Fall, la superbe et épique conclusion de A Dawn to Fear qui termine ce set en beauté. Avec une scénographie élaborée avec goût, des musiciens au sommet de leur forme, c'était un grand moment de Metal. Ces chansons qui titrent souvent à plus de sept minutes sont passées comme une lettre à la poste et on en aurait volontiers pris plus, notamment du dernier album, qui n'a pas vraiment de chansons faibles et qui se prêterait vraiment à être joué en entier sur scène. Peut être la prochaine fois ? 

Neredude (Janvier 2020)

Photos par Florian Denis (site web // facebook // instagram) 

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